Une vie simple....Préambule de l'auteur...................

Une Vie Simple…Préambule par l’auteur…

                    Dans ce délicat essai écriturial , je vais essayer de raconter ,de relater du mieux possible ,suivant mes souvenirs évaporés , cette existence simple de ce baby boomer d’ homme arrivé par un pur hasard ,comme la plupart d’entre vous sur la terre, un soir de novembre dans ce vingtième siècle captivant. Cela me prendra un certain temps ,peut-être même un décennie, normal , pour récupérer tous ces détails , désormais si lointains. Des mois entiers seront nécessaires pour réouvrir tous ces tiroirs fermés dans ma caboches vielle , comme mes chroniques , sortes de réminiscences évaporées . Au fur et à mesure de mes griffonnages , je rallongerais les lignes , les chapitres , pour me remémorer et , tenter d’écrire toutes ces brides d’écritures composées d’anecdotes , dorénavant , appartenant au passé simple. Pour ! finalement êtres recomposées dans ma vie actuelle et future mais pas éternelle.

       Dans ces aventures ,je ne serais pas le "maitre des horloges» mais ! qu'un simple figurant apparaissant de temps à autre dans cette famille fondamentale…naviguant au gré des vents d'Ouest , à des années lumières de notre société d'aujourd'hui. Je tiens à remercier tous ces personnages , morts ou vivants ayant participés à ces histoires de familles pas encore recomposées , mais sérieusement bien structurées .J'égratigne , bien sûr !! pas tout le monde , mais particulièrement mes proches. Je leur saurais gré de ne pas me le reprocher, ce n'était que la juste vérité, peut-être pas bonne à dire , mais directe.

Bonne lecture à toutes et à tous !

Jean-Decier .le 23/07/2021.

Moi et ma grande sœur...............devant la grande poste de la capitale bretonne. ..

momenclature de mes écritures // la vie simple..

Chapitre.01.//  la petite enfance oubliée.

Chapitre.02. // La gare de triage.....

Chapitre.03. //le douce terreur.

Chapitre.04. // Solitude non partagée.

Chapitre.05. // Une famille ordinaire.3.pages

Chapitre.06. //Presque dans la cour des grands.

Chapitre.07.//  l'Usine nouvelle. 

Chapitre.08.// Mes premières grandes vacances sur l'ile de beauté.

Chapitre.09.// Ma première rencontre.avec Julie .

Chapitre .09.BIS.// la légende de Sainte Lucie.

Chapitre.10.// Bientot sous les drapeaux.

Chapitre. 11.// Les classes suivies de ce service appliqué.

Chapitre. 12.//Une étoile dans ma tète.

Chapitre. 13.// ELLE.............................................. 

Chapitre. 14.// le bar de l'hotel. la véritable découverte.

Chapitre.  15.// Le mariage ...........Unis pour la vie ? 

Chapitre.   16.// Une famille d'Accueil.

Chapitre.    17.// Le début de la vie de couple.

Chapitre.     18.// l'aventure immobilière.

Chapitre.      19.// Nos voyages extraordinaires.

Chapitre.      20.// Un nouveau départ professionnel.

Chapite.        21.// Papa .Maman Message pour l'éternité.  

 

Une vie simple.Chapitre.01.la Petite Enfance oubliée.

      Cette histoire , simple , sorte d'autobiographie légère , sans aucune prétention de ma part , commence dans le début des années cinquante , plus exactement le deux novembre.1952 à .17.h.05. Un dimanche .de foot ( d'où mon sport préféré ). C'est déjà très lointain , mais ! toujours encrée dans l'arrière-plan de mes souvenirs , à jamais gravés dans mon jardin secret . Tel un passager clandestin dissimulé dans ce tiroir à jamais fermé ,je le croyais ! Comme une confession , je vais essayer de sortir le plus possible de vestiges de ce classeur réouvert ,quitte à fâcher quelques personnes vivantes ou disparues de mon écran visuel . Je serais le plus sincère et le plus crédible possible, pour explorer ces souvenirs et les décrire dans la pure simplicité naturelle . Me connaissant pas encore , vous allez vous dire , pas de quoi en faire un roman d’espionnage , bien sûr !Je me contenterais de faire un juste assemblage d'histoires , d'anecdotes à sornettes vécues par d'un petit gars arrivé ce dimanche soir comme un cheveu sur la soupe .

                    Ce futur jouvenceau , atterrira dans cette génération que vous , les auditoires de ce 21 -ème siècle ultra connecté , appelleront dorée , forcément ! tellement protégée , quelle contribuera à la débauche atmosphérique , qu'auriez-vous fait à notre place ? la même chose ,évidemment !! . Ce n'est pas moi qui vous contredirai , mais les géants de l'information planétaire ,assemblage de médias déraisonnables envers cette quantité négligeable , appelé les Baby-Boomers , lanceurs de pavés carrés, mal calibrés , sur les Champs -Elysées un beau jour de mai 68 .

    Nous ne roulions absolument pas sur l'or , nos parents , simples ouvriers besogneux , pratiquement privés de congés , se donnaient corps et âmes pour l'éducation de leur progéniture , arrivée ! certainement , au hasard d'un assemblage désiré . Sur cette photo, couleur sépia , une couleur que j'adore , certainement commandée et , payée à un photographe de passage , armé de son Leica , c'est moi , relié par la main gauche , obéissant à cette jeune fille affublée d'un manteau d'un autre âge(nous sommes en hiver) . C'est en fait ! ma grande sœur , cette dernière débarquée du ventre de maman (j'en suis sûr et certain) sept ans plus tôt , fera office de remplaçante , chaperonnant son petit frère durant de longues années , à remettre de l'ordre dans ses cheveux blonds tout le temps emmêlés par ce vent d'ouest , à le regarder grandir , babiller et jouer dans sa petite chambre .

   C'est encore vrai de nos jours , ma chevelure récalcitrante est ! automatiquement et régulièrement remise en ligne par "Celle que j'aime " par -dessus tout et cela depuis presque cinquante années(que le temps passe vite!) . Avec ses 2555 jours d'avance , et quelques bons centimètres en plus , cette demoiselle, deuxième arrivage de la fratrie , après son grand-frère disparu prématurément , haute de ses un mètre quatre-vingts , sans talonnettes ajoutées ,svp ! , me toisera , mais surtout ! sera près de moi , pour me contrôler avec assiduité , pour en résulter de salvatrices pénitences quotidiennes. Je serais , également son souffre-douleurs , surtout les jeudis , jour de congé pour ces écoliers si gentils, la bouche encombrée de shingum US.

    Attentive à mes moindres faits et gestes ,elle me donnera à manger , me couchera de bonne heure, m'apprendra à chantonner puis à chanter de concert avec elle les jours de bonne humeur .Enfin ! veillera sur moi comme une infirmière non diplômée .Son principal job , fut d'être une seconde et véritable pédagogue assistante d'éducation sanitaire : parfaire , construire , fouetter , gifler , en l'absence des parents , le vilain petit canard de ce frère bien encombrant dans son petit cercle impénétrable . Dans cette vie simple , trois femmes ont finalement comptées pour moi , Maman , ma grande sœur, et, bien sûr , et plus tard !! ma formidable femme , adorable perle , rencontrée non pas aux antipodes ensoleillées ,mais ! au hasard de ma vie , mais ce cadeau-là , c'est une autre histoire (à partir du chapitre onze).

     J'en reviens à ma frangine attentive et scrupuleuse , pour cette demoiselle approximativement parfaite , ce fut, avec le recul , pour elle ! je pense , sept années de gâchées et gaspillées . Au détour de paroles malencontreuses évaporées de sa part , elle m’en fera des reproches presque cachés , mais pas inaudibles pour mes oreilles encore attentives .Même, à un âge avancé , la mémoire peut se remobiliser au détour d'une rarissime conversation , et , refracturer cet idéal structuré .Les paroles restent des paroles , les faits ! rien que des faits , proscris bien-sûr mais définitivement encrés dans ma tête. Avec beaucoup de recul et d'indulgence ,je les accepte de bon-cœur , mais rumine en silence sur ses dérapages verbaux , lancés de sa part sans aucune coïncidences .

    Je resterais , toute ma vie , éloigné , en distanciel , mais aussi , loin que possible ,sentimentalement de cette orgueilleuse frangine que j'aurais un mal de chien à saisir . Je remarque que ! au bout de ces quelques phrases , les commentaires à propos de cette grande sœur , mon avis est en train de se modifier !! normal .Si par hasard , un jour elle lit ces quelques lignes , j'espère quelle comprendras , mais ! c'est trop tard .Difficile et compliqué de rencontrer un être rationnellement cher , et , irrationnellement de ne pas pouvoir le serrer affectueusement dans ses bras ,sans aucune arrière-pensées .On le fait légèrement , pas trop fort , juste un peu ! par habitude , peut-être pas !! de toute façon nous faisons semblant , une sorte de routine s'installe pour quelques heures , et ! quand viendra l'heure du départ, rien ne se passera , comme ci , je ne l'avais pas rencontrée .

    Au bout de quelques années , dans cette enfance pas rigolote du tout , je serais sa tête à claques préférée . Avec du recul , je comprends ! ses réactions de fille fouettarde , s'occuper d'un rejeton durant son adolescente , c'est pas drôle , courir les jeunes garçons du quartier , c'est sans doute bien plus intéressant . Dans ces années d'après-guerre (la deuxième, suis pas si vieux que ça) , nous étions attifés avec pas grand-chose , nos défroques , de qualité irréprochable faisait la fierté de notre mère .

   A la vue de toute le monde , c'est à dire les voisins , la famille , sa progéniture ne manquait de rien , de la tête aux pieds , nous étions entièrement couverts des plus simples guenilles de qualité. Comparativement , les bébés de ce jour, ainsi que les ados délabrés du vingt et unième siècle vont bien se marrer !! Ces derniers ,à la remorque des grandes marques du CAC 40 , ne se reconnaitront certainement pas dans cette fable d'un autre temps , s'ils la feuillettent ? bien sûr .Nos chaussures , habituellement supportées , furent de gros godillots de montagne , alors que nous habitions en Bretagne , pays plat par excellence . J'en porte toujours des séquelles, car je loge pour le restant de mes jours (j'espère) , dans ces collines du bas sud-ouest , appelé Occitanie, région accueillante ,si nous y mettons du sien. . Mes premiers pas seront hasardeux ,exceptionnellement problématiques , aléatoires comme tous les petits garçons de mon âge , un pas en avant , un pas en arrière , normal , quelques chutes et buches et cruches plus loin , une bosse de plus dans mon carnet de santé , me voilà, enfin ! sur les rails de ma vie qui sera linéaire , encombrée de rien .

   J’en garderais , quand-même une sorte de toc , ne jamais manquer de rien , stylos, paperasses, chaussures, enfin tout pour réussir cette vie banale. C'est règlementaire d'être déjà sur ce rail linéaire pour cette destinée vissée sur ce ballast de ce chemin fer français .Mon papa ,cheminot en vivait , et , rapportait à la maison de quoi combler en nourriture de qualité , cette petite famille . Maman serveuse dans une auberge mondialement connue , rapportait les restes culinaires de bourgeois issus et ! certainement enrichis par la dernière guerre. Voila ! détaillé mon environnement intrinsèque. Ma frangine ! je confirme , c'est elle en photo, meublait mes journées innocentes .Je poussais , gagnant centimètres après centimètres , malgré de pénibles et multiples maladies infantiles .Vacciné , à la chaine , comme tous les bambinos de mon âge , je performais déjà vers un périple tracé d’avance . Toutes les grandes sœurs sont identiques ? Non ! ! Pour ma part, celle-là !!elle tranchait dans le vif du sujet à traiter, de façon à ne pas avoir à subir de reproches de sa mère. Je la craignais par-dessus tout. Son coté ,charrette de reproches en poches , me menait une existence pénible , douloureux et infernal pour un mignon et gentil petit garçon de mon âge. Me dirigeant d'office vers une adolescence programmée , je cédais aveuglément à ses moindres ordres ou contre-ordres de cadette jouvencelle obstinée à faire respecter ses solutions en aucun cas, alternatives .Pour moi , le petit gamin multirécidiviste en bêtises , ces reproches furent fastidieux à enregistrer , néanmoins ,je lui faisais des galéjades , naïves , sournoises , cette mente , pas encore religieuse ,elle n'y percevait que du feu , obsédée par la maison à tenir et le frérot à éduquer et enfin rendre des comptes . Les punitions dures ou légères , s'enchainaient régulièrement , et ! invariablement après le gavage obligatoire du jeudi midi (pas d'école ce jour-là en ce temps-là) , interdiction de sortir avant d'avoir ingurgiter les pires sévices culinaires , j'en garderais un souvenir inaltérable, boudin , foie de veau putride , mal cuits à la limite de l'écœurement furent ces RDV manqués avec cette fille . Toutes ces années encore actuellement obscures me forgeront un moral d'acier inoxydable pour un avenir , je l’espérais radieux . Moi l'espiègle , le malicieux , je lui en ai fait voir à cette grande illusion . Pour nous réconcilier , nous chantions ensemble des airs mélodieux , en harmonie , nous enchantions ce petit quartier d'ouvriers populaires , de nos belles fredaines et comptines si facilement adaptées à nos cordes vocales , que du bonheur ! . C'était notre moment de grâce , notre fantastique entente après de farouches disputes , la , dans ces moments , je crois ! que je l'aimais bien, beaucoup , cette grande sœur , j'étais ! tellement heureux d'être avec cette femme , certes ! autoritaire ,mais ! si belle et jolie à la fois . Vous allez me dire ? j'étais son souffre douleurs ? non ! ce n'est pas tout à fait cela !! plutôt une marche à suivre dans ses priorités de garde chiourme. J’obéissais sans aucun débat ni concertation possible et , sans broncher ,j’allais me coucher . C’était le parfait copier-coller de cette maman si souvent absente . Quelques années plus tard étant adulte , je capterais , de temps en temps, des phrases assassines (le mot est fort !je n’ai pas trouvé plus véridique)) de sa part , avait-‘elle accepté cette charge encombrante ? peut-être ? Après toutes ces années , il me restera un manque de quelque chose !! De l'affection tout simplement !! Actuellement je la vois très peu, mon cœur ne se dirige absolument pas vers cette être si particulier , et si lointaine . Le si peu de nos rencontres , c'est un bref bonjour , je ne ressens rien dans ses bras , nos étreintes sont véritablement absentes de ce rapprochement tant souhaité , contrairement à mon épouse pour son grand frère. Pas plus qu'une journée , et à peu près tous les deux ans ou trois ou cinq années , nous nous revoyons , le temps de faire le point (essentiellement le leur ), autour d'une bonne table et ce sacré bon gigot d'agneau tiré à quatre épingles . Elle m'a marqué profondément , cette grande frangine . Nous n'en reparlerons jamais , comme ci , il ne c'était rien passé entre nous , un strict consensus dans nos veines coule discrètement , mais surement , mais ! nos regards sont sans aucune chaleur affective, comme si ! il ne c’était rien passé. Je n'ai finalement , que bien peu de souvenirs d'elle dans mon âge d'adulte , et, c'est bien dommage, je ne connaitrais jamais le pourquoi , de cette tendresse si éloignée , absente de cette maison familiale . Mais en y regardant de plus près, notre jeunesse est un moment tellement court dans notre vie !! Je ne regrette qu'une chose ..........la tendresse. Tout simplement .

Une vie simple.// chapitre 02. la gare de triage......

           Dans ce corps de ce fugace garnement , tout n'est qu'allégorie contemplative faite de hauts et de bas , accentuées par de fâcheuses cabales faites de rêves fantastiques , malgré tout ,expédiées en poste restante , attendant le bon vouloir de cette autoritaire malveillance disponible et distributrice à tous instants .En mode charivari décousu , les joies et les peines ,ponctuées de sanctions et punitions incroyables ,que je noterais sur une échelle cotées force dix. Ces désagréments , seront ce ciment armé , quotidien ,qui feront de lui ce petit bonhomme effacé ,écrasé ,laminé puis ! par la force des éléments déchainés sera capable d'affronter, et ! enfin ! de mépriser ces généreux principes allégrement dispensés et ce ! à longueur de journées .C'est en forgeant que l'on devient forgeron ,dira le dicton ? c’est en partie vrai, à condition ! que la sentence soit à la hauteur de l’épreuve traversée.

           A l’origine , chemin de fer oblige , nous vivions dans un vétuste immeuble ressemblant plus à la tour de Pise qu’à ces tours futuristes qui seront assemblées en bordure de ville , à grands renforts de travailleurs Nord-Africains devenus par la force des choses des insoumis non libérés , et jusqu’à la fin de leur vie d’esclaves à la solde de méchants patrons très peu soucieux de leurs santé . Notre immeuble ,depuis ! sera livré aux démolisseurs avides de construire de moches murs en béton ou de verrières en verre fumé devenant ce qu’est la gare actuelle de cette capitale Bretonne située sur les marches de cette magique région libre de droit à l’octroi . Coincé entre la prison des femmes et la grandissime gare de triage pour Bretons , avides de se distraire ou de travailler en banlieue Parisienne, notre bâtisse, envahie de rats et consorts sera mon phare personnel, pas aussi haut que celui cette pointe Bretonne , mais, pour moi petit garçon ,un fabuleux mirador à rêves .

           Notez ! quand-même ! pour les accros de la vitesse, qu’il nous fallait au moins six à sept heures de trajets pour faire ces 385 kms nous séparant de la capitale qui se remplira progressivement de cette migration de fervents catholiques venant de tout l’hexagone cher à Evelyne Déliât. J'en connais un rayon sur ces gares , remplies de ces locomotives à vapeur , extraordinaires machines de couleur noire, numérotées par d'invraisemblables chiffres ,surmontées du logo SNCF, elles me seront mon cinémascope à moi , ressemblant de nos jours presque à de la réalité virtuelle, quels fabuleux projets de voyages vais-je inventé ,debout ,menton et coudes posés sur la balustrades en bois , regardant ce féerique balluche de mécaniques légendaires. D’abord en noir et blanc et ! progressivement en couleur et excuser du peu !! à ciel ouvert ! ces extraordinaires machines à vapeur , m'auront bercé quelques années ,le temps de les apprivoiser, de leur donner un nom .Entourés de ces bruits de sifflements auréolés de bouffées charbonneuses , nous étions au-dessus de ce nuage de fumées, nuit et jour, pas moyen d'avoir du linge blanc de chez bonux, nous boucher le nez fut notre principale occupation .

                Nous n’avions pas encore de ces machines à laver nos tenues vestimentaires et linges divers. Une rustique grosse barrique cerclée de fer, constituait ,lorsque l’eau devenait bouillante ,donc à bonne température pour occire les rares moustiquespartis respirer un air meilleur  , à nettoyer tout le linge de maison, ainsi que moi petit homme haut comme trois pommesnu dans ce fut à lessive  . Les charbonneuses remplies de coke me racontaient , en sifflant continuellement , dans ce nuage de vapeurs d'eau , inlassablement , ces mirifiques voyages vers d'autres destinations lointaines , inaccessibles pour moi, trop petit pour franchir ce Rubicon de cette liberté impossible à cette là .Mais ! ce serait pour plus tard, mon cerveau achalandé de rêves , déjà ! tournait à plein régime , accentuant inlassablement ce besoin de liberté . Tout n'était que d’acres fumées devant mes yeux , les voyageurs lestés de valises uniformes en carton bouilli ceinturées  de sangles en cuir de vaches, défilaient concensieusement en file indienne, en bas de notre immeuble ,obéissant ,respectueux des règles de cette nouvelle société en train de naitre, ces gens , devenus par la force des choses accumulées , pressés ,allaient découvrir la consommation et ! ensuite ses amples dérives qui allait mener au chaos que l'on sait . Attendant ,dans un ordre précis le moment de grimper dans ces wagons d'un autre âge ,compartiment aux banquettes en bois inconfortables, aux vitres ouvertes en permanence, les murs garnis de jolis photos de France régionale , les voyageurs se dirigeaient vers Paris Montparnasse pour les futurs expatriés cherchant meilleure fortune , ou les autres dans ce centre ou bord de mer de la Bretagne profonde pour les chanceux bénéficiaires de chiches congés payés .

       J'imaginais déjà de virtuelles escapades hors de ce lieu , assis à la place de ces voyageurs habillés "endimanchés «comme à l’ancienne ,soucieux du paraitre ou de disparaitre dans une société de consolation .Dans cet après-guerre, le sourire n'était pas forcément de mise , il était impératif de travailler des journées entières, sinon vous deveniez comme ce bonheur-du-jour(chiffonnier) passant de porte en porte ,quémander les restes de votre quotidien ordinaire constitué de trois pommes et quatre patates . Quelques années plus tard , mes géniteurs , engoncés dans une nouvelle et petite aristocratie prolétarienne légèrement copiée sur une panoplie de ces furieux communistes échappés de l’asile comme Montand et sa femme ,seront en évolution grasse et douillette en machant du Malabar de synthèse venu des USA pour contrecarrer ces désirs Staliniens de s’en prendre à l’Europe de l’Ouest .

