Dans la série mon confinement 2020.

Chapitre.01.Déconfinement posthume.

Déconfinement posthume. de Jean Decier.

         Dans ces temps malheureusement ,tristes et incertains. J'ai vécu une histoire indiscutablement incroyable, tellement difficile à croire! que je vais vous en faire le récit. Je suis d'accord qu'il est inconvenant de blesser nos âmes meurtris, durant ces jours désastreux pour notre moral ,un peu de gaité dans cet océan de tristesse, mais il fallait que je vous la raconte. Je travaillais à cette époque pour le compte d'un agent funéraire ,pour faire simple j'étais croque morts! Plus précisément chauffeur de corbillards. Presque chauffeur de maitres ,mais pas vivants, seulement en direction de leurs dernières demeures. les affaires marchaient très bien, confortablement installé derrière le volant de la grosse berline rutilante, je passais mes journées de confinement, à, dé confiner les mortels ,et à les re confiner pour l'éternité. Triste job me direz vous? Il fallait bien exécuter ces directives du gouvernement. Pas de familles derrière ,personne ne suivait ce corbillard, que moi au volant!!Et il y en avait du travail, pas le temps de bailler aux corneilles, pas le temps de bouquiner en attendant la fin de la cérémonie .Cette dernière en était à sa plus simple expression ,pas de messe bien sur! une prière à la fin de la cérémonie ,une absolution donnée par le curé masqué, ce dernier la peur au ventre tournais les talons vite fait, bien fait, dès le catafalque descendu outre tombe. Je prenais donc mon service un mardi après midi ,comme d'habitude aux services funéraire de l'hôpital pour Covids, signais les papiers indispensables au dé confinement du pauvre bougre, et, je prenais la direction du lieu ou l'on enterre les morts. Ce dernier ayant choisi un lieu éloigné, la course serait assez longue, je pris mes aises. Un peu de musique, pas trop forte, élégante quand même, pour accompagner le cercueil. Je pouvais ,en l'absence des proches, rouler non pas à allure modérée, mais en survitesse agrée. Ce gros bolide six cylindres, bien en ligne, de marque Allemande en redemandait encore et encore. Depuis quelques temps nous pouvions chauffer les mécaniques, étant non accompagnés par les familles. Après pas mal de kilomètres et dérapages presque pas contrôlés, je ralentissais ,un contrôle de la gendarmerie se faisant sentir, fallait respecter la loi .Ces habits bleu foncés ayant une peur rouge d'être contaminés me laissèrent passer ,la herse fut très rapidement levée ,vitres fermées ,et je continuais mon périple. C'est à ce moment précis!!!!!!!!!! Comment va notre chauffeur? je sursautais littéralement de mon siège baquet. Un revenant, un passager clandestin pris à la sauvette au dernier kontroll? Non seulement dans mon imagination fertile de bruits de couloir ,certainement je crois!! je m'efforçais de refermer cette parenthèse,passais la cinquième et appuyais rageuseùsement sur la pédale de droite. Vous m'entendez? C'est reparti pour une effroyable litanie, Oui je vous écoute!! Ce n'est que moi dans le cercueil. Alors la!!! ce serait bien la première fois que cela m'arrive, un mort ressuscité!! Ecoute moi bien chauffeur, tu vas faire ce que je te dis ,comme j'adore la vitesse tu vas conduire à tombeau ouvert!! Oui çà tombe bien, nous y allons!! Non !Non vraiment en survitesse, j'adorais conduire vite, dans ma vie, mais c'était pas possible ,tu vas le faire à ma place! Et de la musiqua, tiens mets du Johnny par exemple, allez c'est parti. Et nous partîmes dans une folle équipée sauvage, roulant à tombeau ouvert, sur ces routes françaises si belles. Prenant tous les dangers possibles ,je risquais à tous moments de déraper ,d'allez au fossé!!le carrosse étant survitaminé nous passions dare dare les péages. Au bout d'un certain temps le niveau de carburant baissait considérablement, Il fallu faire le plein de super 98.Nous nous arrêtions à la prochaine station, je dis bien! nous! bien sur! étant persuadé d'être deux, enfin presque! Rapidement rempli ce réservoir gargantuesque, nous repartîmes en direction de cette imaginaire folie. Quelques décamètres plus loin ,je me posais cette question!! Si le mort est vivant, faudrait peut être lui redonner sa liberté ? Le dé confiner quoi? je m'arrêtais sur la bande d'arrêt d'urgence, c'est vrai, c'est pas correct ,mais il y avait urgence!!je cherchais la clé de dix huit ,la trouva rapidement dans la panoplie du chauffeur agrée. NON !! ne fait pas çà!! je préfère rouler allongé ,c'est plus confortable!!je préfère ne pas être à la place du mort voyons!! Le téléphone portable Sonny à cet instant précis sonna, c'était le curé qui s'impatientais, J'arrive monsieur l'abbé. Bon y va ? Il n'y u pas de réponse ,juste un grésillement aigu, c'est quoi ce bazar? un silence de mort à la place!!je retournais dans la cabine de pilotage, réfléchissait avec mon cerveau agrée CGT. J'avais droit au droit de retrait, c'était écris dans les conventions collectives quand même!!Ayant comme dans le bon vieux temps syndicaliste, énormément réfléchis, je repartais vers le petit cimetière prévu initialement .J'arrivais avec une bonne demi heure de retard. le regard courroucé du curé m'accompagna du portail à la tombe prévue. Je réfléchissait un instant! On fait quoi maintenant? lançais en direction de la cabine arrière. Mais rien!! mon grand ,répondit cette voie presque inaudible. Mais ça vient de l'auto radio? Mais c'est bien sur!! ,comme dans les cinq derniers minutes à Raymond Souplex. C'était seulement un enregistrement mis à mon insu dans le réceptacle de l'appareil? En vitesse je sors le cd ,et dessus est écrit: C'ETAIT MES DERNIERES VOLONTES!!! Signé le client!!!!!!!!!!!!!!               Jean Decier.