       Avides de consommation nouvellement inventée par de merveilleux entrepreneurs aux « Leclerc de la lune » qui ! allaient sans aucune vergogne nous inonder de biens de fabrications effrénées et ce à force de réclames de ce petit retourneur sympathique évoluant avec son marteau piqueur dans les salles obscures. Ces publicités ,nom horrible par toujours libres de droits ,allaient nous prendre à la gorge pour ! ne plus nous lâcher d’une semelle .

        Nous avions , donc ! emménagé tous les quatre , dans un pavillon de banlieue parsemée d’habitations aux couts modérés, d’immeubles modernes pour locataires et indigents à la charge de la société, qui les laisseront définitivement sur le carreau à sucer de l'anis . Aux taux d’intérêts usuriers, distribués par une armée de banquiers en col pas très blanc , notre maison allait couter certainement quatre fois sa mise ,au bout de ces vingt années de mensualités. C’était ça ou le coffrage dans cette immeuble genre poulailler , devenant au fil des ans un repaire de blousons noirs , avides de délester les vieilles dames voilées de ce fameux fichu noir , sur ce chemin les menant au cimetière de ces innocents aux mains usées par le labeur qui ne laisseront que des souvenirs évaporés et remémorés ce premier novembre de chaque année .

      Mes parents avaient acheté à tempérament cette maison banale , sorte de hlm améliorée confortable grâce, à ce fameux Crédit Agricole des années soixante .Par leurs signatures en bas de chaque feuillet notarié, pour la première fois de leur vie simple , ils devenaient de facto , de fervents aficionados de ces péquenauds avides et pressés de s'installer dans la modernité, pour étaler aux autres qu’ils étaient parfaitement capables d’évoluer dans la bonne direction capitalistique .

          Pour moi , adieux l’antiquité , mes belles locomotives à vapeur que j’adorais tellement, je quittais à regret mes amies sur roues multiples , capables de me ressusciter en pleine nuit aux sons de leurs sifflets si caractéristiques .Pour mon plus grand bonheur ,à la noël suivante ,ma tante m’offrira cette miniature de la marque légendaire Jouef qui ! Circulera des heures entières entre mon lit et ce rangement à jouets, puis ,au fil du temps restera bien rangé dans ce placard devenu un empilement de vêtements cossus et de chaussures à crampons pour ne pas glisser l’hiver venu sur ce verglas laissé à demeure des journées entières par une administration plus avides de ce centre-ville que de notre banlieue bétonnée.

       Mais!  pour le moment ,la place était à cet espace incroyable de modernité, salle d’eau, cuisine presque moderne, chambre particulière, et garage pour ranger nos cycles à moteur et! mon futur vélo que j'optiendrais dès mes onze années de marches à pieds à user mes godillots pas franchement confortables . Pas ou très peu d’électroménager ,ni téléphone, encore moins d’internet et de téléviseurs branchés sur je ne sais quoi ! Nous avions nos livres pour départager nos soirées entre Monopoly , mille-bornes et la radiophonie à transistors.

   

Chapitre.03.Notre maison......la terreur douce ...................implacable

               Chacun , possédait son cosmos ,séparé pour un espace absolument vital pour une vie légère de simplicité, l’un ! pour cette grande sœur , en âge de courir et de se faire conter fleurette auprès de ces garçons joufflus , garnis de taches de rousseur , de ce quartier populaire votant ce parti communiste si cher à Georges Marchais . Le mien ,sorte de grande pièce carrée donnant sur le jardinet meublé d’arbres fruitiers et de décors bétonnés par un père soucieux de construire de ses mains quelques chose de différent ,fut au départ qu'une salle  impersonnelle.

                Il faut bien l’admettre que ! ce jardinet coté sud ne  fut qu’un assemblage de décorations hasardeuses ressemblant plus à un jardin de Mickey qu’à un de ces prestigieux artifices de la belle au bois dormant rentrant et sortant dans son carosse étincelant . J’en garderais des séquelles , beaucoup plus tard, dans ce jardinet devenu notre havre de paix de retraité de la mémoire en face, simple exécutoire de mes souvenirs évaporés .

           En face de cette  chambre, d’autres maisons identiques à la nôtre, je regardais mes nouveaux voisins ayant des enfants qui deviendraient mes futurs petits copains de jeux, le soir après les cours primaires, et les jeudis sans école.Le dimanche comme partout en France c'était le jour du seigneur,la raison religieuse l'emportait largement nous fixant des RDv culturels obligatoires. Cette marmaille  apparaissaient aux  fenêtres, criant, gesticulants ,de bonheur de se trouver dans un quartier neuf. Je les sentais heureux, comme moi d’avoir leur petits chez soi, libres de courir dans ces jardins potagers qui seront vite remplis de fruits et légumes qui nous seront indispensables pour grandir et devenir de fiers et solides adultes capables d’affronter les trente glorieuses qui se profilaient devant nous.

         Nous allions , au fil du temps et des alliances de circonstances , former une sorte d’ armée de combattants aux arcs et flèches prèts à faire déguerpir les intrus de cet immeuble minable , livrant bataille à ces camarades socialistes occupants de cette citadelle assiégée construite derrière nos jardins .Sorte de lutte des classes, ce fut l'époque du début de la fracture sociale Une nouvelle forme de vie allait s’installer, le jardin cultivé à la sueur de ses muscles , par papa et ce pendant tous ses loisirs , allait donner des tonnes de légumes, les arbres fruitiers regorgeaient et remplissaient des cageots entiers de fruits succulents bons pour notre santé, nous dépassions largement les cinq fruits et légumes par jour !! cette population des années cinquante avait inventé la solution que tous nos énergumènes macrobiotiques en puissance ,faiseurs de miracles de ‘’c comme j’aime’’ par exemple , d’aujourd’hui étalent au grand-jour, au grand dam des nutritionnistes compétents qui ne donnent pas cher de la peau de toutes malades ou afficionados de la pizza de chez Intermarché.

               Nous ne connaissions pas encore ces plats fabriqués par ces usines devenues géantes qui !  ne fabriquent que l’aile ou la cuisse de notre ami de Funès. Nous ne dégustions que de la saveur ,devenue inexistante aujourd’hui. Qui ? se souvient de cette tomate gustative , dans sa main donnant une couleur incroyable de douceur , de ces pommes et poires pleines de soleil ? de ces cerises largement récoltées sur nos escabeaux en bois branlant ,qu'à peine récoltées elles se trouvaient déjà ingurgitées avec frénésie. Que d’accidents survenus en haut de la canopée de ces arbres magnifiques ? Tout ceci cultivées avec précision et non acharnement … dorénavant ! pratiquement plus personne ne se soucie du gout. Installé dans cette grande chambre impersonnelle, cernée par des murs recouverts d’une tapisserie horrible collée posée  par papa pas bricoleur pour un sous,mais soucieux de lui donner un style  .

        Cette pièce salubre composée de placards , me suffira pour stocker souvenirs et billes de verre de petits et de gros diamètres ,sortes de monnaie d’échange entre nous les garnements de ce quartier populaire  , mes dessins d’écoles ,les photos de classe, celle de mes maitresses à qui ! d’insoupçonnables gentillesses se cachaient derrière ces regards amoureux de leurs élèves en apprentissage de la vie , l’éducation nationale en ce temps-là , se trouvait ‘elle ? au firmament de ce qu’elle pouvait être, oui ! Je le pense sincèrement, elle nous apprenait les rudiments de la simplicité et la persévérance de ce courage disparu de nos jours. Mes jouets en bois , mon nounours magnifié ,véritable confident personnel à qui tous les petits garçons de cette époque , normalement constitués en dramaturgie évolutive , confieront pendant des années, leurs joies et peines, mais ! pas encore de cœur .Ma collection de bandes- dessinées , ma bibliothèque verte usée par tant d’ardeurs à tourner ces pages formidables d'inventions culturellesà la porté de tous  , lire ces aventures d’une jeunesse en bonne santé mentale , également mon club des cinq , véritable apprentissage en rêveries d'aventures en miniature courant les champs et chemins de cette campagne environnante ,mes cahiers d’écolier trouverons la place nécessaire pour m'éclairer définitivement de leurs notes inoubliables me rendant ma fierté devant le risque d’une gifle mémorable en cas de notes en dessous de la moyenne .

              Les véritables débuts de l’insulte allait poindre dans cette maison . Enfin , tout ce qu'un petit diable comme moi , avait de plus cher , et de plus somptueux à ses yeux, mes souvenirs et mes peines qui disparaitront sitôt que je m’étais enfoui dans et sous les draps fraichement lavés et repassés par une maman respectueuse de notre santé . Dans ces temps devenus presques modernes , nous avalons , à notre époque ,nous dégustions, nous prenions le temps . Seule entorse à la règle, le 24 décembre , nous avions chacun et chacune , notre orange sous ce sapin ,qui au fil des années allait se remplir de merveilleuses choses en matières plastiques. Devenant la règle ,que nous n’aurons pas le choix que de dire oui à ces merdes polluantes .Mais !!nous ne savions pas ! Ce fut la rançon de la richesse accumulée dans ces bas de laine de cette population travailleuse et ! finalement ! avant-gardiste, qui ne s’attendait certainement pas , à être vilipendée plusieurs décennies plus tard par ces hordes de trentenaires écologistes, façon rive gauche habitués à nous vilipender , dans les médias devenus les procureurs de la responsabilité collective.

       Coté bâtiment acheté à crédit , Je me souviens de cette étourdissante nouveauté architecturale , construite à l'extrémité de cette ville miniature , elle sera entourée beaucoup plus tard, par ce que nous appellerons la banlieue triste et monotone , véritable lieux de perditions et de sanctions pour la condition humaine décidément plus avide de Zola que de superlatifs hasardeux . Pour payer les mensualités de ce tas de moellons de piètre qualité, nos parents travaillaient dur , presque jamais de congés , Papa en Motobécane bleue arpentait la nuit , ces rues mal finies ,mal éclairées par des réverbères d'un autre siècle , sorte de lampes à pétrole malodorantes .Maman en vélo à moteur avant (solex 3800 puis 4500 au fil de la richesse accumulée ) , sillonnait sans s'arrêter cette ville , direction ce restaurant bourgeois sur cette place appelée Palais.

               Nos  parents ne connaitront jamais les joies de cette formidable automobile à mazout ! que des vélos à moteur avant . La nuit , enfoui sous les draps rugueux de produits pas encore aux mains de superstructures lessivières , que de peur de voir surgir cette maman,sorte de  régisseuse en chef dans  cette maison cernée d’immeubles encombrants .Cette femme de loi ,me faisait surgir ,à tous moments une angoisse d'affolement , et ensuite d’épouvante , tout cela mixée d'effroi , appelons cela : la terreur familiale ? , que sais-je ? .de longues années j’en garderais un souvenir ,comment dire ? insupportable.. .

Chapitre.04. La douce solitude.....................

                     Petit garçon  , je ne pouvais comprendre ce qui se passait dans sa tête de tortionnaire en chef et en pagaille à la fois . Une Peur panique me pétrifiait littéralement , je me recroquevillais sous les draps épais remplis d'amidon de chez dalton , écoutant le bruit sinistre de son poussif vélomoteur qui remontait la cote de cette ville déserte, à la vitesse accentuée par un pédalage mortifère ,pressée d'en découdre . Il était tard, je ne dormais pas , me chuchotant des histoires rassurantes , serrant contre ma poitrine mon nounours , seul ami dans la calamité qui s’annonçait au détour de ce dernier virage que je connaissais si bien . Je l'entendais à des kilomètres à la ronde , imaginant l'instant fatidique du loquet actionné de cet affreux portail métallique qui sonnait le creux de cette ferraille rouillée .La porte du garage ,grinçante, mal graissée , peut-être ? par manque d'entretien, me rappelait à l'ordre que !! la mégère se trouvait dorénavant dans la place , la sienne bien sûr ! dans sa maison . Les portes claquent , les placards grincent , le raclement de sa gorge de non fumeuse ,mais de rage , me fait frémir de peur, que vas t'elle inventer cette nuit ? .

     Les mauvaises notes en classe, cette casquette neuve perdue , mes souliers mal rangés , ma brosse à dent pas dans son godet ?mon foulard qui traine à terre ? Mes jouets chimériques et , bannis cachés sous mon lit ,sur le placard ? .Je subis ce moment ,une épreuve effroyablement angoissante ,sa mine patibulaire ,je la sens terrifiante, intense, je serre le bord de ce drap , remonte la couverture jusqu'aux yeux , mon front, me cache définitivement dans ce noir obscur que je déteste mais ! qui me rends un tel service !! .Pourvu qu’elle ne vienne pas dans ma chambre , mes notes d'écoles ne sont pas terribles (surtout les maths)!! J'ai caché divers objets catalogués interdits sous le lit , sur le bahut mal fait .Demain , c’est lundi , pour cette épouse en puissance dix, capable de gérer la maisonnée à coups de paroles extravagantes,c'est son jour de gloire . Jour de son congé hebdomadaire , elle aura découvert ma primitive cachette , le soir au retour de l'école sera l'heure de terribles comptes à rendre immédiatement , le fouet en bandoulière , je subirais ses terribles outrages , après suivra la terrible répression verbale accentuées de poursuites non pas pénales mais subjectives en répression , sorte d'emprisonnement arbitraire . Cette ultime condamnation , épouvantable finira dans mes cauchemards les plus fous , de partir peut être un jour , mais cela ce sera une autre histoire! en attendant , il faut avouer la provenance de ces jouets miraculeux ,pas question de troc ,elle ne comprendrait pas. Les claques monstrueuses , multiples , volent comme en escadrilles , à bras raccourcis .Sur mon visage angélique apparaitront une haine anormale,  de cette femme et : ensuite la rédemption, mais le mal sera fait , exécuté sans réfléchir, elle me prendra finalement dans ces bras, rejetant immédiatement cette haine déversée, me cajolera comme un mystère elle reprendra sa couture de mère attentive , avant sa prochaine incartade envers ce petit garçon aux cheveux blonds, bien gentil.

         Certainement pas la réplique de son dernier rejeton perdu tragiquement , innocent de toute mauvaise action , je ne suis qu'un petit garçon fabriqué par pur hasard d’une liaison pas extraordinaire .Le troisième et dernier  de la lignée de cette famille collective , ne remplaçant peut-être ? pas avantageusement l'ainé disparu !!allez savoir ce qui se passe dans les tréfonds d’une mère malheureuse en ménage . La répression familiale jour après jour , gagnera du terrain , presque insupportable pour le petit enfant que je suis , je suis déjà confiné dans ma chambre , ce n’est pas nouveau pour moi, je prendrais à mon compte ces heures que je croyais perdues à jamais pour réver seul en solitaire . Des journées entières à jouer ,  avec ! déjà mes souvenirs qui allaient rentrer dans ce cerveau pas fini . Je suis en train , dans mon subconscient , de me forger, le fait ! que les enfants ne seront pas pour moi , cette idiote de femme et je pèse mes mots , de mère fouettarde n'avait pas réalisée que foutre la trouille à son gosse de six ans , le condamnait pour plus tard à un environnement sans aucune progéniture . Je le pense avec du recul , mais je ne lui en veux pas ,une seule erreur ne vaut t'elle pas une lettre de cachet ?.

             Néanmoins !un jour tristement célèbre restera dans cette  confession sélective , ressurgira de nouveau de mon cerveau à tiroirs,m'expédiant aux antipodes d'une enfance heureuse . N'étant pas un fervent adepte de sport en général , je refusais un jour de courir à cause de soi -disantes chaussures de sport non adéquates ! L'école dirigée par des  curés en ordre de marche appelleront mes parents , pour une demande explication ! Arrive , en plein cours ,celle que je n'attendais pas , une véritable Matrone, un Monstre féroce en mouvement , assurément en guerre ouverte contre son rejeton de fils infidèle .Une mère, en furie , va se déchainer , mugissante ,une véritable tornade me balancera plusieurs claques d'une ampleur colossale , considérable , sur mes joues toutes menues , cela durera une éternitédevant mes petits amis médusés par tant de méchancetés outrancières  . Je fini , sous la force de cette attaque , genre de matraquage abusif , par vaciller et m'écrouler sur le sol sous le préau , entouré par mes  copains , sous les coups répétés , la fureur arrivée à son paroxysme, se déchainera littéralement , pour moi , le temps c'est s'arrêté , dans cette abjecte correction .

               Abasourdi , je suis humilié devant tout ce petit monde , que sont mes copains de cette école primaire tellement rigide , si je me rappelle bien ! Peu de rires de leurs part , ma maitresse certainement d'accord avec cette femme survoltée , furibonde, accepteras et donneras son accord verbal à ce châtiment inimaginable , d'un autre âge. Elle finira par me balancer à la figure ces baskets flambants neuves (pas des nikes). Je suis toujours à terre , écrasé par la honte , tremblant encore devant cette méchanceté , véritablement terrorisé , son regard outragé me transperce de nouveau , de ses yeux injectés de fureur , j'ai peur , peur de ce retour ce soir à la maison, une correction en sol majeur m'attendras pour remettre de l'ordre dans ma tète de caboche .

              Je mettrais , je pense pas mal de temps pour rentrer dans cette minable gargote familiale ,sachant pertinemment que le pire était à venir , dans l'embrasure ce monstre m'attendrait, fière devant tous ces voisins qui ne broncheront pas d'un pouce .Elle , en véritable mastodonde de chaire allait se disperser en cabossant(mentalement) encore un peu plus son rejeton de fils , impropre à ses idées .

             Elle va enfin décamper de mon territoire protégé d'écolier ? mon lieu à moi !! mon havre de paix !! Ce soir ! rendez vous à la maison me crieras t'elle ! je n'étais pas sourd !! elle tournera ses talons de vipère exaspérée , semble se satisfaire de sa démonstration de force, les curés apprécieront en accentuant ma douleur dans la classe, je serais la risée de la classe pour le restant de la journée,j'en serais malade de honte . En mégère souveraine , elle a donnée magistralement , une leçon à son garnement de fils , surtout ! son honneur d'épouse et de mère est sauf !! que diable ! pourquoi frapper ce gosse si gentil , tellement innocent ! si adorable , sa tète d'ange en a pris un sérieux coup , il ne l'avait certainement pas mérité quand même !.Ce fut le pire moment de ma vie d'écolier , à partir de cet instant , ma maman , pour moi, c'était transformée en pire outil de surveillance , je fuirais désormais ses incantations , deviendrais un garnement non plus à sa botte , mais contre elle .

                      J'en garderais, malheureusement jusqu'à sa disparition , des années plus tard ,  des séquelles concernant  ces moments difficiles. Les parents absents , la vie passait heureusement la plupart du temps impassiblement et sereinement , je respirais seul me parlant , me rassurant . Sous le joug de plus en plus pressant de la grande sœur , je résistais efficacement à ses sautes d'humeur dévastatrices . Malicieux et malin à la fois je lui faisais des tours pendables . Cela se terminait toujours de la même façon : une paire de gifles mémorable , la violence était la règle ,la mode dans ces familles d'ouvriers ,il fallait obéir aux ordres !!

              Le compte rendu balistique  , à ma chère maman évidemment le soir , me promettait plus encore , le fameux martinet perché servait à moduler et arrêter définitivement mes incartades mineures , mais! absolument insupportables pour ces deux femmes . Mais il y avait des bons moments quand même!! les courses de billes sur le sol en terre devant la maison , que de duels fratricides avec les garçons de mon âge !! Je me souviens de ces duels sur la petites rivière dans cette campagne Bretonne.

                   Avec la bande de  copains du quartier ,nous confectionnons des radeaux magiques , nous étions déguisés en de véritables aventuriers, essayant de ressembler à ce Christophe Colomb , tellement raconté dans nos livres d'histoires passionnants . Une équipe  c'était formée dans ce quartier de petits propriétaires trimant à la force de leurs bras pour régler les mensualités de ce fameux credit agricole  .Derrière notre petit lotissement , c'était assemblée une tour composée de petites gens , des voyous, appelés ''blousons noirs'' régnaient en maitres absolus. Nous avions fait la paix , ils nous laissaient tranquilles, les bagarres étaient rares. Nous nous respections mutuellement. Que ces temps sont révolus!! maintenant la sauvagerie a remplacé l'amitié.Ensuite , la petite enfance s'effilochait , allait disparaitre pour laisser la place à l'adolescence .Ces deux femmes , souveraines m'avaient détruites complètement , je ne serais jamais ce bout en train , effacé pendant plusieurs années, je sortirais de ce trou noir progressivement .D'une timidité incroyable , je fuirais continuellement , n'aspirant qu'à être que ce solitaire invétéré de formules magiques mais absolument absentes .Allais -je m'en sortir , récupérer de toutes ces années sordides ? Je m'enfermais dans la solitude ..............................profonde ............et ce pour des années durant

Une vie simple.Chapitre 05. vie d'une famille ordinaire ..page .01

                    L’une de ces deux femmes ,maman pour ne pas la nommer ,se trouvait être rondelette ,je dirais même ! fortement corpulente, étant nourrie avec les restes culinaires de ces bourgeois roupillant tous les après -midi dans les salles et couloir des pas perdus , de ce palais de justice qui brulera un jour, vaincu par les incivilités de marins pécheurs en colère, l’Europe avançait à grand pas, les premières futures victimes de cette crise monumentale commencèrent à bousculer ces hommes d’état habitués à diriger des chèvres qui elles de leurs coté broutaient les soldes deux fois par an .

              Grosse collectionneuse de charcuteries en tout genre ,plutôt boudin de porc , elle ne faisait absolument pas attention à sa ligne, bousculant les préjugées de cette époque pas encore nourrie au hamburger frittes de chez Mac -Do .L'autre ,ma sœur , fine comme une aiguille à tricoter sa laine sur le dos des autres, amatrice de tomates en vinaigrettes et de concombres farcis ,restera jusqu’à la fin de ses jours une femme fluette, enfin ! je crois, étant ,quant à elle, encore de ce monde-là en train de papillonner ici et là !. Toutes les deux, maladroites en éducation sentimentale , m'avaient injecté ,finalement , une certaine forme de savoir , celui de rester dans mon compartiment de petit gars soumis à leurs injonctions lourdes de conséquences . Une résistance à toute épreuve insubmersible et ! en toutes circonstances gagnait ce corps de quelques kilos supplémentaires , je gagnais quelques centimètres par la force centrifuge de cette planète qui continuait à tourner ,indifférente à cette populace qui demeurait sage comme une image .

                J'en me consolerais par une isolation phonique renforcée ,je suis devenu sourd de l’oreille droite, et ce me fut un grand réconfort de ne plus les entendre en stéréo, seulement en mono et solo. Loin de ces radoteuses d'un autre siècle, unies contre le père et son rejeton de fils couvert de boutons ,je vivais de mon côté, je m’étais fait une raison, celle du plus fort ,n’est pas forcément la meilleure. A contrario de ce logique chef de famille qui ne portera que ce nom illusoire , d’être microscopique , falot , inoffensif ,effacé , écrasé sous le joug de cette épouse tyrannique , insensible à tout partage amoureux ,confirmant ce monumental désastre dans ce lit conjugal qui ne bougera que pour le nettoyage du fameux lundi consacré à récurer la maisonnée . Ce brave homme , vaincu , vaquait à ses occupations favorites : pèche et traditions, composés de jardinage , de captures au gros poissons en rivière , loin de sa femme et de cette baraque glaciale .

             Son jardin , remplit principalement de patates, tomates, haricots verts, petits pois, salades vertes pour la frangine , suffisait à nourrir rentablement et je pense ! efficacement la petite famille .Entretenu avec soin , il deviendra la référence dans ce quartier populaire, papa avait ! bien avant l’heure, inventé une certaine forme d’écologie absolument pas punitive ! mais ! plutôt gustative. Ses congés annuels , très courts à cette époque , ils les passaient à trimer, le dos courbé à moissonner le raisin à point, dans ces grandes plantations logées dans les vignobles de l'est ou du sud -Ouest de la France. Son épouse d'une jalousie terrible , maladroite , le soupçonnera et ! flairera au retour d’une saison de cueillette de grappes de raisins , une quelquonque relation féminine ,et ce , dès son arrivée , le harcèlera pour le mettre , finalement en pénitence éducative , comme son garçonnet .Pour elle : l’insoumis à la règle allait payer cette éventuelle débauche de tendresse venue d’ailleurs .Pour elle ,ce souvenir de ce grand-père filant le parfait amour à presque quatre-vingt ans, lui faisait peur, crainte d’avoir à rester seule dans cette maison devenant obsolète.

               Pour ma part , j’avais bien compris que papa avait dégoté une donzelle moins méchante, plus alléchante ,plus appétissante  il ne dira rien ,se dissimulant derrière ce mur des lamentations, devenu un traumatisme chez sa bergère habituée , à garder ses moutons en toute tranquillité d’esprit . L’indigent caractère , intégralement sevré d'affection , ne restait jamais bien longtemps dans cette maison , s'évadant de cet orphelinat à trois bandes ,épouse ,fille et fils . Sinon ! les dimanches et jours fériés quand il ne sera pas de garde à l’infirmerie de cette SNCF ventripotente , il cheminera en mobylette bleue pour une pêche miraculeuse aux gardons ,brèmes, anguilles ,brochets ,sandres, saumons, tanches .Il en ramènera des épuisettes entières , pleines à craquer dans les sacoches arrière. Tout le voisinage en profitera, ou le balancera dans les égouts. Et oui ! du poisson ? il y en avait encore, les barrages sur cette rivière nommée Vilaine prenant source en Mayenne ,ces barrières faites de béton en aval ,n’avaient pas encore fait le tri dans ces races miraculeuses, qui finissaient fricassées dans nos assiettes plates, vagues souvenirs d’une porcelaine héritée de notre grand-mère maternelle habituée à voyager à Limoges .

           De multiples poissons blancs ,que je détestais pour leurs arêtes incroyables , étaient souvent au programme. De temps en temps nous le rejoindrons au bord de cette rivière, naguère limpide et transparente, devenant au fil des décennies une rivière sans aucune couleur, seulement un cloaque rempli de produits chimiques issus de la culture inventive, intensive et anarchique voulu par notre Général De Gaule. Ce fut l’époque où ! le cochonou fut le roi dans les étables de Bretagne renflouant les caisses de ce crédit Agricole , ses déjections finissaient dans la flotte, descendaient jusqu’au bras de mer, en nous inondant et nous saturant nos narines de putrides odeurs. Le progrès dans nos assiettes progressait grâce à ces ajouts devenus la règle, nourrir à tout prix la populace et tous ses rejetons sortis du ventre de leurs mères qui allaient faire casquer les allocations familiales , ces bébés éprouvettes d’une société nouvelle qui deviendront de formidables consommateurs, pour ! finalement détruire le si peu de comestible . Bienvenue dans cette usine nouvelle, adieu les archives ancestrales de nos bons paysans d’autrefois. Vive le cochonou nouveau !!

Chapitre.05.page.02.une famille ordinaire ...........

                        Il était devenu (papa)un pécheur hors pair , faisant la une du journal local qui deviendra le premier quotidien de France, Il fut un véritable sujet ,assis sur son petit strapontin pliant , contemplatif du bouchon de liège voguant au gré de ses espérances perdues , mais pour lui la messe était dite , pas d'échappatoire possible , c'était la perpétuité .Il nous ramenait des quantités phénoménales de poissons cerclés d'arêtes ! Cette friture finissait dans la poêle , agrémentée d'une sauce liquide , travaillée au batteur manuel , mais ! truffée de subtiles haricots du jardin , ce plat mijoté avec grâce n'était pas ma préférence, j’en garderais des séquelles, je n’aime pas le poisson . Sa femme , toujours aussi intransigeante , ramenait , en fin de journée , dans cet autorail rouge et jaune , véritable autobus à pécheurs impénitents , tout ce petit monde à la maison , et ce ! d'une main de fer .Les journées enchantées était rares mais ! précieuses , à conserver dans les annales rarement photographiques ,je les collectionnerais sur les doigts de la main , avant de les oublier dans les affres de ma solitude .

         Enfermé dans ma chambre , je sombrerais dans d'insondables trous noirs, attendant la salvatrice future jeunesse indépendante de toute injonction provenant de cette femme . Ma grande sœur grandissait à vue d'œil , son corps , presque terminé , habillé de tenues légères achetées aux Nouvelles Galeries ,véritable déesse cambrée sur son vélo , elle allait faire chavirer les garçons matures ou non du quartier et d'ailleurs , elle était devenue presque jolie ,quoique pourvue d’un nez proéminent, mais n’était certainement pas ma fée préférée .Elle se distançait progressivement de moi , normal ! se rapprochait de plus en plus des jeunes puceaux de son âge prèts à la sauter au feu rouge clignotant  .Elle avait pris un emploi, genre secrétaire à tout faire , mais quand-même !!  se débrouillait pas si mal, chutait de temps en temps dans les rails de ce chemin de fer qui traversait les rues, je m’en régalais de la voir revenir poussant sa bicyclette hors d’usage,ses genoux abimés ,ses vètements en bouts de ficelle .

          Nous étions devenus presque des antagonistes (c'est une image bien sûr !) , deux belligérants irréconciliables qui allaient faire leur vies chacun de son côté, ainsi va la vie de cette enfance qui finalement sera  courte. Vue de mon flanc droit ,elle devait passer à l'ennemi , ce dernier étage dans son éducation sentimentale serait l'étranger de la famille ,qui ! l'éloignerait définitivement de notre horizon .Mes préoccupations ordinaires étaient aux antipodes de ses rêves à elle, normal ! me direz-vous ? sept ans nous séparaient ,pas de malheurs évidemment mais sept années quand mème!!. Elle s'éloignait inéluctablement vers son avenir de futur Princesse , comme toutes les jeunes provinciales pucelles  à dépuceler de son âge , habitantes forcées de ces quartiers minables , elle se croyait déjà dans ce firmament des vierges pas encore dépucelées , sortes de Catherinettes désenchantées qui ! un beau jour s’aperçoivent qu’il est déjà trop tard pour se transformer en cendrillon restée dans une cage dorée à regarder les trains passer . Elle nous cachait bien son jeu , sorte d'avenir personnel , elle allait donner un véritable coup de pied dans cette fourmilière éducative ,et ! restrictive des années soixante.

        La surprise viendra d’elle un beau jour. Un soir de novembre !! ma grande sœur que j’aimais tant pour ses claques à répétition qui ne s’embarrassaient d’aucun d’allers et retours sur mes joues rougis par la dureté de la vie !! disparaissait corps et biens, valises transportées par mes soins à cette consigne minable de cette gare de triage pour volontaires Bretons ,partant pour l’exil sorte de "débauche" à la Parisienne .Obéissant toujours et encore à cette fille performante en incantations sommaires , je portais en plusieurs fois ces innombrables bagages en cachette , par le bus , sans me faire remarquer par ces parents devenus aveugles ,non pas de naissance , mais de curiosités .Ces derniers ! ignorant tout de ce manège organisé de main de maitre par leurs enfants , tomberont , le soir même , des nuages , comprendront , mais certainement trop tard , cette faillite familiale qui leur pendait au nez depuis pas mal de temps .La minorité de leur fille , pas encore consommée ,mais ! certainement entamée , ils ruminaient de sombres projets de reconquêtes face à cet escroc vendangeur de fille facile à embobiner . La mère, en véritable mégère outragée , signera les ordonnances nécessaires ,sorte de lettres de cachets , à son falot de mari ,pour mener à bien, des opérations de reconstructions guerrières tellement maladroites dans le centre de Paris que ce pecnaud  en  reviendra bredouille,tout  penaud ,un peu perdu quand-même . De concert ils abandonneront les poursuites ,se refermeront sur eux-mêmes, ne soufflant mots à quiconque de leurs mésaventures familiales ,la honte aurait débordée de ce vase tellement rempli de bétises. Cette histoire deviendra un sujet pot-pourri pendant le diner ,le soir, puis s’éteindra ensuite.

            Il leur restait ce fils pas encore calibré, c’était le principal. Ils le garderont quoi qu’il en coute !! . Ils ne prendront pas ombre de ce que j’avais fait ,avec ces bagages, j’étais trop petit pour comprendre ? non !! je le savais déjà. Le petit écolier avait enregistré. Celle qui m’avait élevé au grade de porteur de bagages mais ! sans la casquette , c’était définitivement déconnectée de cette famille disparate , tellement encombrante pour elle , son avenir se trouvait ailleurs , pas franchement dans une union obligatoire avec le grelot du coin qui ! n’attendait que ça pour lui faire des gosses à foison à la première surprise partie de jambes en l'air de cette  minette encore pubère, mais non dénuée d’attributs sexuels .Je la retrouverais , sans saveurs particulières , à mon mariage quelques années plus tard , affublée d'un riche dandy Parisien dégarni de la tête , néanmoins sympathique ,mais véritable tourne-disque embulant ,il nous fatiguera rapidement avec ses histoires racontant en boucle ,ses actualités personnelles du jour .Elle avait fini par recoudre certains liens , mais loin de toute affection , restera loin de notre Bretagne . Son protecteur , né avec une cuillère en argent dans sa trombinette , apportera une vie de véritable princesse à ma chère sœur , celle qui !en secret , en avait toujours rêvée dans son cerveau de petite fille de province

               .La première de cordée avait réussi l’impossible, quitter cette misérable vie de pantouflard régional. Pendant des mois, nous ne parlerons plus de cette échappée ,nous ne piperons mots, mes chers parents en avaient pris un sérieux coups derrière leurs cranes encore sous garantie. Aucune révision possible, ils mettront des siècles à réagir. Aucune tristesse, rien ne dépassait de  la couture du pantalon. Ma sœur se trouvait être devenue une étrangère et disparaitra de nos conversations habituelles. Je récupérais, sans rien demander à personne sinon moi, sa chambre plus petite , plus intime , moins carrée, avec un placard plus confortable, un lit moins large, plus chaud .Je grandissais à vue d'œil , certaines nuits , je me surprendrais , comme tous les ados de mon âge à de surprenantes révélations époustouflantes et surprenantes , c'est la loi du" genre " si décriée dans nos temps actuels .Cette mère , se gardait bien de me construire une véritable éducation sentimentale ,ce tabou pourrait par mégarde accentuer ! suite à la défection de la cadette partis nager en lieu sûr , la pression sur le dernier de la classe .

          Ne connaissant rien , elle-même de cette formidable mutation dans mes gènes , elle finira par s'éloigner de ses contradictions , pour ! enfin laisser tranquille son rejeton devenu un encombrant petit mec , avide d’expérimenter autre chose que sa tète à claques . Enfin ! je pourrais mettre à l'abri quantité d'objets prohibés par cette magicienne du ménage dans ma tête , toute ma vie tiendra pendant quelques années dans ce placard fermant à clef, véritable coffre-fort à souvenirs . Mon doudou chéri , mon ami , ce confident depuis toujours , finira également dans ce refuge sombre , loin de toutes agitations policières . Cette éducatrice, d'un autre siècle, n'avait plus accès à mes secrets d'enfance . L'inquisition forcenée était terminée une bonne fois pour toute , je devenais presque grand , capable de garder mes secrets de polichinelle et de ne rien divulguer le soir assis en face de cette maman compliquée .

                 En train de me forger ma future liberté , mais seul dans mon coin , la plate solitude arrivait doucement mais ! surement . Comme beaucoup de garçons et de filles de mon âge , il m'arrivait de me parler tout seul , en tête à tète , de me raconter des histoires extraordinaires , des heures entières , des journées consommées ,je rêvais allongé ,les yeux dirigés vers ce plafond qui !lui ne demandait qu’à être repeint. Je finirais peut-être ? en curé de paroisse ,châtiant et ! crucifiant à tour de rôle ces menteurs , ces voleurs , ces chapardeurs, ces incommodes de la vie sentimentale , ces mauvais parents tapant sur leurs enfants ou sur leur conjoint ?ou ! peut-être que je terminerais en soutien de famille accompagnat ces parents devenant de tristes individus ? voués à l'échec permanent ?  De ce fait , une timidité intrusive , terriblement envahissante , s'incrustera dans ma tète  pour !ne plus jamais en sortir . Je sortais de cette enfance , pas par la grande porte , sans vraiment m'en apercevoir , je changeais , je me musclais , mes poils poussaient , en désordre , l'acné arrivait comme la misère , recouvrait mes lèvres devenues impropres à la consommation amoureuse .Une sorte de puberté improvisée , traité à tous moments, de bon à rien ,de sot, de nul, d’incapable , termes et mots perfides de méchancetés balancés par cette mère ,décidément au-dessus de tous soupçons, j’avançais à marche forcée vers la liberté d’expression.

Chapitre.06. Dans la cour des grands ................

              Ayant passé avec un réel brio le concours d'entrée au collège technique, j'allais , logiquement , devenir un précieux ouvrier pour cette France des années soixante-huit . J'entrais désormais dans la cour des grands qui allaient enfin me faire découvrir ce collège prestidigitateurs en énergies pour remplir les usines nouvelles qui raffolaient d'ouvriers et maitres artisans  .

             Les professeurs diplômés allaient remplacer mon instituteur resté derrière son pupitre minable  . Il me fallait oublier ces années heureuses du primaire , mes copains joyeux, tous amateurs de foot , finis les parties endiablées dans cette cour de récréation . Que de moments formidables nous avons vécus , le ballon, mal négocié par ces gosses un peu fous , volait souvent par-dessus la clôture des voisins de l'école !! Je me souviens de nos incursion dans la petite cantine scolaire, une maitresse femme cuisto nous accueillait à bras ouverts , nous cageolait d‘amour et de friandises , nous étions gâtés ,ces gosses des autres, étaient en fait ses propres enfants le temps d’un repas d’un dessert ou le temps d’une friandise chapardée à son ainsue, elle le savait !bien sûr !! mais elle ne dira jamais rien .Ces accomplis avaient vécu autre chose d’autrement plus difficile. Mais nous étions gamins, ces majeurs garderont enfermés dans leurs cœurs toutes ces années d’occupation. Plus tard, dans les livres , je découvrirais ce que cette génération nous avait réellement caché, ils n’avaient pas voulu partager cette horreur vécue par la plupart d’entre -eux. C’est peut-être pour cela ,que nous sommes surnommés les boomers ,presqu’une race de profiteurs pour certains. Qu’auriez-vous fait à notre place ? La même chose…VIVRE…………

              Néanmoins , cette école privée ,dirigée par des frères ,véritables samaritains d’une seule éducation, la pure et ! dure catholique sans failles et sans reproches , guidait ses élèves d'une main de fer ,pas tout à fait dans un gant de velours, plutôt à la règle métallique devenue l'arme de prédilection pour mater les insoumis à cette règle . Aucune incartade ni fantaisie autorisées , abondamment d’oraisons apostoliques , ce qui me valut d'accéder aux enfants de cœur de mon quartier pour certainement purifier mon âme d’écolier,d'après maman évidemment  . L'instituteur , ancien combattant renégat d’Algérie ,s'y mettait également à ces parties de foot . Ayant perdu un de ses bras dans le bled , il donnait de furieux coups de pieds dans le cuir de mauvaise qualité. Il nous menait néanmoins à la baguette , celle-ci coincée entre ses dents, jaunies par les gitanes sans filtres , donnait le la avec précision dans des cours instructifs . Un jour il nous annonça une grande nouvelle : il allait se marier , je revois sa joie immense dans ses yeux , son ivresse du futur bonheur à venir . Mais nous , les gamins! ne pensions qu'à jouer au ballon , à crier notre allégresse , notre fierté de battre l'équipe adverse.

                     Mais voilà ! il me fallait tourner définitivement cette page , rentrer dans la cour des presque et futurs adultes ! Maman , entre temps , m'avait inscrit, aux scouts de France, la frangine n'étant plus là, il fallait un nouveau précepteur apte à me diriger dans la droite ligne d’une famille digne de ce nom. Ce fut cette association privée, dirigée de main de maitre par des adultes agrées à Baden Powell , qui se chargeront de m'apprendre les rudiments de la vie en collectivité . Tous les ans nous allions en cantonnements sous la tente ,genre toile à courant d’air et ce ! dès le printemps , je commençais à sortir totalement de mon quartier . De formidables jeux de pistes de nuit allaient m'apprendre à me débrouiller en parfaite harmonie avec la nature . Cette époque ,il ne s’agissait non pas de jeunes désœuvrés comme maintenant, mais de solides gaillards capables de manier le couteau non pas ,pour égorger son ami , mais ! Pour éplucher la pomme de terre qui finira dans la gamelles en ferraille sur le feu de bois .

                Ne sachant quoi faire de mon futur proche , comme beaucoup en ce temps-là, on me fit passer des tests soi-disant spectaculaires en résultats. On me trouva une aptitude pour la menuiserie , jamais entendu ça ! moi manuel ? à part les clous à papa pour fixer les lames de parquet dans le grenier, j'en savais pas plus que cela . Je pense que cette époque il leurs manquaient des bras solides et fortifiés pour meubler cette France "la vôtre". Les usines nouvelles se répandaient rapidement autour et dans les agglomérations, il fallait des petites mains pour les faire fonctionner presque 24h.sur 24h. Tous les corps de métiers allaient embaucher à tour de bras , payés à coup de lance pierre, les ouvriers se levaient aux auroreset se couchaient à la nuit tombée  pour construire cette France à releverqui deviendras si belle et si riche quelques années après, capable d'acceuillir tous ces pauvres de cette planète à l'abandon délmocratique  .

            J'allais en faire partie, tout d'abord en apprentissage au lycée professionnel le bien nommé Saint Etienne. Cette bâtisse , antre de cette intelligence programmée par des frères amoureux de Dieu le Père, allait fabriquer de multiples apprentis de la vie associative , pour , ensuite ! les lancer à coup de massue dans cette nouvelle industrie .Surnommée "le Manège" par les très anciens , maintenant tous expatriés à mager les légumes par la racine dans les cimetières. C'était une école cotée dans une excellence particulière , reconnue dans toute la Bretagne . J'allais y passer trois années , apprenant le solfège de la menuiserie , le dessin ,non pas animalier mais architectural . J'étais heureux , mais inquiet de quitter cette réserve animalière qu'est cette école primaire , un nouveau vélo pour remplacer le trois roues , fut nécessaire, il me sera offert par Papa, un des rares moments de bonheur partagé.

                              Si je me rappelle bien, je fus accaparé quelques temps par une jeune fille , nos fenêtres , voisines auront l'occasion de rester ouvertes pas mal de temps, le froid rentrait dans la maison , je m'en fichaiis pas mal , papa rouspétait et mettais du charbon dans la chaudière , je n'avais dieu que pour cette beauté en face de moi  .Ce furent mes tous débuts de cette activité normale à cet àge  , autre que les courses de billes avec mes rares copains .Mon cœur battra autrement que dans les bras de Maman , cette dernière mettra le holà très rapidement , suspectant , déjà une insoumission à la règle familiale. Quelques rendez-vous plus loin , quelques baisers furtifs , légère historiette d’un flirt sans lendemain , je me décrochais le plus naturellement du monde de ce joli et adorable écrin s'appelant Christine .Nos lucarnes,un beau jour d'hiver , se refermeront , pour ne plus jamais rouvrir,je ne connaissais pas encore ce que l'on appelait couramment un 'chagin d'amour', je n'étais pas prèt , absolument pas conçu pour aimer si vite et si tot  .Mais ! j'avais senti ,imperceptiblement , dans mon corps , ce petit frémissement , ce décor pas naturel, envahir ma tête,m'enrubaner de ce désir neuf si émouvant  si délicieux ,joubliais ce visage , mais pas ce moment d'incertitude  . Je me renfermais de nouveau, soudoyé par la méchanceté toujours présente dans mon dos , envahi par peut-être l'erreur d'avoir enfreint la ligne rouge  .

         Ces années particulières que nous appelons de façon simpliste "la puberté" seront pour moi , de piètres moments , entre l'éclatante ouverture au monde d’après ,  cette mère décidément incorruptible ces jeunes filles papillonant autour de nous . Mes devoirs , le soir , dans l'intimité de ma chambre, je vivais véritablement cloitré , ne pouvant et ne désirant m’offrir à personne . Autant en primaire , je serais le premier de la classe , autant en secondaire je serais un piètre artisan en construction de mon avenir. Cerné par cette sorte de "cocoon" je m'enfonçais , non pas dans la médiocrité , mais dans une solitude incroyable pour un jeune homme de mon àge . Sans le savoir , je récoltais les fruits de cette éducation assistée , pas du tout intéressante . Je vais , dans ma tête , le payer longtemps, pour enfin quitter cet état de droit le plus tard possible , un beau jour d'hiver.Mais c'est une autre histoire, dans un prochain chapitre qui me marquera à vie.

chapitre 07. .L'apprentissage. page.01

            Je m'infiltrais , une journée de septembre soixante-six , dans cet antre de la culture des travaux pratiques ,à fabriquer de futurs besogneux et ce par la grande porte battante , en bois de chêne se refermant immédiatement sur ses élèves refaits à neuf par leurs mamans .Reçu par concours à deux établissements culturels , nous avions choisi ,plutot elle!! avait choisi  celui dirigé par des curés d’exception ,capables de mettre Paris dans un ostensoir , sorte d'emblème national pour les catholiques enfiévrés de connaissances à la doux Jésus régnant depuis plus de deux mille ans . J'hésitais encore ,entre la poire et ! le fromage , un époustouflant espoir de renouveau allait ? peut-être rétablir ma situation individuelle .Mes parents , enfin , avaient reconnu qu'il était temps de me lâcher la bride .

              Bicyclette astiquée , freins révisés, dérailleurs et chaine graissés, nouveau cartable en cuir véritable , je m'étais , pour cette rentrée pas comme les autres , levé tôt .Je me devais d'être à la hauteur du chapelet d’espérances espérées par des parents inféodés à la culture du missel renfermant, pour eux ! les quatre vérités apostoliques . Leur fiston allait jaillir de l'enfance , pour aller chatouiller le savoir instrumental de ces professeurs hyper qualifiés . C'était extraordinaire , passionnant pour mon cœur de grand adolescent . Le monument , sorte de tour indestructible , majestueuse me tendait ses bras monstrueux remplis de connaissances , celles- ci , distribuée par des maitres de l'art , allait mettre trois bonnes années à rentrer dans mon cerveau de juvénile homme . Adieu la maitresse et maitre que j'aimais tant , envolées les douceurs de ma tendre enfance de cette école primaire , place aux techniciens du bâtiment , beaucoup plus rêches en matières pédagogiques , ils nous instruiront pendant trois années consécutives .

                      L'école gérée par les frères Catholiques (toujours eux) était une véritable machine à créer des ouvriers hyper qualifiés . Que d'instruments, de machines sophistiqués dans ce laboratoire de menuiserie , des boutons à foisons sur des tableaux métalliques disproportionnés ,mais comment cela fonctionne-t-il ? Le maitre des lieux, monsieur Priorité (décédé depuis au volant de sa mobylette devenue folle au carrefour de la Pitié, ne s’arrêtant plus , laissant son conducteur s’engouffrer entre les quatre roues de ce mastodonde lancé à vive allure ) fut un grand monsieur, inoubliable dans ses dépositions du matin au soir. Il était assisté de monsieur Herbertot, ce dernier affublé d’un bec de canard sur la lèvre supérieur, mâchonnait sans arrêt ce mégot peut-être bien allumé dans ce concert de poussières de bois. Professeurs émérites au savoir gigantesque , ils nous accueillirent promptement , mais fermement en ce jour de septembre dans cet atelier rutilant ,chacun reçu ses outils, qui seront facturés à prix d’or à nos parents désireux de nous voir en futurs ouvriers qualifiés .

              Je me présentais devant mon établi personnel, sorte de table rectangulaire pas large, équipé de ce maillet de bois , du serre joint ,et de la fameuse presse pour serrer de temps en temps mon petit doigt qui deviendra, au fil du temps complètement déformé. C’est le métier qui rentre ,me dira ce prof à la mâchoire tordu, j’obtempérais devant cet époque révolu, nous étions très jeunes , obligation de courber l’échine, c’était ça ou la réprimande aux parents !J’optais pour la première solution proposée, évidemment .La hache de guerre étant provisoirement enterrée , je n’ambitionnais nullement de repartir aux avants postes de la miséricorde  ou repartir en campagne de Russie, en risquant encore la débâcle verbale .Le premier soir ,en rentrant j’étais fier de moi, la facture des outils dans la poche, j’allais présenter la note , ils m’avaient voulu dans cette bergerie à productions !! ils auront les notes et les factures.

              Appelez nous Maitres SVP !! Impressionnés par ces lugubres personnages revêtus de cette fameuse blouse grise signée de l'époque Zola, participants d'un autre monde , pas le nôtre , nous nous mimes au travail , rabot à la main , varlopes coincées dans nos bras ,nous commençâmes à transformer les morceaux de hêtre séchés mais ! non dégrossis , en formidables longerons, tasseaux bien rectilignes , pour ne donner que des copeaux qui allaient ,eux ! remplir les poubelles à la sortie du lycée qui seront récupérés par le paysan du coin pour une litière gratuite à ses cochons, rien ne se perdait. Les tenons et mortaises , coupes d'onglets, queues d'arondes , coupes à mi-bois et ! j’en passe et des tordus aussi ! n'auront plus aucun secret pour moi . Nous étudierons les végétaux ,arbres exotiques , feuillus , caduques seront de véritables et formidables arbitres d’un début d’écologie responsable et future .

           Que d'échardes plantées dans nos petites menottes de juniors dorénavant en pantalons , que de blessures bénignes, de sang versé sur l'autel de cet apprentissage obligatoire . Mais le métier rentrait à petits coups de marteau , le tournevis ou vilebrequin manuel vissaient et dévissaient suivant les désirs de ce professeur attentionné au bon fonctionnement de l'outil sélectionné .Pas d'électroportatif à cette époque , que du manuel , notre peau recouvrant nos mains mutait , devenait dure , recouverte de duretés nommés durillons , cors , .Nous allions changer de corporation, définitivement dans le camps de naïfs ouvriers de sa majesté : le capitalisme .Celui-ci avait besoin de bras, il les avait dans ces écoles d’apprentissage, les rebuts de ce certificat d'études primaires  ,les déclassés de cette machine à broyer les nuls. De temps en temps un incident survenait ,un apprenti se mettait les doigts dans la scie à ruban , hôpital (en face du lycée), et retour à la case départ .

            Franchement ! pour ma part, les tenons et les mortaises avec double enfourchement ne m'intéressaient pas beaucoup Quand je réalisais une chaise, elle était bancale , pour la table qui allait avec, les assiettes glissaient imperceptiblement mais surement vers le bord ,le tout cassait sous le poids de mon corps enfin aguerri par le sport . Les machines à bois par contre , m'attiraient, ce bruit d' enfer, cette odeur de sciure , me rappelait mon enfance à la campagne dans la scierie de mon oncle du coté de maman , je replongeais dans ces souvenirs que j’avais jetés aux orties . Les cours de dessins appliqués me plaisaient énormément, construire virtuellement à la main, avec les différents crayons , et règles , équerres , achetés à grands frais par Maman , me subjuguais, j’aurais pu être bâtisseurs de villes nouvelles ?Peut-être ! .Je me souviens comme d'hier , de ces collègues de promotion , presque de leurs noms , j'en reverrais certain , beaucoup plus tard , à l'occasion d'affaires financières .

               Perché sur mon demi-course , je circulais à grande vitesse  ,le matin et le soir ,été comme hiver , libre comme l'air à travers cette ville bourgeoise que j’aimais pour ses ruelles et ses boulevards encore vides de voitures. Toujours pas d’amies à l'horizon, une gaucherie s'était encrée dans ma tête . En vérité , je craignais ces filles , les fuyait comme la peste, préférant ma solitude .Je compensais par les sorties du scoutisme de quartier et mon dévouement sans aucune faille à cette église en béton , véritable phare dans la communauté ouvrière de ce quartier en mouvement presque révolutionnaire .Plus de parties de billes ,sur la placette , je me renfermais de nouveau , commençait à lire , Jules Verne sera le premier de la liste. Suivront Victor Hugo ,Bazin ,Zola , et, tous les autres, empruntés à la bibliothèque de ce quartier si populaire , j'épluchais sans discontinuer les étagères branlantes, donnant du fil à retordre à la bibliothécaire de service, sorte de vielle femme complètement décousue de la tête. Je commençais véritablement à rêver tout éveillé. Je m’ouvrais un peu à ce monde de petites gens.

Chapitre.07.l'Apprentissage.page.02.

                       Ces trois années furent les plus intéressantes , je découvrais l'extérieur , cette sorte de vie civile allait me débarrasser  de mes préjugés , pas trop quand-même, mais je commençais à écouter les autres .Je discernais les bons des mauvais, quand il me faudra choisir entre les deux , je n'aurais aucun doute, je choisirais les bons . Mes parents maintenant à l'aise financièrement (enfin presque) , recevaient des notes de fournitures gigantesques de la part de l'économat. Il me fallait avoir un nombre considérable de fournitures :je n’en privais absolument pas , crayons, gommes, règles , cahiers divers , bref tout un attirail rangé dans mon pupitre me tendait les bras , me rassurait me comblait d'aise et de pouvoir, écrire quelques compositions intéressantes en applications , ce furent les seules , mon devoir c'était ! d'enfoncer des clous ! et de coller les morceaux de bois usinés par nos soins c'est tout ! . J'avais un besoin ,un toc provenant de cette Maman , impérieux , de posséder le maximum d'outils , le plus neuf possible , les parents payaient rubis sur ongle , croyant me voir en illustre artisan des compagnons du devoir élevé au grade de chevalier de la table ronde que je serais incapable de fabriquer .

                Aucun reproche ne me sera fait , durant tout ce temps à épuiser leur bas laine, peut-être une vengeance de ma part ? . Tout ma vie j'ai attaqué et détroussé les économats , billes-en tète, toutes les fournitures étaient pour ma satisfaction personnelle , encore maintenant je possède deux cents stylos et crayons rangés en rang d'oignons sur mon bureau (beaucoup en panne sèche). Et les résultats scolaires dans tout cela ? et bien ! pas mirobolants en travaux pratiques , mais en culture générale toujours le premier ,j’adorais ce Français de Molière . En conseil de classe j'étais pas très bien noté , mais peut mieux faire quand même signalera mon professeur au bec fourchu .

         Un beau jour de mai , arriva ce qui arriva: une révolution sortie de nulle part ! pas de Robespierre à l'horizon , mais un certain Dany le rougeau fut à deux doigts de prendre le pouvoir, virer pour de bon notre grand Charles qui ! ne devra son salut qu’en se réfugiant à Baden Baden. Sombre époque qui laissera des traces indélébiles dans tous ces cerveaux minables, qui n’attendaient pas autant de la part de leurs employeurs envahis par le doute .Ces derniers ouvriront la corbeille de fruits en prenant soin de dénoyauter le mieux possible ces fruits syndicalistes corrompus par de l’argent facile. Quand je le regarde dans certaines émissions sois-disantes culturelles , ce type ,imbu de sa personne ,personnage influant dans cette académie Européenne ,avec sa barbe de huit jours, il ne m'impressionne plus du tout. Pour résumer cette orgie libertaire , ce fut un mois de congés forcées , la télé N:B de marque Grundig fraichement arrivée de ce détaillant ,installée par ses soins , nous rapportait toutes ces gigantesques combats de rues dans la capitale , la province tenait bon ,quelques escadrons de la sécurité civile tout habillée de noir , patrouillaient ici et là, distribuaient quelques solides coups de matraques sur les mécaniciens de ces trains à l’arrêt forcé, comme d’habitude. Rien à voir avec votre époque actuelle mise à feu et à sang par ces gilets jaunis par le remord.

             Nos parents en grève générale , allaient à la pèche tous les jours . Du poisson et des arêtes au menu toute la semaine . Mon père marmiton de valeur nous les firent à toutes les sauces . Ras le bol de ces écailles perdues dans cette soupe de poissons , au bout de ce sevrage médiatique ,pratiquement cinq semaines complètes , nous pûmes retrouver le lycée ,préparer les prochaines vacances . Les pavés disparus , avaient été remplacés par du bitume neuf .La pratique du vélo n'était que plus confortable . Revenons très légèrement un peu en arrière , mes souvenirs revenant au trot et par moment au galop me font sortir de ma cachette littéraire . Ma cadette partie dans la ville lumière , je vais rester seul en tant que jeune garçon , comme un grand dans cette maison. La télévision avec l'ORTF en mire , à bien changé notre quotidien radiophonique habituel , le soir c'est télé sans publicité , une seule chaine noir et blanc , pour l'époque c'est presque le luxe !Cette télévision de Pierre Sabbag nous fit découvrir les premiers pas sur la lune ,un grand moment vers quatre heures du mat.Une autre époque arrivait .

           J'avais changé , devenu ado , ma mère me laissa définitivement tranquille, progressivement , abandonnera la méthodique répression , je devenais , enfin plus fort , peut-être ? trop musclé pour elle ? presque un adulte . Maman , sa jalousie maladive toujours active , ayant eu vent de mon incartade amoureuse (voir chapitre précédent) , m'inscrivit chez les enfants de cœur , chez ce fameux curé du coin ,dont je tairais le nom, mais qui!! s'empiffrait de vin et de gateau à la mi-temps de son homélie . Pour amplifier mon emploi du temps en dehors de mon balcon préféré ,on  m’avait logé chez les scouts de France . Chez les curés , missel entre les mains , apprenant le latin entre deux confessions obligatoires  , je devenais un ange, enfin ! . Enfant de cœur en soutane ? Un vrai métier et, à plein temps. Sur injonction de mon majordome de mère , j'étais inscrit le dimanche matin aux deux messes , et, le lundi à la première dès six heures trente , pas de miracle, il fallait bien se lever pour donner le biberon à ce curé minable et autoritaire , simple numéro dans la hiérarchie épistolaire !mais ! surtout amateur de cette bibine qui ne disait pas son nom . Pour les dimanches ça allait encore ,avec le monde joyeux des collègues en chasubles blanches ou rouge , nous passions de bons moments avec, entre autre le vin de messe largement consommé par tous , nous nous moquions des élucubrations de  ce curé complètement dans la lune , à défaut d'être en cellule de dégrisement dans son presbytère attenant à la chapelle consacrée .nous regardions toutes ces bigottes en robes sombres réciter ces litanies imposées ,pendant que leurs maris se soulaient au bistrot du coin.

             Le lundi ! c'était le déchainement dès cinq heure du matin , devinez par qui ? par cette mère encore ,et, toujours possessive .Auréolé de mes rêves juvéniles ,sans aucune alternatives , je sortais de ma torpeur sans aucun ménagement ,verbal ou sportif , je me rappelle encore , de cette lumière intense au plafonnier de ma chambre . Qu'il  c'était douloureux ce réveil en fanfare sans aucun musiciens , uniquement avec ce chef d'orchestre sortant de son lit  . Mes yeux entrouverts dans ces aurores ténébreux, cherchaient la direction de l'autel consacré . Il fallait que je me dépêche , Maman, encore dans son lit , en chemise et camisole surveillait mon départ. Cachant à peine sa poitrine tombante , de mèche avec le curé , me houspillait encore plus , à ce moment-là ! Je la haïssais . La peur au ventre , un quignon de pain dans la main , je partais dans la nuit en courant , fuyant la bergerie .

      Le lundi , se trouvait être sa journée de repos ! pour moi , c'était la journée de la terreur , allait -elle découvrir mes petits secrets ? Pas folle la guêpe ! elle connaissait tous les recoins de cette chambre . L'anxiété me tordait les tripes sur le retour de l'école , ces six kilomètres se transformaient en dix kilomètres . Je connaissais à l'avance, à son regard maléfique , ses trouvailles de sa journée. Ses découvertes étaient exposées sur mon lit , il fallait au travers de gifles monstrueuses , expliquer la raison de ces jouets, pistolets, machines de guerre, bien sûr ! tout en plastique. Mes deux joues encaissaient de véritables sévices .Elle était affreuse , cette obèse moche , horrible , me faisait peur . C'était abominable pour un petit garçon comme moi, qui allais cirer les pompes du curé pour parfaire la renommée de cette furie en désordre .

          J'amenais que des bonnes notes dans mon cartable ! Mais .la mégère m'en feras voir jusqu'au bout . Je fus envoyé plusieurs fois en colonie de rééducation fonctionnelle , sorte de cures modernes, dans les Pyrénées (Prat de MOLO) ainsi qu'en Provence (Grace), nous descendions en train , en deuxième classe gratuite , grâce à papa cheminot à vie . Ce fut une révélation pour moi, ces distances impressionnantes ! la découverte avec mes yeux d'enfant, de ces contrées nouvelles. J'adorais humer ces fumées de la locomotive à vapeur , j'étais émerveillé , mais je refermais la vitre rapidement, mes voisins de voyage se mettant à tousser réclamaient sa fermeture . Arrivé au but du voyage , il fallait prendre le car chausson. J'étais choyé dans ces sortes de coloniales , de jolies et jeunes femmes toutes vêtues de blanc , nous prenaient en main toute les jours de la semaine, c'était tellement différent de ma vie ordinaire . Tous ces gamins issus de la masse populaire , des agents de la SNCF , s'égaillaient en criant dans les dortoirs de cette bâtisse pleine de soleil du midi . Les caresses(les vraies ,pas les fausses ) , l'affection, les attentions de ces muses dévouées , me réconfortaient dans cette vie de moine , véritables moments de bonheur ! . Moi , le sauvage , je rentrais dans une vie sociale tellement dissemblable. Malheureusement tout avait une fin , on revenait me chercher à l'heure dite , et, direction cette Bretagne tellement triste et, lointaine. été comme hiver me forgeait une solidité à toute épreuve pour mon avenir .

Une vie simple .// chapitre cinq.Une famille globale. page.01

                    J’ai , pas mal jaspiner , abondamment développé sur cette mère souveraine incontestée dans ce landerneau familial logeant dans cette rue portant le nom d’un illustre communiste . Également ! Habillée pour l'hiver prochain , cette laborieuse sœur cadette ,qui ! de son côté ,n’avait pas demandé son reste en s’enfuyant avec armes et bagages, laissant ses larmes sur place. Ensuite ! Ce personnage insignifiant ,anodin et surtout insipide je veux parler de ce papa : sorte de plafonnier éteint dans cette ruelle en cul de sac , cernée d'immeubles minables remplis de blousons noirs , avait , depuis très longtemps , endommagé son pouvoir de séduction et , certainement oublié la fantasmique bagatelle avec son acariâtre épouse , certainement épouvantée à la vue d’une éventuelle orgie sanitaire qui la mènerait tout droit en enfer promis par ce curé de quartier habillé de cette soutane si encombrante .Sorte de galanterie fascinante de forfaiture .

        Je ne pourrais pas connaitre grand-chose de leurs noces pas encore barbares , n'étant pas encore sorti du ventre arrondi de cette maman aux cheveux bouclés ,et encore moins le témoin de leurs épanchements amoureux certainement à la sauvette pour l'époque  . De leurs fiançailles à la campagne , sous le gouvernement de Vichy ,resterons seulement quelques clichés couleur sépia , jaunis par le temps qui passe , ces négatifs qui passerons de mode, inexorablement disparaitront de mon catalogue à souvenirs périmés que je refermerais au plus vite , pour l’éternité .Je n'ai rien gardé de ces commémorations, de ces vestiges de leur passé simple composé dans la plus élégante et ! stricte intimité d’une alcôve défraichie par les années de vents contraires ! comme ma vie qui défile pour quelques temps encore, ma mémoire s’effiloche pour laisser sa place à la réalité.

          N'aimant pas trop les désuètes antiquités qui demande qu’à êtres éternellement époussetées , je me débarrasserais de toutes ces reliques , et amulettes , meubles compris , un beau jour de mai , faisant table rase de mes géniteurs d'un autre siècle ,oubliant quasiment , leur dernière adresse posthume vouée à la circulation de ces pleureuses pleurnicheuses sur le sort qui les attends de toute façon au bout de ce boulevard des allongés sonnant la fin de la partie après une courte  retraite bien méritée . Marié avec une cocotte pareille , style poularde des campagnes profondes environnantes ! ce n'était certainement pas de la tartre à la crème fouettée tous les jours de la semaine , tu voulais le lait et la fermière, tu auras le gratin corrigée au beurre de cacahuètes et , pour couronner le tout , et ! en prime d’assiduité :nous avec !! cher papa ! . C'est pourquoi , toujours absent ,même lors de ses rares congés (voir chapitre trois) il va fuir cette maison gardée par cette insolente nourricerie coutumière de faits et de gestes exécutoires à la première injonction , faite de cris et de gestes malencontreux, il ne supportera pas sans fin cette barbarie parolière .

         En grandissant , Je l'avais presque , apprivoisé , légèrement , mollement ,de fait ! Pas beaucoup ! sauf pour le foot, seul terrain de prédilection pour un sérieux acharnement collectif ! Nous étions accros à ce magnifique spectacle que nous donnait les joueurs de ce stade Rennais pas riche du tout , sauf !! de ces matchs fabuleux des années soixante .

            Ensembles ,père et fils  bien sapés , surtout ! bien chaussés , bien coiffés , en ordre de marche , après le repas dominical envoyé en vitesse (sans la patronne) , nous allions prendre ce bus , ensembles ! Nous revenions , en fin de journée , pas trop tardivement, sans bruit ,quittant le brouhaha de cette foule . Les murs ayant des oreilles , bien sagement au bercail , auréolés de ces gloires poussant à la force de leurs mollets , ces ballons ronds dans le but adverse , champions pas prospères , mais tellement regardant sur la beauté du geste, nous nous repassions les meilleurs moments . Mais !à la fin de ces matchs, pour papa et moi. attention ! , aucun arrêt dans ces bars servant ce gros rouge de circonstance ou ce cidre bouché à fort pourcentage d’alcool qui nous aurait fait tourner la tête dans la mauvaise direction .Le miraculeux "grappe fleurie" sorte de vinasse à l’épaisseur incontrôlable pour les services de la prohibition et répression des fraudes pour célébrer les victoires , de notre club fétiche ,coulait à flot dans ces verres dégueulasses pourléchés par toutes ces bouches crasseuses d’ouvriers et d’ouvrières ,remplies de gitanes sans filtres , qui obligeaient ces fumeurs invétérés à remettre le briquet à l’allumage permanant.

              Ce fut , c’était le quotidien du dimanche ,d'une véritable population tâcheronne avide de sensations fortes. Pour nous ! de toute manière , interdiction formelle de s'abreuver dans ces lieux de danger qui acceptaient les demoiselles en perdition dans cette rue de la soif , qui scrutaient les portefeuilles de tous les promeneurs retournant chez eux se risquant un œil pervers vers ces amazones de second rang , en faisant ce détour prohibé par leurs épouses habillées elles ! de la fameuse blouse grise cachant tout ce qui il y avait de plus beau. La fontaine publique ,place de Bretagne suffisait à nous rafraichir , les jours de grandes chaleurs (rares en Breizh) .

         Les dimanches sans match (un sur deux) , nous allions au cinéma de quartier .La Tour d'Auvergne : emblématique salle obscure des années sans télés , dirigée par mon oncle Marcelo , extraordinaire érudit , qui ! pour le plaisir des yeux , faisait défiler ces fabuleuses images en accéléré , c'était notre récompense après une semaine taciturne à écouter les feuilletons radiophoniques sur le poste à galène , vestige de ces années d’occupation Nazie. Il y avait foule ,comme à toutes les représentations , la salle était pleine à craquer , de ces gens avides de nouveautés cinématographiques, chaque séance affichait ‘complet’ .Pendant l'entracte , la fameuse pub du petit ramoneur (uniquement pour nous , les plus de 60 ans) , nous distribuait d’extraordinaires images de cette liberté d’acheter au moindre cout, ces objets mirobolants sortis des usines nouvelles. Nous dégustions glaces à l’eau , bonbons ,malabar pour les meilleurs dentitions , chocolateries diverses ,distribuées par de jolies filles en jupes courtes , circulant et ! nous frôlant dans ces travées surbookées de jeunesse avides d’images contrôlées par une censure extravagante de dureté .

         Je nageais dans un véritable bonheur , partagé avec ce père papa , qui! enfin !  respirait la joie , d'être avec son petit garçon docile et si mignon , de temps en temps, la grande sœur n’ayant pas de rdv galant ou ayant terminé son chandail de laine commencé depuis des années , participait à nos sorties plutôt genre (autant en emporte le vent). normal ! me direz-vous ! c'est une fille , avide de découvrir ces visages fabuleux d' acteurs Américains , pour un rêve tout éveillé , rempli certainement de sensations fortes et, agréables pour une adolescente de son âge. Les films , en cinémascope devenus couleur nous faisaient bondir de gaités ou de tristesse, les mouchoirs sortaient de nos poches, essuyaient ces yeux rougis en regardant ces belles actrices  Américaines   sorties en droite ligne d'Holiwood .Nous étions avides d'histoires miraculeuses,  finalement de contes de fées pour les grands enfants que nous étions .

                      Sur ces sièges pas confortable, rembourrés avec des noyaux de pèches, véritable pourfendeur de nos dos qui auront du mal à se relever de nos positions avachies, j’avoue m’être endormi d’un sommeil et réveillé par le gond du petit ramoneur ,me ramenant à la réalité d’une publicité ou réclame nouvelle pour nous les apprentis consommateurs de cet ère fantastique   de nouveautés. .De grands espaces s'invitaient dans cette populace libres de droits , péplums , westerns US et spaghetti furent des nouveautés sans pareilles ,il n’était pas rare d’avoir des très longs métrages durant une éternité,  nous invitant à revenir la semaine d’après pour voir la suite de ces aventures industrielles de ce cinéma de quartier ,qui disons -le franchement rassemblait ces hommes et femmes dans une parfaite association d'une société absolument pas décousue . Une sorte de nouveau feuilleton était apparu, nous invitait à suivre tourtes ces histoires .Cela devenait un sujet de discussion par exellence, chassant les sujets de ces bétises politicardes .De toute façon nous n'avions d'yeux que pour le grand Charles, notre lumière ,notre phare dans cette construction de ce cette France appartenant à ses sujets.véritables.

Une famille globale..page.02

                            .Je le respectais , ce père , je l'admirais presque , taciturne , muet et silencieux en présence de maman , avec ses enfants , seul , il nous racontait autre chose que les regards , souvent malveillants , de cette femme revêche .Elevé par un père tyrannique , ce fils ,troisième de la fratrie , était une pâle copie de ce grand-père , rescapé de la grande guerre , asphyxié par le gaz moutarde pas de Dijon !croyez -moi ! ,mais dans les tranchées , il ne nous racontera jamais ce qu'il avait enduré, ce dur à cuire n'avait pas accepté les ordres et contre ordre de ces salopards de généraux et de maréchaux assassins de naissance soucieux d’apparaitrent dans ces futures livres d’histoire , peut-être de se retrouver à chaque coin de rue et boulevard pour une reconnaissance éternelle par la patrie reconnaissance.

              Ce grand-papa , devenu veuf ,à la chemise parfaite , à la cravatte nouée parfaitement ,  se fera en secondes noces ,non barbares ,rassurez-vous ! Une belle et sulfureuse blonde assez antipathique , nommée Alice ,ancienne cocotte dégottée du pays aux merveilles déchues , elle s'appropriera une partie de l'héritage , écrasantsans vergogne , de main de maitresse femme , les deux enfants restants . Une nouvelle guerre de tranchées allait survenir entre cette cocotte genre sauterelle très bien foutue ,perchée sur des talons tellement haut que je ne voyais qu’elle , je comprenais ce grand-père , se faire une encore belle graminacée à soixante-dix ans ,et ce ! jusqu’à perpette , il n'y a pas d'âge pour la bagatelle dissimulée entre deux personnes consentantes . Cet intermède sera , l' interlude dans les relations entre adultes .

            De mon côté , le blé en herbe avait muri et grandit , remarqué pas mal de choses dans ce couple désordonné que seront ces parents d’un autre temps . Affamé de tendresse il espérait autre chose dans sa vie , mais pour Papa la pomme à croquer était devenu caduque , la jolie femme fine (elles le sont toutes au début!) aux cheveux bouclés , épousée dans les années d'après-guerre , était devenue de mauvaise qualité ,c arrément incolore et surtout indolente  . J'entendais , la nuit , les rares soubresauts de ce couple déformé par la vie , c'était véritablement une désobéissance civique de la part de son épouse , de ce fait , je me bouchais les oreilles , ne comprenant pas ce qu'il se passait dans la chambre d'à côté .

                Pour la cuisine , papa était un vrai chef cuisto ! Il nous concoctait de fabuleux plats , viandes , et surtout poissons d'eau douce , sauces aromatiques n'avaient aucun secrets pour lui .Il aurait pu certainement diriger un bataillon de cuisiniers , mais les cheminots et cheminotes l'avaient agrippé pour ne plus sortir de cette voie de garage qu'est la SNCF pourvoyeuse de syndicalistes communistes revanchards .Ils avaient , d’après les dires et racontars en tous genre , ,gagnés la guerre à eux tout seuls en faisant dérailler les locomotives à vapeurs .

         De temps en temps , dans le canton , papa faisait lui ! tout seul ! oui ! tout seul , des repas de mariage ,de batêmes ou de simples anniversaires qui s'accumulaient  dans son carnet de rendez-vous. Tout le matos dans les sacoches de sa mobylette bleue , il partait faire son chemin culinaire dans des châteaux de la bourgeoisie environnante .Sa renommée avait dépassé les frontières du département. Connu dans ce landerneau de la bonne bouffe au beurre salé de Guérande ,il se mettra un peu de compléments dans ses épinards personnels, pour acheter des hameçons pour son compte individuel . A ses heures perdus , il dessinera quelques peintures , représentant sa Bretagne natale , que seule la cadette conservera , je les trouvais tristes , moches , pas chatoyants du tout , reflétant absolument sa vie triste d'homme délaissé  . Ma frangine héritera ou s’appropriera ces gouaches à la noix , en fera les décors de ses logements divers . Voila ! mes rares souvenirs de mon papa , lui ! malheureusement passeras de vie à trépas très jeune , le jour de sa retraite , usé par ce travail de fonctionnaire , succombera d' un cancer des méninges ,n'ayant , malheureusement , pas assez travaillé de ce côté-là .

                    Maman , après cet épisode malencontreusement triste , mais certainement salutaire pour elle , se remettra vite en selle , toute seule sans aucune valeur ajoutée pour un futur époux ? vous rigolez? qui voudrait de cette lanterne uniquement éclairée par des rejets de l'autre.Elle  pris gout pour les voyages , accompagnée de ses copines  de sa belle sœur et beau-frère . Mais ça , c'est pour plus tard , chaque chose en son temps .

            Nous faisions également des repas de familles , enfin ! en très petit comité , notre arbre généalogique n'étant pas très fourni de ce côté-là ! , nous n'avions pas besoin d'envoyer des cartons d'invitations à la ronde . Un oncle , une tante avec leurs trois fillettes , de jolies donzelles espiègles , plus cette famille de bourges ne portant pas notre nom , artiste en peinture et décorateur en tapisseries à coller sur les murs avoisinants , infligera de mortelles factures à mes parents, profitant de notre porte -monnaies désormais, bien rempli . C’étaient des moments néanmoins sympathiques ; Marcelo mon oncle, un érudit de qualité , nous faisait pleurer et rire avec sa chanson "les trois cloches " maman riait , enfin ! essayait de son sourire forcé et pincé , c'était pas trop tôt , papa , également , pour lui c'était trop tard, la messe était dite depuis tellement longtemps .

            Avec mes cousines proches , nous parlions de nos affaires secrètes de gamins , et gamines . Eux ! logeaient dans une immense tour immeuble , genre cabane à fabriquer des lapins en pagaille, la France en avait bien besoin .Nous , dans une maison à fabriquer de petits bourgeois .Les deux frères n'ayant toujours pas d'automobiles , les cousines étaient toujours en bus !! Direction, la ligne 02 vers leur HLM , nous dans notre maison confortable. Pour la Noel , nous invitions l'autre tante , Yvette (ma préférée , sœur de Papa) , son mari Francis , invétéré gros buveur . Leur fils unique : Gérardino , ce petit chérubin ultra protégé et compact porcelet  ,sorte de gros pouf à tout faire , ne m'intéressera pas , et ! se sera réciproque ! c'est encore la cas de nos jours , une montagne nous sépare ,il restera ce petit bourgeois invétéré, pas capable de nous dire bonjour. Nous n'étions pas équivalents , ces gens-là, faisait partis des petits rentiers patrons , lui ! peintre créateur , ivrogne notoire , et bandit indiscutable sur les factures adressées à l’encre de Chine .

                Sa femme , Yvette couturière de formation , véritable tante aimante et adorable , sera ma préférée dans cette famille variée , je l'aimais par-dessus tout , en secret , certainement et malheureusement beaucoup plus que maman , peut- être ? pour ses cadeaux qui atterrissaient le soir de ce fabuleux réveillon de Noel dans ma chambre de gosse ? J'attendais ,comme tous les enfants  de la terre , ce soir magique , avec impatience , mais pas seulement , une affinité délicieusement particulière existait entre elle et moi que je ne saurais expliquer que serré dans ses bras , je rentrais dans une douceur insoupçonnée pour un petit garçon de mon âge .C'était la sœur de mon père , elle était tellement belle ! .Son regard dégageait une chaleur que moi seul pourrait détecter , j'étais tellement heureux en sa présence !! . Malheureuse en ménage, un jour terrible , sombre arriva sans prévenir. On me cachera la vérité quelques temps , ce fut un effroyable secret de famille , il ne fallait pas en parler ,il en sera bien gardé , j’apprendrais rapidement que l’ autodestruction fut ! pour elle une véritable délivrance .J'avais compris son geste malheureux , elle nous avait quitté sans prévenir dans ce canal sans poissons !.

              Mes  larmes de gosse ,en cachette ,complétèrent ce chagrin immense , pour la première fois de ma vie j'avais de la peine que je ne pouvais m'expliquer,  après les grands-parents venait le tour de cette merveilleuse femme . Je garderais très longtemps cette souffrance d'avoir perdu ma préférée, celle qui me regardait ,m'écoutait, me caressait les cheveux ,m'embrassait sur les deux joues , sur mon front juvénile certainement attendrissant . Je cachais à tous , ces sentiments impardonnables pour un enfant de mon âge , dans ce cercle fermé à double tour , il ne fallait surtout pas montrer notre tristesse , notre douleur , nos faiblesses , nous ne rions pas beaucoup , sanglotions encore moins .

                  C'est le cas chez ma frangine ,encore de nos jours incapable de fournir le moindre écart de tendresse certainement accumulée . Peut-être ? qu'un jour, un dernier élan passionné ressortira de tout cela . Mais ! je n'y crois guère . Avec ma grand-mère , cette femme(ma tante) avait compté pour moi , aimante envers nous tous , nous l'aimions pour son sourire , sa bonté, et, sa générosité. Mais voilà !! la vie est ainsi faite , les uns arrivent , les autres partent , bref le grand circuit 24 est en marche permanente , pétaradant et fanfaronnant pour certains , en silence de circonstance pour d'autres ,et ! Il sera bientôt mon tour de fermer cette parenthèse de vie , de tout façon , je l'espère le plus tardivement possible . Pour résumer , je me dis que la famille , la société, tous ces gens différents forment une sorte de théâtre grandeur nature , pas du grand guignol , mais presque .

           Cela m'arrive de regarder, d'écouter surtout , et, de me figurer ce cinéma de mon enfance , grand ou petit spectacle permanent offert au commun des mortels . Tout ce petit monde a un rôle à jouer, du plus grand au plus petit, du plus important au plus insignifiant, mais tout ce panel participe à cette grande fête de la vie . Voilà le détail de cette famille globale , j'en ai certainement oublié dans ces moments pathétiques mais si riches , mais grosso modo c'est l'image projetée de cette dernière . Maintenant je vais vers mes dix-sept ans.......et ce.... À grande enjambées !!

Une Vie Simple.// chapitre .6. Mai 68...Page.01

                      La Fin Des Années Soixante. Mai 68.

                J’allais sortir de cette deuxième année dans ce lycée réputé pour être le meilleur de tous, ces formateurs d’ouvriers à la petite semaine ne désirant nullement s’habiller en costumes cravates achetés chez Burton.Ces gens différents de nous simples pécheurs en eau douce , surnommés les cols blancs seront , il est évident ! des atouts dans cette cavalerie de boursicoteurs plus avides d’argent facile que de billet de dix balles usagés, presques déchirés ,donné à contre-cœur par ce patron véreux qui nous exploiteras des décennies durant .

          Papa et surtout maman avait préféré avoir un descendant manuel pour réparer le garde-manger en sapin qui commençait à perdre ses qualités préventives contre toutes ces mouches qui nous attaquaient été comme hiver pour nous laisser que des larves à manger . Vous me rétorquerez ! en me feuilletant !si vous me parcourez encore ? Mais qu’avec vous contre les manuels autodafés ,non ! je me suis trompé je voulais dire autodidactes du cervelet miniature , comme vous pourrez le voir, il me manque quelque chose ,quand-même ? le savoir de bien écrire et répondre à toute injonction procédurale ?Pour clore ce chapitre lancinant de longueur , qui n’intéresse que ma petite personne , je vous répondrais ! rien du tout sinon que dans la vie il faut oser ! pour devenir quelqu’un de bonifié.

              Pas très doué en travaux pratiques , mais ! avec de bonnes bases écrituriales , j'allais pouvoir accéder à la troisième et dernière partition de cette formation audacieuse , entreprenante en œuvres adaptées à mes mains sculptées par la gouge, devenue un rasoir parfaitement net de tout ébavurages .Je commençais à livrer à ce professeur à la bouche tordu , de petits et mignons petits cavaliers de cet apocalypse qui s’annonçait pour moi. Après les travaux pratiques , j’écrivais des lettres , serties de points d’interrogations qui seront immédiatement et sans aucun préavis  déchirées sans être lues par ces oficionados du rabotage de la pensée multiculturelle  . Dommage !!

               Ces j’en foutre de la culture avaient d’autres projets , nous mettre rapidement dans la rue, pour y être écrasés par cette charrette qui allait devenir ce carrosse conduit par ce bachelier de malheur, qui lui ! allait rafler la mise sur ce tapis vert. C’était cousu de fil blanc ,pour notre corporation aux mains ornées d’ongles négligés, au pantalon de toile à peine ajusté sur de solides souliers renforcés de métal, se serait au bout de cette route pavée de bonnes intentions , le grand bain dans cette foule de travailleurs basiques , peut-être! serait-ce pour certains ? Le naufrage vertical dans ce monde de brutes alcoolisées du matin au soir dans ces usines en plein air distribuant les avertissements aux plus téméraires en revendications .

          Etant en déliquessance pour ces œuvres manuelles , la direction fraternelle des pères ecclésiastiques , genres de Judas inféodés au Père supérieur regardant plus nos cuisses mises en valeur par le saut à la corde ou le désabillage dans ces vestières minables  , me proposèrent de prolonger durant ce mois de Juillet , mon apprentissage, en gardant les classes , vides de tous leurs sujets .Je réalisais parfaitement que je n'étais absolument pas doué , pour l'outillage manuel , mais plus pour l'écriture , trop tard pour reculer ou revenir en arrière !! Nous verrons , que , beaucoup plus tard dans la vie , il suffira d'une seule personne pour me mettre le pied à l'étrier , et vous faire confiance , pour , en fait ! sauter sur le tremplin proposé .C'est dans un autre chapitre , un peu plus loin , soyez patients .

             Quelques compagnons de route , tous chauves allaient devenir de vrais ébénistes capables de reproduire Jésus sur sa croix, merveille de délicatesse envers ces curés avides de voir leurs protégés envahir cette salle de prières consacrée , tout cela , grâce à nos professeurs émérites . Je m'étais forgé de solides amitiés auprès de certains élèves , que je retrouverais beaucoup plus tard ,soit mués en professeurs , soit en hommes politiques dans ces petits villages de notre campagne Français, labourée à longueur de journée par ces paysans récolteurs de pommes de terre , ou tout bonnement en coureurs cyclistes ,portant le courrier chez PTT et tranquille pour rassure ces millions de gens les attendant sur le pas de porte .J'en reparlerais quelques lignes plus loin . Mais voila ! arriva ce qui arriva : le fameux MAI 68 !!!!!!!

        La véritable chienlit comme le clamait haut et fort notre Général de Gaule , alors président de cette France d'après-guerre . Le "bordel" excusez-moi pour cette expression , mais cela l'était ‘il vraiment ? Le Français ou Gaulois de souche ,si vous préférez , jusqu' ici en soumission complète, allait devenir le missionnaire de la révolution culturelle de (faites l’amour pas la guerre) , capable de soulever les gros et petits pavés de l'avenue de la République devenue cette bananière éclatée . Le mot d'ordre de grève général avait sonné aux rassembleurs ,sortes de clairons communistes de la CGT et consorts , un véritable tocsin résonnait désormais dans nos têtes . Nous étions en marche vers une émancipation !! mais ,pour quelle liberté ? Créer ? entreprendre ? mais surtout réclamer notre part du gâteau , sorte de tartre à la crème entreposée , sous bonne garde , à la banque de France par des militaires en service commandé ,encore recouvert de la bure des années 14 et, affublés de ce fusil d’assaut à un coup qui ne fonctionnait pas toujours .Les récalcitrants à l’ordre public allaient donc d’une seule voix affronter ces petits garçons qui ne faisaient que leur service militaire obligatoire . Et bien non !! cet état Mérovingien allait produire la pire armée pour un salut rédempteur de cette foule en délire .Les fameux CRS assortis par mes compatriotes d’un deux (s) affligeant de tristesse .

La vie simple..Mai 68.page.02.

                        Nous, infortunés lycéens lancés dans cette diatribe générale , subissions plutôt qu'agissions .Entre temps , j'allais à la pèche aux gardons , avec papa , devenu ! lui , simple jardinier dans cette nature si belle de ce mois de Marie .Ce père , trouillard de nature (illustre inconnu chez les FFI , non encarté au FLN ) , Gaulliste jusqu'à la moelle épinière , ne participait à aucune manifestation , attendait ! par contre , de pied ferme , une meilleure considération pécuniaire sur sa fiche de paie , appelée à l'époque : quinzaine . Plus d'école du tout , un mois de vacances forcées , des démonstrations de forces de la base syndicale en direct sur ce téléviseur devenue couleur le jour , carrément blanc le soir ,pour regarder l’excitante Bardo en petite culotte de dentelles , dans les films de Vadim qui sortaient à la queue leu leu dans les cinémas de quartiers ,pour devenir le ronron quotidien rapporté par les journalistes de l'époque , tous à la solde de ce pouvoir incroyable , composé de centenaires séniles à la solde du nucléaire assemblé dans le pacifique .

                  Nous allions ,en ces temps troubles ,accéder à la couleur genre secam et non pal (réservé à la RFA qui allait prendre deux longueurs d'avance et ensuite , dominer le monde métallurgique ) , deux chaines , uniquement publiques inféodées à la cause parlementaire de droite dormant et, sommeillant la plupart du temps  .Ce fut la première fois que nous voyons ce sang couler ,il était rouge , on ne nous avait donc pas menti. Bellemare , Armand Jammot, Guy lux , Sabbag , Zitrone et tous les autres sauterelles arrivées par la promotion canapé de l'époque  , illustres personnages de l'ORTF déjà vieillissante , meublaient après les émeutes en direct , nos soirées agréablement avec de formidables jeux rassemblant cette masse populaire .

        Un MOIS !!! tout un mois à glander, nous la jeunesse baby -boomers n'étions pas habituée à ne rien faire , plutôt apte à recevoir de solides coups de pieds au derrière !! Mes parents, presque déjà vieux dans leurs têtes de citrons pressés , regardaient ce qui se passait devant leurs yeux , donnaient de légers coups de menton , pour dire ! allez-y les jeunes , casser tout , nous ramasserons les miettes après . Lisaient les dernières strophes sur le journal régional (Ouest Eclair, puis OF) entièrement dévoué à la cause du général de brigade , zieutant tout particulièrement les lettres écrites en très grand , celles vantant les mérites de ce gouvernement de brutes , payant grassement ces Compagnies Républicaines de Sécurité , avides de sang impur coulant dans nos veines pas du tout à leur gout de matraqueurs invétérés .

           Les barricades tenaient , ne fléchissaient pas , devenaient de véritables bastions défendus par les insurgés mal rasés ,soulés à l'alcool genre viin rouge épais , hommes et femmes se mélangeaient , allaient faire l’amour à la sauvette, en levrette ,ou par derrière entre deux soupière de soupe , et de petits noirs(café) posée sur des palettes de bois , gracieusement distribués par le limonadier du coin assiégé par les fumées, qui ne voulait pas couler dans un bain de sang qui s’annonçait de partout . Combien de mômes issus de ces fameuses barricades ? seules les sages-femmes le savaient ! Dany ! en tête de gondole sortira le carton rouge , puis rentrera chez lui en Allemagne compter les ultimes points de friction , pour devenir un indéniable discuteur de palabres à n’en plus finir ,dans les travées de ce Bundestag refait à neuf, après la déroute des Allemands de l’Est , pas républicains pour un sous .

            Cette vaste histoire de révolutionnaires de pacotilles , allait se terminer ,comme d'habitude , par un énorme  chèque en blanc , signé sur l'avenir de nous : les enfants de la patrie qui recueilleront ce fruit devenu enfin mur, sorte de revanche sur cet état incroyable de vétusté majoritaire à l’assemblée ! le premier ! mais pas le dernier dans cette France récalcitrante aux ordres établis d'avance . Le général de son bergoff à Baden Baden, entouré de ses généraux de la fameuse division Leclerc, (ne pas confondre avec ce petit épicier de landerneau qui deviendra par la suite un géant de la distribution impérative ) , notre commandant en chef à bord de son command-car ,dans son costume militaire deux pièces , reprenait les affaires en main , mais pas pour très longtemps , il sera impitoyablement dégagé dans de futures élections devenues démocratiques à la noix de cajou .Sa disparition quelques années plus tard sera la réconciliation complète et durable d’une France déjà fracturée,les français de souche allaient pleurer toutes les larmes de leurs corps, appladissant à tout rompre ce catafalque décoré de ce drapeau Français si décrié actuellement ,cette génération allait disparaitre corps et bien avec ses souvenirs.

           Une histoire se terminait , une autre allait commencer : la fameuse société de consommation , si décriée de nos jours par différents courants de mélasse engluées dans leurs contradictions hasardeuses d’un Co2 inconnu jusqu'à lors . Bizarre, sorte de fil rouge actuel pour une élite riche comme Crésus, qui n’en a rien à faire et continueras à voyager gratis au frais de la planète pourrie. Ce fut un monstrueux déferlement de consommateurs nouveaux , dans les premiers grands magasins , les feuilles de salaires augmentées de trente pour cent en moyenne, déchaineront la fureur de l'achat convulsif devenu la règle d'une population devenue intrangigeante et bète à la fois  .Ce fut le début du véritable crédit à la consommation à l’exubérant taux d’intérêts mirobolants, les banquiers en cols blancs ,derrière leurs rutilants comptoirs en or massif, allaient faires leurs choux gras de ce pauvres gens devenus subitement de riches personnage pas encore en caleçon. Leurs sbires et splendides secrétaires triées sur le volet adeptes du covoiturage genre promotion canapé ,allaient profiter largement de cette manne récoltée sur le dos de cette plèbe ,qui ne comptait plus ses sous qui finalement disparaissaient .

            Notre garde-manger grillagé , sorte de passoire à mouches , moustiques souris et moineaux , fut ! immédiatement remplacé par un réfrigérateurde marque  Brandt , la télévision s'agrandissait , s’alourdissait , pour devenir un véritable meuble à part entière dans la pièce principale qui ne servait que le soir et WE. Toute sortes de produits manufacturés produits en métropole remplissaient les nouveaux chariots de feu , l'ancien temps ,devenant de belles carrioles métalliques sur quatre roulettes , circulant avec fougue et vigueur dans les travées de ces grandes surfaces construites en périphéries de nos villes. Il était évident que les petits commerçants allaient souffrir et !disparaitre petits à petits , laissant la place à ces salauds de la grande distribution qui allaient caracoler en tête dans cette industrie complètement aléatoire.

        Notre salle à manger , utilisée que pour les réceptions familiales allait devenir notre salle à découvertes fantastiques , pour exemple : les premiers pas sur cet astre appelé Lune fut un énorme moment . Le téléphone composé d’un cadran futuriste ,faisant un bruit d'enfer en tournant ,allait sonner le réveil de la population primitive habituée aux signaux Indiens. Le combiné installé par un personnage agréé PTT ,ne sonna pas tout de suite , nous attendions ce fameux fil en cuivre, enfin , tout le confort pris le dessus sur cet âge de pierre qui allait devenir les trente glorieuses .

Mes premiers voyages en solo.

                    . Néanmoins, la mobylette ou le solex resteront  de mise pour nos déplacements de tous les jours, pas de permis, donc pas d'auto, même cette révolution syndicaliste ne nous avait pas donné ce choix de conduire ne serait-ce qu’un véhicule genre deux chevaux sur deux pattes, premier véhicule réellement moderne pour des déplacements au bord de la mer. Mais nous avions le train ! Gratuit sur tous nos trajets ,il allait me faire avancer dans mes voyages salutaires pour mon moi individuel.

            En fin d'année scolaire , le lycée me proposera contre menue monnaie de réactualiser les salles de cours , beaucoup de dégradations avaient ternies ces dernières , oh! pas encore de tags mais une bousculade de dernière minute avait affaibli le mobilier déjà vétuste qui ne demandait qu’à être remis sur pieds. Je touchais quatre cents anciens francs pour un mois de travail , c'était ma premier paye , évidemment net d'impôts !! un grand moment pour moi . Je demandais la permission de voyager , Maman , Papa furent d’emblée d'accord ,une réelle surprise. A peine dix-sept ans et ! partir seul pour l'époque c'était rare et inenvisageable pour beaucoup d’étudiants de mon âge . Mon sac à dos type scout , un réchaud , ma toile de tente , je fus dans un train direction le Pays basque . Pas de transport à payer , c'est déjà çà, mon minuscule pécule n'aurait pas suffi . Me voilà parti dans ce véhicule d'un autre âge , à vapeur jusqu’à Bordeaux, ensuite nous seront tracté par une des premières motrices à charge électrique.

           J'avais choisi la station balnéaire de Bayonne , plus précisément l'embouchure de l'Adour. Le camping de la plage, maintenant disparu depuis belle lurette , fera l'affaire ! pas trop cher , quelque francs de l'époque me suffiront . Le seul bémol c'était ! que ce dernier était adossé à une usine chimique de l'ère nouvelle , crachotant de multiples fumées nauséabondes, avec en prime de le poussière blanche poussiéreuse recouvrant plusieurs centaines de mètres à la ronde la surface de la terre, toiles de tentes comprises .La verdure n'était pas verte dans ces lieux , mais toute blanche , sorte de dioxine putride .Les verts ne se trouvaient pas encore aux marches du pouvoir.

        Mais ! j'étais en vacances , seul , en aout sur cette plage immense , balayée par des rouleaux monstrueux. Dans les années soixante, ce n'était pas la cohue de nos années actuelles ,peu de visiteurs dans ces contrés lointaines .Seuls , les possédants et riches rentiers partaient en vacances sur la côte d'Azur via la RN 7 , les moins que rien , comprenez les indigents , restaient à la maison ou dans leurs Hlm à regarder Guy lux à la télé . Rapidement , pas comptable du tout ! j'épuisais mon petit pécule , au bout de deux semaines plus d'argent !!! Il me fallait régler la tenancière de ce bout de terrain à l'abandon . Par le téléphone du bar , en Pcv , j'appelais papa , lui expliquait mon soucis pécunier , il fallait le lui demander à lui évidemment, maman serait rentré dans une rage folle.  J'en étais à manger des sandwichs au jambon de Bayonne , depuis quatre jours !! la gestionnaire me faisant crédit , sur ma frimousse d'angelot, je ne mourus pas de faim.

               Papa arrivait par le premier express venu , tout sourire , finalement ! restera deux ou trois jours ,en fait je ne sais plus très bien, à camper avec moi . J'avais retrouvé ce père , débarrassé de cette épouse tiranesque. Après tant d'années , que c'est dommage de l'avoir retrouvé si tard , j'étais presque adulte , prêt à quitter ce nid devenu confortable . Mais ! c'était sans compter sur elle , cette mère possessive à l'extrème.La suite me donnera raison ! Il acquittait mes douces petites dettes accumulées au bout de ces quatre jours d’errance .Nous pliâmes nos bagages , montâmes dans ce vapeur du retour , il était heureux, je le sentais bien, une photo m'est restée , lui ! ce père sortant de la petite canadienne deux places souriant à son fils le prenant peut-être pour la première fois en photo seul sans sa femme .Je n'ai absolument pas oublié ces instants particuliers , ce rendez-vous avec ce personnage effacé mais , si avide de récupérer et de sauver son fiston en voyage .

         Rentré pour la troisième et dernière année de lycée technique, la! çà ne plaisante  plus, les examens pour accéder à la vie active resterons très importants , c'est le message envoyé par nos profs . Je suis devenu indépendant , pas financièrement bien sûr, mais psychologiquement, parlant , il y avait du mieux. ha! si ça me revient ,invité par ma sœur et son époux , à Paris je faisais un voyage éclair , en train bien sûr . Tour Eiffel, musée de la Marine , zoo de Vincennes c'est tout ce qu'il me reste de cette visite organisée de main de maitre par ma grande sœur. Son homme , grand kinésithérapeute de réputation internationale travaillant à mi-temps , mettra les petits plats dans les grands , pour recevoir son plouc de beauf au pantalon neuf à pattes d'eff., payé par maman , débarquant de sa campagne bretonne .Mais je le savais, je n'étais pas de leur monde , et je ne le serais jamais . Cette découverte de la capitale , m'avait réellement enchanté .Je reprenais ce train , devenu diésel , cette ligne rapide , me ramènera en cinq heure à la maison . J'étais retourné dans mes rêves, oubliant les petits soucis quotidiens , pour voler au-dessus de cette campagne défilant à vive allure. Pour ma frangine ! c'était véritablement un conte de fée pour elle, Parisiennerive droite  jusqu'au bout des ongles , elle avait changée , devenue une citadine incroyable de modernisme ,habillée de tenues formidables , voyageant continuellement  autour de ce monde  . Je ne l'enviais absolument pas , je resterais ce cutéreux à vie , n'en déplaise à cette jeune femme devenue une cerbère de ce capitalisme outrancier .Quelques photos d'instamatic au format carré , me resterons de ces deux jolies journées , rien d'autre , comme d'habitude.Je la quittais une bonne fois pour toute j'allais rentrer dans un autre monde!!le mien!!Je m'interrogeais sur le chemin du retour,il était temps pour moi de me forger ma personnalité ,grand temps mème de passer à autre chose.............................

Une vie simple .// chapitre .07 l'Usine nouvelle.

       Je serais , dorénavant emberlificoté dans une sorte de boiserie industrielle qui ne me quitteras plus , durant plus de quarante-deux années , bissextiles comprises. Les examens de cette et dernière troisième année d'études approfondies en menuiserie , approchent à grand pas , sans aucun obstacle en travers de ma route linéaire . Comme un véritable moine , je vis en ermite , pas encore ressemblant à De Foucault , ce fantasque reclus du désert , mais calfeutré dans ma chambre , étudiant les dernières informations de nos cultureux et dictatiques professeurs en morceaux de bois rabotés .

       Je travaille dur , de la théorie à la pratique , il n'y a qu'un pas , la chance , ce petit mot pour dire en fait , qu'il faut la saisir ! au bon moment. Certificat d'aptitude en poche , document 21*29.7 dans ma poche , de justesse dans l'escarcelle , je vais être lancé dans cette carrière active , peut-être ? la meilleure possible pour moi . Je dis mes adieux à mes potes de ce lycée catholique , je vais franchir , avec regrets ,pour une dernière fois la grande porte de ce savoir indispensable pour une vie réussie. J'ai quitté une bonne fois pour toute cet univers dirigé par ces curés décidément rétrogrades , mais tellement indispensables à une culture générale de bonne qualité , adieu antiennes et psaumes , cette liturgie ne serait plus la mienne . Les scouts , les enfants de cœur ne feront plus partis de mon environnement sacerdotal , il le fallait , de toute façon , le travail allait m'absorber toute les jours de la semaine . Il s'en ai fallu de peu que j'intègre cet hémisphère de la pensée sacerdotale , unique en bétises consommées sur l'autel des fautes non pardonnées , mais ! je fuyais à très grandes enjambées cette invitation solennelle et personnelle ,que !

          Maman m'aurait bien vu en missionnaire des causes perdues , la bible comme seule lecture , l'épais missel de communiant perpétuellement devant mes yeux, oubliés,rangés dans le placard des objets inutiles . Sitôt sorti du lycée , mon oncle Francisco "le fameux peintre décorateur de notre maison " par son immense bonté sélective , me plaçait chez un fabricant de meubles rustiques , la société " cul des bouteilles vides ". Je découvrais un nouvel et incroyable esclavage , celui des heures interminables payées en salaires de misère. Ces hommes , véritables tacherons à l'ancienne , reniflaient des odeurs terriblement efficaces , pour désarticuler mes poumons immaculés , s'arque- boutaient sur leurs établis de bois de hêtre , plaquant la matière ,genre formica des années cinquante . Au bout de trois mois de ce collage à la néoprène sortie des usines chimiques de la vallée du Rhône , non recyclable , je rendais avec mon air chafouin , ma casaque de colleur sur contreplaqué Charentais . Ce patron , véritable voyou antédiluvien préhistorique , complètement ivre du matin au soir, rejoint par cet oncle venant prendre des nouvelles de son protégé , faisait peine à voir . Se tenant à peine debout , il titubait le reste de la journée , pour finir en véritable pilier de bistros , tout le reste de la soirée , son épouse attendait ce pauvre type , dans ce magasin de meubles rustiques .Mai 68 et ses doléances , n'avaient pas encore franchi les grilles de cet entrepôt construit de briquettes rouges complètement délabrées , occupé par quelques petits compagnons enchainés aux poubelles de ce capitalisme désordonné , c'était une sorte de mouton noir de la médiocrité artisanale .

      Je me mettais de nouveau à la recherche d'un job plus lucratif , attractif , dénué de colles dégueulasses .les parents ne furent évidemment ! pas du tout satisfaits de ma décision irrévocable , ce poste avait été donné par le beau-frère , celui qui avait réussi sa vie financière , mais , certainement , pas celle sentimentale . Tant pis ! j'avais choisi la liberté , la mienne , advienne qui pourras , je me lançais très activement dans ce néant encore chimère , de la recherche d'emploi , tout juste sorti des jupes de maman . Ce ne fut pas très difficile , une société des environs embauchait à tour de bras , des ouvriers qualifiés deuxième échelon . Je me mis en route à vélo cette fois ci , histoire de me dégourdir les mollets . Diplôme en main , je sonnais au bureau de cette entreprise de cette bonne ville de Bouzarde , cette dernière , parfaitement inconnue dans ma géographie personnelle , j'étais loin de le penser , allait être mon fil rouge durant une bonne partie de ma vie d'honnête citoyen .

        Un homme de haut gabarit , véritable géant, m'accueillit d'un  air affable , que cherchez-vous jeune homme ? du travail Monsieur ! Bon ! .. Rentre ! je passais le pas de porte de ces bureaux , peut-être ? l' antichambre de ma future vie active . Je découvrais de mes yeux grands ouverts , cette merveille d'entreprise , ses secrétaires toutes jeunes et magnifiques . Tout ce petit monde lucratif , bien organisé , tous assis derrière leur machines à taper les textes , avec une vitesse incroyable , qui !mine de rien, scrutaient , en douce , ce grand jeune homme habillé en coureur cycliste . J'étais , impressionné par ce luxe d’organisation , ce bruit de ces machines à frapper , l'odeur de l'encre, la multitude de feuilles bien classées , sur des bureaux bien agencés . C'était nouveau pour moi , je découvrais une véritable entreprise , sorte d'entonnoir à surprises .Le patron me demanda de le suivre et de m'assoir , je resterais debout , habitué à respecter ces adultes . Tout d'abords impressionné , je m'habituais petit à petit à ce merveilleux brouhaha .

        Il arrive dans la vie , de rencontrer des personnages formidables qui vous permettrons de réussir votre existence . Ce premier boss , véritable entrepreneur de qualité supérieure , en faisait partie , j'allais rentrer dans sa vie productive , contribuant à parfaire sa richesse intellectuelle et financière . Il ne fallait pas rater ce train qui passe , saisir cette aubaine , moi ! j'ai choisi , ce jour-là , définitivement mon camp , grâce à ce grand altruiste incroyable de sagesse et de bonté .Mon cœur sera du coté fabrication des richesses , je ne dirais pas capital ! ce n’est pas encore, mon bréviaire ,je n’avais pas encore ingurgité ces litanies d’un autre siècle à la Zola et, je ne le ferais jamais . Cela pourrait froisser certains syndicalistes habitués à porter ces étendards ,tous les samedi qui passent leur temps à  dire, que toutes ces conventions collectives ne seraient  que de la poudre aux yeux.

         J'avais , en face moi la crème des patrons d’industrie, je lui est certainement plu avec ma tête encore juvénile , pas encore syndiqué , je ne le serais jamais , j'ai en horreur ces soi-disante associations défendant les ouvriers, hébergeant de brutes malfaiteurs eux -mèmes ! cachés en solides bourgeois , grattant un maximum d'avantages .Il prendra le temps de me faire visiter cette architecture industrielle qu'était la menuiserie de l'époque : des machines ultra modernes , des ouvriers bien habillés , pas de ceux découverts précédemment lors de mon premier emploi . Au bureau , les secrétaires étaient belles , entièrement dévouées à ce patron , pour l'une d'elle peut être un peu trop , cela se voyait , j'en aurais confirmation plus tard . Ce chef d'entreprise , d'un âge avancé était certainement le bourreau des cœurs de toute cette armada de jolies filles copistes .

       Vous êtes disponible ? Oui bien sûr ! Vous commencez demain ! c'était le deux novembre ,jour de mon anniversaire ; tant pis ! Je viens . Le premier jour, arrivé de bonne heure (6h30) par le l’autorail , naturellement , je me présenterais au bureau du personnel . Réceptionné par le syndicat maison la CFDT . Il faut se tenir à carreau ,montrer patte blanche au responsable syndical . Impossible de rentrer dans la machinerie , sans signer sa participation coutumière dans cette ligue maison , pour moi une fédération syndicale ,c'est synonyme de mai soixante-huit , la chianlit ! Je ne suis pas d'accord ! Alors ,tu ne rentres pas !!La réponse est implacable , je finirai par accepter de laisser une heure de salaire par mois pour renflouer ces abrutis de petits chefs dictatiques au pouvoir néfaste ,je commençais mal , je serais catalogué hors champ . Je verserais finalement un mois de cotisation , la dictature ne passerait par chez moi .

   Je m'installais avec mes outils de technicien en menuiserie dans la succursale des portes et fenêtres , située dans un bâtiment adjacent, j’avais ,par chance, passé par-dessus l’usine à postes , à l'abri de ces bruits de machines gigantesques , jamais à l'arrêt . Cette marque , s’appelait le GIMM( groupement industrielle de manufactures de menuiseries( depuis pas mal de temps dépecée par de successifs rachats faisant la fortune de rapaces en tout genre ). Enormes mécaniques à fabriquer des ouvertures en bois ,plus tard en PVC , elle allait m'inventer finalement mon véritable métier : spécialiste des gonds et serrures, assembleur de petits bois . Composante importante dans cette France à construire des Hlm pour familles nombreuses , cette fabrique contribuait à vendre des ouvertures en bois exotiques provenant d'Asie du sud-est , plus exactement Indonésie , pour clôturer les trous béants percés par les maçons Portugais et Espagnols , gentils migrants venus pour construire les barres d'HLM si coquettes .Il est indéniable que cette forfaiture écologique avait contribué fortement à l’appauvrissement des sols.

   Mais ! il fallait loger la horde de petites gens qui arrivaient des campagnes environnantes pour y trouver ! comme moi un travail et après s’y loger dans ces niches à lapins . Le petit chef, un petit vieux de cinquante ans ,nommé Bernardino , le visage bouffi par l'alcool de mauvaise qualité , puant la gitane sans aucun filtres ,nous dirigeait le matin pas trop mal , l'après-midi complètement à l'ouest , finissait par s'endormir sur la petite chaise allouée pour reposer son corps affaibli par tant de labeur .J'aimais bien cette petite d'équipe d'ouvriers supers qualifiés , une ambiance corsetée de gros rouge , accentuait le moral de ces gars-là ,il ne fallait pas décevoir, lever le coude plusieurs fois par jour . Il faut savoir que dans le bâtiment, à cette époque chaque ouvrier avait sa "grappe fleurie "dans sa sacoche ! il fallait trinquer dur , être admis dans la confrérie des buveurs de ce gros rouge inavouable . Moi toujours à l'eau du robinet l'acceptait difficilement , je fini pas être ok avec tout ce petit monde , un verre ça va, deux ! bonjour les dégâts , c'était le slogan de l'époque . Un jour en dépannage sur un poste de l'usine de portes , on m'installa le long d'un établi de menuisier , avec un dinosaure face à moi. Ce fut EPOUVANTABLE CAUCHEMARDESQUE ! j'avais un chiqueur à moins de cinquante centimètres de tablier libre de toutes salissures . Ce bonhomme certainement aveugle, m'envoyait sur mes mains , mes poumons , mon habit tout neuf , des crachats, sortes de glaires collantes . Au bout d'une heure , je fus transformé en calamité collante , je vomissais de honte , lui, continuait à jouer du ciseau à bois . Mon bleu de travail , n'était au bout de quatre jours, plus du tout une cote de protection, plutôt un meuble solide. Quand je l'enfourchais aux aurores , pas besoin de retrousser les manches tant elles étaient rigides, pas besoin de porte manteau . Au bout de ces huit jours affreux, je revenais dans mon cocon presque familial , les grappes fleuries remplacèrent les chiques. Je commençais à remarquer les jolies secrétaires, mais c'était trop tôt pour moi, maman était ma seule femme dans ma vie d’ aspirant . Elle hantait encore mon énergie fossile , rien que d'y penser cela me donnait pas envie d'une autre , j'étais calfeutré . Mais ! cela viendrait -il ? certainement tôt ou tard, je m’en fichais . Les filles me faisaient peur dans mon inconscient, j'avais eu deux femmes jusqu’ici, ma sœur , ma mère!! pas de quoi exacerber ce libido tout neuf , plutôt à couper toute envie de vagabondage sexuel , nul besoin de bromure , la chasteté fonctionnait tourte seule . Je finissais pas trouver cela normal , j'avais le temps, maman aussi , bien sûr , rassurée d'avoir son chérubin , devenu un peu poilu , rester solidement à la maison . Son petit garçon devenu grand , resterais bien à sa portée de voix , pas des claques , quand-même ! 

La vie simple.appel militaire.....les trois jours.

                            Un jour d'avril , un pli aux normes RF. Aux couleurs Bleu/blanc/rouge , arrivait en recommandé. RDV aux trois jours de préparation militaire à Guingamp , centre culturel pour militaires en fin de carrière ,tous , anciens adjoints de l'Algérie Française .Mon père , heureux que son fils fasse son service ,jubilait de me voir prochainement enrôlé pour douze bon mois . Lui ! qui en temps de guerre passa les quatre années caché au fond d'un puit à la campagne , sous la surveillance de sa future belle famille. Je faisais les trois jours, les soi -disant docteurs en médecine évaluative me détecteront une infirmité de surdité à l'oreille droite , mais rien n'y fera , je serais bon pour le service signé, le sergent major .

        On me demandait quelle région ou pays pour ma destination, je répondis au hasard : la république fédérale Allemande ,une envie de découvrir les fameuses souris grises , je n'allais pas être déçu . Nous étions , à la file indienne , nus comme des vers , devant ces saltimbanques stratégiques en tactiques militaires , tous plus vicieux que les autres , ils nous rabaissaient plus bas que terre , se pâmaient de rires méchants devant les corps minuscules de ces futures recrues . Pour nous ridiculiser , ils soupesaient nos testicules , les allongeaient , les examinaient , ensuite le sourire au coin des lèvres, donnait une note . Pour , enfin ! nous donner un futur matricule . Cela promettait pour l'année de ce service désormais ! dans ma tête ! déjà programmé .Je reçu mon affectation de longue durée quelques temps après , j'étais affecté au 32 régiment d'artillerie à Stetten en bade- Wurtemberg . Le pôle nord , presque . Il me restait moins de huit mois avant ce fabuleux départ. Pendant ces derniers mois avant la caserne , j'allais économiser un peu d'argent ,partir en vacances en solitaire dans cette éblouissante ile de beauté qu'est la Corse .

            Pour l'ordinaire , maman continuait de m'habiller , j'avais horreur de ces grands magasins , essayer des dizaines de paires de chaussures n'était pas pour moi. Je préférais m'enfoncer dans ma solitude , lire ces romans à l'eau de rose , faire de la bicyclette . Mais le feu, mis au vert arrivait inéluctablement dans ma vie simple .

Ce jeune garçon sur sa mobylette..................

Une vie simple.//chapitre.08. le premier grand voyage

          Au fil de ce temps long , plein d'incertitudes dans ce clair-obscur parfaitement maitrisé , j'avais , en bon fils , pas encore père de famille , économisé pas mal de monnaies , comme mes parents , je serais peut-être ? cette fourmi toute ma vie , remplissant le plus durablement possible mon bas de laine décidément bien léger . Néanmoins , je dépensais sans compter , dans une consommation moderne et effrénée , adepte de nouveautés , je commençais à arpenter librairies et magasins de technologies nouvelles , en avance sur son temps .Je touchais et , adorais tous ces appareils compliqués , fabriqués en France puis , ensuite , dans cet empire Japonais qui avait fini par oublier la déroute d’Hiroshima puis ! finira par s'éveiller en Chine , comme l'avait prédit Alain Pierrefitte

     .Les années quatre-vingt ,gouvernées par des gauchistes imprévoyants , à la rose inpécuniere ,allaient finir de déconstruire cette fabuleuse France ouvrière , mais ! j'en reparlerais plus loin à l'occasion d'évènements imprévus . Il était , maintenant , temps d'ouvrir un compte à la banque , depuis cette obligation gouvernementale d’envelopper son argent non plus dans du papier journal , mais ! chez ces tenanciers de nos nouvelles fortunes .Le CREDIT AGRICOLE , banque des parents , logée dans un monumental immeuble , situé boulevard de la liberté de dépenser , un peu la rue de la Paix dans ce Monopoly incroyable qui commençait pour moi , mais bien réel .Ce refuge de capitaux , nous accueillait et , récoltait nos économies comme des fruits bien murs , avides de combler leurs ressources humaines et de se payer des salaires mirobolants . Etant encore mineur à cette époque , j'étais assisté par papa pour affronter la horde de ces cols blancs , tirés à quatre épingles , dans cette monumentale agence à quinze étages . Vous allez vous dire ? mais il est nul ce type, à dix-huit ans de ne pas être capable de se diriger tout seul ! La majorité étant à vingt et un an , il était inconcevable d'ouvrir seul , un compte bancaire en tant que mineur et oui ,l'ABCD de la vie , restait sous l'aval de nos parents , seuls , capables de dénicher la bonne affaire pour leur rejeton de fiston . Me voilà , désormais , dans cette antre financier pour ouvrir ce fameux compte courant , j'étais intimidé , mes premiers pas en tant que futur capitaliste furent hasardeux , poussé par Papa , je me glissais dans ces bureaux tout en marbre , acceptais et signais le formulaire tapé à la machine à écrire , par une horrible secrétaire à lunettes , notais tous ces numéros intelligibles pour moi . Pas encore de carte bancaire , Moreno ne l'avait pas encore inventée , uniquement ce carnet à souche , nommé chéquier . Devant ce comptoir rutilant , je me fis tout petit , impressionné par ces personnages financiers terriblement imposants de savoir compter à notre place , s'arroger le droit de nous confisquer nos économies de bouts de chandelles . Une sommité de la bureaucratie du troisième sous -sol , bureaux trois cent sept , me fit signer quantité de papiers avec l'entête de cet établissement bancaire reconnu incassable .

          Papa me disait pour me rassurer , que le crédit agricole , la banque des fermiers , c'était du solide , car rempli de milliards de Francs Nouveaux , véritable monnaie structurelle pour une patrie moderne . Un carnet à souches détachables , me fut délivré avec mon nom et prénom , mon adresse chez papa , je jubilais , plus besoin de monnaie lourde et encombrante dans ma poche . De toute façon, mon employeur virait le salaire directement sur un compte, c'était la nouvelle loi obligatoire depuis peu ! de plus ! nous étions payés en fin de mois , plus à la quinzaine dans cette enveloppe non cachetée . Nous sommes revenus ensembles et , pour la première fois , nous nous sommes arrêtés au bistrot du coin , pour fêter ce nouveau départ .Sur le zing , nous furent servies : deux bonnes bières bien mousseuses de chez maitre Kanter ce fut notre petit secret à nous deux ce soir-là , devant la patronne de ce berceau familial , ainsi ! Devenait un début de liberté pour moi .

      Arrivaient à grand pas les congés annuels. Nous avions trois semaines , entièrement disponibles en aout .Mes premières vraies grandes vacances pour moi tout seul . Qu'allais-je faire ? surtout , ne pas rester à la maison , les virées à Saint-Malo et les parties de pèches sous le crachin , me devenaient illusoires et compromises dans ma tête de jeune homme désormais riche d'un compte bancaire . Je pris la décision de me faire un grand voyage , découvert dans ma géographie personnelle , je choisissais le sud de cette France si vaste , sur une ile plus précisément .Il me fallait me faire un grand coup de Trafalgar dans ma tête , carrément aux antipodes de ma Bretagne natale , m'injecter le gout des grandes sorties ,libre comme l'air , face à moi-même .

          Le département de la Corse ( anciennement le numéro 20) fut ma destination envisagée . Il ne faut pas oublier qu'en étant mineur , il me fallait l'accord parental , je l’avais grapillé grâce à mes revenus désormais acquis .Je me préparais au départ , dans l'allégresse générale (la mienne évidemment ) .Tout d'abord le moyen de locomotion ! ma Motobécane blanche , toute neuve, au phare carré fera l'affaire , avec quelques modifications , je pourrais gravir les cols vertigineux de cettte ile aux trente mille virages , berceau de la course automobile . J'avisais le garagiste du coin pour bidouiller le moteur et le pot d'échappement . Quand je revins à la maison, avec cet engin monstrueusement bruyant ,mais filant le quatre-vingts , je fis sensation auprès de mes petits copains devenus grands , qui eux partaient tous , au bord de la Vilaine pécher la brème . Ils étaient, je pense un peu jaloux de ma liberté , eux c'étaient encore le centre aéré avec tous les ploucs du quartier . Moi la richesse de l'aventure.

            Le voyage ! attendez de voir ! compliqué ! d'abord la mob, les sacoches pleines à ras bord , le sac à dos avec armatures métal , la tente , le réchaud , un bidon d'essence en cas de panne sèche .L'engin , maniable , n'avait que très peu d'autonomie , quelques dizaines de kms . Je ne passerais pas par la Capitale , ne me voyant pas affronter le boulevard des maréchaux pas encore devenu la piste cyclable (signé Hidalgo) d'aujourd'hui pour parisiens aux heures de pointe . Je me présente à la gare SNCF que je connais comme ma poche , mon fricot sous le bras gauche , le volant au droit , direction Redon , ensuite , changement de micheline direction Nantes , toujours avec le barda en bagages accompagnés. Au moins quatre heures d'attente pour Bordeaux , largement le temps d'arpenter les pas perdus de cette gare entièrement métallique . Le train de nuit est à l'heure vers vingt-deux heure 03 , rechargement du barda , en vitesse , le chef de gare a déjà sifflé le départ anticipé , ce n'est pas une sinécure , faut être jeune !! je le suis (17.5) !!

       Pas de couchettes pour moi , un siège de compartiment fera l'affaire , partagé par une ribambelle de gosses bruyants , quittant la Province , le cout ! nettement moins onéreux , m'avait décidé pour ce mélange d'odeurs s'évaporant de ces gens simples . Jusqu'à la Rochelle , j'aurais droit à la cantine laiteuse , distribuée à la vue de tous les voyageurs , sans aucune pudeur , par cette maman fatiguée , offrant tous azimuts , sa grosse poitrine à l'assemblée présente , et ! donnant son lait tout chaud , à son laideron de bébé tout neuf . Nous passerons Bordeaux , sa gare déserte , ensuite la ville rose , re -déchargement du barda , ça va ! rien d'égaré , direction Nice la cité des anges , mon rêve absolu , découvrir cette promenade des Anglais , marcher sur ces galets bien lisses .

       Une journée, une nuit après le départ, débarquement sur le quai embouteillé de vacanciers aux mines hagards , perdus , avant le rembarquement sur un bateau genre porte -avions , transformé en énorme soute à bagages pour vacanciers pressés d'en finir avec la pluie du Nord  . Impressionnant ! Je suis sur une énorme embarcation remplie de voitures ,de camions et camionnettes , moi avec ma mob , je vais rentrer par l'arrière comme tout le monde , je serais le seul à pied , poussant à la main , mon cycle chargé comme une mule , pas mal de curieux au bastingage supérieur pour regarder ce jeune garçon affronter la mer houleuse dans son étrange équipage à deux roues presques à plat . Je ne suis pas fatigué,  tellement heureux d'être là , sur ce bateau puant le gros mazout , je respire la liberté , dans ma solitude j'ai, enfin , je crois ,avoir  trouvé mon équilibre .Je dénicherais , avec mon barda une place en plein air sur le pont supérieur , à cette époque , les prix sont tellement exorbitants pour un tarif cabine , que j'ai préféré voyager dehors , la grande bleue comme seul spectacle vivant , le soleil couchant me fera son clin d'œil habituel , comme sur les côtes Bretonnes , c'est le même , j'en suis certain maintenant .

             Je suis en bonne compagnie , un couple véritablement amoureux , se congratule près de moi , je les envie ,mais ! je me suis déjà renfermé dans ma solitude . Mon alimentation reste sommaire , quelques quignons de bred (pain en argot), un peu de jambon fumé , tomates , pommes , chocolateries , finiront dans mon estomac et le resterons bien sagement jusqu'au port de Bastia. C'est la première fois de ma vie que je voyage aussi loin ! Je suis seul et déterminé , un peu sauvage, riche de mes pensées,  tellement béat , comblé, et paisible à la fois devant ce paysage majestueux et merveilleux . Moi , le petit breton sur un bateau avec tous ces gens ! Je m’endormirais comme anesthésié par cette atmosphère fraiche de ce soir mémorable , coincé entre mon sac et le bastingage bien collant d’embruns , je rêve au décor à venir demain matin , la Corse. En véritable homme de l'Ouest , je ne serais pas malade , mon corps désormais apaisé , flottera au gré des mouvements de ce tentaculaire bateau .

        Il est sept heures , pas trop réveillé , couvert de suie , je vois défiler ce Cap montagneux dans la brume d'été . Je devine ces échancrures dans cette côte sauvage , une route sinueuse la contourne . Une vraie dentelle de roches et de falaises se dessine à mon regard stupéfait de découvertes , des découpures, d'entailles profondes sillonnent cette montagne majestueuse. Un coup de sirène retentit des profondeurs de ce bateau , c'est Bastia , notre port d'arrivée . Vite ! mon barda, il est quand même lourd , pourvu que la mob supporte tout cet attirail et moi avec . Plus tard , dans ma vie future , j’aurais!  accompagné , de multiples occasions de revenir dans ce sublime paysage . Débarquement sur cette ile ! pas trop de foule uniquement les voyageurs de la nuit , eux ,filent vers une destination certainement prévue d'avance , locations , hôtels de la plage vont retenir ces vacanciers pour quelques jours ou semaines . Pour moi , c'est l'aventure ! c'est extraordinaire de découvrir pour mon âge, ce décor vivant dans ce soleil naissant .

     Je me paye un supplément , désorganise déjà , un peu , pas trop, ce porte-monnaie minuscule de sobriété, un petit déjeuner complet avec croissants au bar du port . Quel accent !! ils ne parlent pas français ? je suis bien en Corse ? , c'est la langue de chez nous , me rétorque le serveur pas réveillé ! va falloir s'y faire à ce langage d'un autre temps. Petit à petit l'ambiance change, le bruit de cette petite ville va s'amplifier, devenir brouhaha. Il est temps de quitter ce patelin, j'y reviendrais plus tard. Il est temps de partir à la découverte de cette ile de beauté.

Une vie simple .// chapitre 09.Une première rencontre.en Corse . Julie ..

                   J'examine , en véritable baroudeur , la carte routière , de long en large , le guide vert de chez Michelin me sera utile pour décortiquer les endroits à visiter , cette ile me semble véritablement immense et !surtout pentue de partout , inaccessible dans l'intérieur pour le simple marcheur que je suis, ma Motobécane débridée pourras grimper tous ces cols ? , j’en suis persuadé, quitte à la pousser sur ce macadam chauffé à blanc par une température frolant les quarante degrés.

               Sur la table de ce bistrot , ce limonadier à l’accent du terroir , me donneras quelques conseils pratiques , me suggérant de faire le cap d'abord , pour vérifier la solidité de la machine . Sorte de gros rocher planté dans la mer Méditerranée , détaché il y a quelques millions d'années de la côte d'azur , il me sera facile d'en faire le tour en une journée.  Aux jumelles , dans la brume de mer , j'apercevais cette fameuse Ile d'Elbe , connue dans le siècle Napoléonien si méprisé par cette nouvelle génération de Jupitériens .Ces montagnes vont me donner du fil à retordre , surtout à la bécane , si bien réglée soit-elle , il va me falloir pédaler ou la pousser dans les cols . Les 49 cm cubes vont être à la peine , le pot , modifié, va cracher de la fumée .Tant -pis , j'ai décidé ce projet , je suis à pied d’œuvre maintenant , il va me falloir résister à la tentation de rester dans un coin trois semaines durant , à gober les mouches ou ! à méditer sur ma situation précaire .

            J’ai prévu de faire ce cap , en direction du nord de l'ile , ensuite , de redescendre sur Saint Florent , d'atteindre Bastia par ce col de Téghimes haut de quelques centaines de mètres. Ravagés par les feux successifs , ces parages sentent le charbon de bois , sont désolés , désertiques , ils n'invitent pas du tout à s'arrêter . Cette mobylette est trop chargée , au fil du voyage , elle deviendra poussive , puis réellement pénible . En avant toute , ça va pas , trop de bruit , le pot résiste .En prime ,comme sur une véritable carte postale en couleur , les villages et hameaux défilent , quelques photos avec mon instamatic plus loin , je passerai Erbalunga , Sisco avec sa baie sympathique , pas encore "squattée" par ces monokinis intégraux   .

           Direction Centuri , son cap balayé par des vents puissants.Je file à plus de soixante-dix à l'heure dans les descentes , à quinze maximum et péniblement dans les montées . Mes cheveux longs blonds flottent derrière moi , dans le vent , j'adore !! (C’est la mode) , je respire à pleins poumons , avec allégresse cette liberté tant attendue , je suis déjà ailleurs , loin de tout, absent, mais si concrètement présent dans ma tête . Je vais crier ma joie , en sourdine , surtout ne pas passer pour un dingue , Hippie de la première heure ayant raté les grands rendez-vous de cettte ile Anglo Saxonne de White . Pour les cotes , c'est plus difficile mais , les descentes sur ces routes sinueuses sont un régal , je prendrais pas mal de risques ,au diable le malheur, je vi intensément cette incroyable aventure . La route est quasi déserte , le bitume déjà en ébullition , rien que pour moi , pas trop , pas encore de touristes , il est tôt dans cette journée mémorable de nouveautés .

                             Je déjeune sur la plage sombre d'Albot , ancienne mine de cailloux noirs , abandonnée et laissée en l'état . Le paysage est sublime , je distingue , au loin , déjà , ce fameux désert des Agriates,vaste étendue sans promeneurs  . Un peu plus tard, le soleil couchant va m'accompagner de ses rayons d'une douceur sublime , vers le village et , enfin le seul camping de Saint Florent, celui que je retrouverais quarante années plus tard , rempli de bengaluw en locations saisonnières . Ce dernier est vide , ouvert depuis peu , il se remplira certainement après . La canadienne vite montée , je soupe rapidement , je file vers cette plage de sable fin , ce n'est plus un rêve, c'est la réalité , je m'endormirais à même ce sable , seul au monde , enfin presque,de gros lézard de couleur verte viendrons me rendre visite dans la nuit et se fourrer dans mon duvet.

        Quand , quelques années après , nous aurons l'occasion de revenir sur cette plage, ma "celle que j'aime" récoltera une quantité de magnifiques coquillages enres portes-bonheur  spécifiques à cette partie de la Méditerranée le fameux :" l'oeil de Sainte Lucie".( Voir chapitre additif suivant). Demain ! c'est jour de repos surtout pour la bécane. Elle a souffert sur cette route sinueuse , mais les nombreux virages l'ont véritablement aguerrie. Le surlendemain je repartirais , à l'assaut du col de Tecghime , direction Bastia , pour descendre vers la plaine .

        J'envisageais de traverser l'ile de part en part , pour aller visiter La patrie de Bonaparte , Ajaccio bien sûr, les Sanguinaires , la Panata, descendre profondément dans les gorges de la Spélunca. Si je me souviens bien , j'étais en train de bricoler ma bécane chauffée à blanc , face au port, sur la grande place de Bastia, endroit de prédilection pour des rencontres savoureuses de Corses en délire . Les mains barbouillées de cambouis , je détournais mon regard l'espace d'un instant . Une jeune fille aux cheveux noir d'encre m'observait ,de son banc ,livre en main . Suis pas sûr ! mais , je pense avoir fait les premiers pas , peut-être elle ? peut-importe, bref , nous voilà assis l'un à côté de l'autre sur cette assise dans cette bonne ville Corse qu'est Bastia.

                     Elle se nommait Julie , une fille de véritables insulaires Corses , pas des bandits quand même ! Mais une Corse ! vraie de vraie sortie de la cuisse de Jupiter  . Je lui racontais mon périple à travers l'ile ,nous échangions , moi ! le Breton elle ! la Corse . Je devais l'intéresser quelque part , car elle m'invitait , un peu plus tard dans son village plus au nord . Elle en bus , moi sur ma machine infernale , nous rejoignîmes ce village perché sur les hauteurs de la baie de Sisco . A cette époque , dans la fin des années soixante , il y a très peu de visiteurs , les plages sont encore presques désertes ,parsemées de moustiques piquant la moindre parcelle de viande pas protégée. Sisco , adorable écrin minuscule dans une pinède extraordinaire , incrusté dans cette montagne , était ce village vraiment gracieux , des habitations en pierre de taille , mais pas encore de résidences secondaires , meublaient ce hameau désertique .

       Nous y sommes beaucoup plus tard , revenus en couple , j'ai retrouvé ce coin de paradis! complètement changé . Le tourisme de masse étant passé par là , le béton conquérant avait remplacé la furète .J'installais finalement ma canadienne dans le jardin de ses parents . J'allais y stationner (non prévues au programme) cinq bonnes journées . Julie me fit découvrir sa montagne à elle , ses recoins secrets , une cascade avec son petit laquet vert émeraude , la plage de sable fin . Je déjeunais avec cette famille sympathique , visitais les environs . Je dormais bien sûr ! seul sous ma tente. Le matin elle me rejoignait , je ne vais pas vous cacher, que ce fut dans ces moments que je passais du garçon à l'adulte , sans aucune ambiguïté , je serais sage comme une image genre carte postale inoubliable .

         Je savais , pertinemment , que cela ne resterait qu'une simple rencontre , de ces moments me resteront un peu de douceur , mais ne déstabiliseront pas ce garçon si habitué à sa vie en solitaire .Je n'étais absolument pas préparé à une vie différente , autrement que la mienne , il fallait me retrouver en tête à tête . Nous échangerons pendant quelques temps , quelques lettres courtoises , amicales , douces , mais jamais trop alambiquées de projets futuristes , qui finiront par s'estomper au gré de mes humeurs et de mes souvenirs évaporés . J'en garderais de cette rencontre bienveillante , une petite photo genre photomaton ,que je conserverais  précieusement dans ma caisse à souvenir partagés , qu’est-elle devenue ? Je ne le saurais jamais .

        Mais le temps passait vite , trop vite à mon gout , il me fallait repartir . Direction le Sud et le col de Vizavonna , Ajaccio , col de Bavella avec sa vierge statue unique dans cet endroit formidable de beauté , Solenzara et sa chaleur continuelle . La bécane tenait le coup , heureusement ! À la fin de ce périple , au bout de ces trois semaines , le corps bronzé ,les mollets en compote ,je remontais vers le port de Bastia. Nouveau rdv de nouveau avec Julie , ma jolie brune , et puis kenavo ! je ne devais plus jamais la revoir .Ce n'étais qu'un flirt , cela n'avait pas fonctionné , je n'étais pas prêt. Pour l’aventure amoureuse, mon cœur n’avait pas répondu présent !! ........................

LA LÉGENDE DE L'OEIL DE SAINTE LUCIE.

                               En l'an 300 après Jésus Christ, à Catane en Sicile, arrive depuis Syracuse une jeune fille. C'est Lucie qui accompagne sa maman gravement malade d'un « flux de sang » incurable. Elles viennent prier à la guérison sur la tombe de Sainte Agathe (martyre en 254).

                                Par la suite, Lucie fait un rêve. C'est Sainte Agathe qui lui annonce la guérison de sa maman. Elle lui prédit aussi qu'elle sera une sainte vénérée à Syracuse. Lucie promet alors à Sainte Agathe une future virginité. De retour à Syracuse, Lucie se comporte en ultra chrétienne et se défait de tous ses biens.Toute entière tournée vers la prière, elle réalisa bon nombre de miracles. En réponse à cette dévotion, la Sainte Vierge ramassa deux opercules du Turbo Rugosa lui rendit la vue et lui donna des yeux plus beaux et plus lumineux ("Ochji belli e lucenti"). Son fiancé n'apprécie pas que tous les biens soient dilapidés (ni la virginité faut-il croire), il la dénonce comme chrétienne. Et à l'époque, 300 après JC, la chrétienté n'était pas religion d'état. Lucie est alors suppliciée : tirée par des cordes attachées à ses pieds, puis couverte de poix et résines que l'on enflamme, et enfin transpercée au cou par l'épée.

                            Lorsqu'on a goûté à la possession de l'oeil de Sainte Lucie, il est difficile voire impossible de s'en trouver privé. Et ceci est d’autant plus vrai que cet opercule porte-bonheur est censé favoriser la prospérité. C'est ainsi que le pratiquent les pêcheurs à Marseille : partout où il y a de l'argent, on verra un oeil de Sainte Lucie. Autre vertu, en Corse cette fois ci, il est censé vous protéger du Mauvais oeil c’est pour cela que depuis ces siècles il est porté un peu partout en Méditerranée en bague, en bracelet, en collier, en boucles d’oreilles,ou en pendentif serti en bijoux autour du cou.

L’œil de sainte Lucie et la Corse. Censé protéger contre le mauvais sort, en Corse cet opercule est régulièrement travaillé. Des matières nobles comme l’or, l’argent et le corail rouge de Bonifacio s'associent parfaitement à l'oeil pour en faire un bijou. Vous pourrez donc vous en procurer dans de nombreuses bijouteries de l’ile. Il se présente sous forme de bague, bracelet, pendentif, boucles d’oreilles ou même collier. Vous pourrez ainsi vous éviter des journées entières à chercher sans espoir sur les rivages de l'ile de beauté ce petit coquillage porte-bonheur.

Ma Jeep numéro 470....réelle rescapée du débarquemet du 6 juin 44...elle sera mon amie durant ces douze mois ...........

Une Vie Simple.// chapitre .10. Départ au service militaire.

                        Je relate des faits . Dans la nuit du huit mai 2020 soit trois jours avant ce premier déconfinement proposé par le maitre des horloges ,  je doute de ne pas pouvoir continuer à relater mes aventures lointaines . Ces dernières, si éloignées ,dans ces tiroirs entrouverts vont peut être se refermer à jamais ? Et si cette période néfaste de cette épidémie , et , si c'était un échappatoire dans mon subconscient ? Ecrire pour passer ce temps perdu ? .Maintenant , nous sommes le 30 Avril 2021. quoi de neuf ? docteur ! La pandémie ne c'est nullement arrêtée , ralentie ? oui ! mais pas oubliée . Maintenant que le vaccin est là , nous allons de nouveau souffler pour une liberté tant désirée , je l'espère ! nous l'espérons tous ! j'espère poursuivre mes narrations jusqu'au bout , relater ma vie le plus simplement possible , contrecarrer une éventuelle gripette néfaste pour 6 % des contaminés . Je reprend donc ,  cette histoire , la mienne . De retour de Corse, sans ma mobylette, tombée dans le port de Toulon , en fait , la béquille , tellement sollicitée dans les virages en épingles à cheveux , ne tenait pratiquement plus  , ballottait au gré des soubresauts sur cette route à nids de poules permanents . Elle allait lâcher le long du quai , heureusement ! rien d'important dans les sacoches , insensible à cette noyade mécanique , j'abandonnais mon héroïque et pétaradante équipière dans la Méditerranée , kérozène compris , quel sauvage j'étais ! de nos jours nous aurions fait venir la dépanneuse , levé les doutes sur mes capacités écologiques , j'aurais écopé certainement d'un avertissement de la maréchaussée désormais intransigeante et , surtout ! féconde en amendes distribuées .Me restant pas mal d'argent , je prenais l'express direct , en passant par Paris , le métro , puis la gare de triage réservée aux Bretons appelée Montparnasse la joyeuse . Il me reste quatre petits mois à bosser , avant de partir sous les drapeaux . Je suis revenu bronzé , la barbe avait poussée aussi , mais ! Le fait de partir dans un pays étranger me comblait de joie . Les préparatifs vont bon train , cette fois ci , j'aurais ma valise , et non pas mon sac en tissu . Ce dernier accroché définitivement , ne me servira plus jamais , de toute façon , les lanières principales ont lâchées dans le col de Bavella . Du coté de maman : rien , pas de saveurs particulières en sentiments partagés , la vie , à la maison suivait son court, papa repartait couper les grappes de raisins murs et bons pour la coupe annuelle , s'accoquiner de cette maitresse improbable , il ne me le confirmera jamais . C'était un taiseux de première , comme moi ! .Pourtant à presque cinquante ans , il était encore pas mal ! ce père , bien rasé de frais , cheveux bien coupés , comme mon grand-père avec son aguichante poule de luxe  .Mon père aurait pu ,lui aussi dégager de cette maison , fuir cette femme devenue obèse , absolument pas délicate en amour , simples vestiges pour lui , déposés sur l'autel de la méchanceté . Au retour des vignes , il m'accompagneras au train de nuit , Il me l'avait promis .Il a réellement changé depuis l'épopée de Bayonne . En fait , nous nous sommes découvert mutuellement , nous avons vécus un moment de véritable chaleur humaine , sous la tente . C'est ce qui manquera dans mes relations avec sa femme. Je lui raconterais mon aventure presque amoureuse avec cette Corse ,appelée Julie , il me faut décortiquer le plus possible les tenants et aboutissants de cette rencontre fortuite , je découvrais un homme tellement désireux de savoir ce qui pouvait se passer chez son fiston . Ce moment de complicité , tellement proche , avec ce père si secret , me réconciliait à cinquante pour cent avec cette famille , malheureusement ce fut la première et la dernière réunion secrète entre nous deux , et c'est dommage pour cet avenir si court pour lui . Entretemps et trois mouvements , je fais la fête , je clame à qui veut bien l'entendre que je ne reviendrais plus dans cet univers métallique , un cadre, vénérable vieux singe à qui on ne la refait pas , dans cette entreprise ,me dira que je serais la , de nouveau dans un an , à cirer les chaussures de ce patron merveilleux . Il avait raison ce vieux "con" ! et heureusement pour moi ! J'ai déjà passé trois ans de ma vie ici, mais je suis avide de partir , tâter de la mitrailleuse 12mm , carburer à la bière Allemande , regarder ces grosses frolens de plus prêt. Les voyages forment la jeunesse me direz vous, c'est un peu vrai . Ha!! l'ordre de mission se trouve sur la table de la cuisine , pas ouvert ! les parents sont presque au garde à vous , avides de connaitre la date et le lieux d'affectation pour une libération définitive de cette maison, et de ma chambre si agréable , mes souvenirs de jeunesse vont passer en accéléré le temps de décacheter la missive , bleu blanc rouge .C'est la deuxième fois depuis les trois jours , que je vais ouvrir un pli de cette importance , capitale ! pour moi . Fébrilement, un peu inquiet quand même ! je vais décacheter ce plis en recommandé , il a le logo de la République Française , impressionnant pour moi , ce jeune homme presque inutile que je suis encore . Il m'indique la date de départ, la destination , Strasbourg , en Alsace à deux journées de train .J'avais bien commandé cette direction , ces gradés périmés de la guerre d'Algérie sortes de promoteurs de la carabine à un coup , m'ont écouté , ne m'ont pas refusé ce pays aux autobahns monstrueuses , libres de droits de circuler à toute vitesse . Le laisser passer ferroviaire , joint avec la convocation me confirme les horaires , également un bon pour un repas à la gare de l'est . C'est la première fois dans ma vie que je reçois ce genre de missive ! je suis réellement bouleversé , des larmes de solitude , sont arrivées sans prévenir , je ne suis pas loin de m'effondrer ,je suis seul d'un coup devant cet avenir pas encore programmé , je ne pourrais réagir , une médiocrité composée de timidité va m'emporter , la convocation  à la main , je vais le montrer à mon père , comprenant ma situation dérivante , maman viendras , ENFIN à la rescousse , me prendra dans ses bras costauds , musclés par tant de gifles balancées . Incroyable de vétusté , cet élan composé de dix sept années de misère sentimentale fera parti , de ces rares et énormes moments de joies partagées ,dans cette famille devenue d'un seul coup aimante ,attendrissante , le temps d'un instant ,d'une affection émotive , elle me repoussera rapidement , réfreinant son désir de me serrer plus longtemps , elle retournera à ses casseroles en cuivre , héritage de ses parents fermiers , préparer le repas du soir . j'en était tout secoué , je ne serais pas en mesure d'en dire plus , cet instant magique plus de soixante années plus tard , je le revis intensément. je ne m'y attendais plus du tout , mais ! c'était trop tard , j'étais formé et corseté dans une rigidité devenue durablement coutumière  . Je dois réellement partir sous ces drapeaux de cette formidable république ! partir loin de chez moi , loin de tout ! mon cœur est à ce moment la , en réelle survie. Maman comprend , et, pour la deuxième fois de la soirée , me serre dans ses bras .Certainement la dernière , après ce service , je serais devenu adulte confirmé serrant la main au lieu de faire des bises .Papa , d'une sensibilité extrême ne diras rien , se contenteras de serrer son mouchoir , dans la poche de son pantalon froissé , je le devinais à son regard , tourné vers la fenêtre . Il est fier que son fils parte au service .Il se fera un devoir de m'accompagner à ce train de nuit , ce train qui loupera au départ de sa fille cadette , partie en cachette .Je ne me souviens plus très bien de cette dernière soirée , mais elle fut certainement pathétique pour eux, leur fils en partance une année complète .Je me revois sur la photos pris par ce père triste ,moi , les cheveux longs sur les épaules , le bras droit lui faisant signe une dernière fois sur ce marchepieds dangereux , de ce tortillard remplis de conscrits . le fils était déjà ailleurs à mille lieux de cette famille , sa jeunesse débordait , définitivement , sur son anxiété de quitter ce nid presque douillet .Ce n'était pas le premier départ , pas le dernier non plus , plus tard j'aurais l'occasion de dégager d'une manière autrement plus compliquée , dans un prochain épisode mais nous y viendrons dans quelques chapitres . Dans ce train : que de futurs bidasses , je suis vite mis en conformité avec cette jeunesse dorée , insouciance Baby-boomers , certainement en état d'ébriété . Tous avec des cheveux longs , barbes et moustaches naissantes , quelques imberbes , couverts de boutons , sortis des jupes de maman seront durant tout le voyage , calfeutrés dans leurs coins , également pas mal de fêtards en quête de filles , raté ! ce train est uniquement composés de jeunes hommes et de bidasses en folie . Que des apprentis de la vie , futurs tirailleurs , conducteurs de chars , d'avions , de jeep US, de camions , d'engins militaires vieux comme le monde , véritables débris , conservés au prix d'efforts surhumain . A Paris , c'est une vraie pagaille , la police militaire ,casquée, gantée , habillée de cuir , de véritables molosses armés comme en temps de guerre , veillent au grain , bousculés , comme dans les tranchées de 14 , nous serons refoulés comme des brebis égarées , certains de mes confrères perdrons leurs sacs de voyage , le miens en piteux état tiens grâce à la ficelle ajoutée par papa . Nous prenons la correspondance vers Strasbourg , gare de l'est . La ! ce n'est pas un train de voyageurs lambda , c'est un vrai bordel roulant ! le contrôleur est vite débordé , c'est déjà la caserne en folie ! Il se fera piquer sa casquette en carton bouillie , cette dernière finira par la fenêtre ouverte aux fumées de la locomotive . Après cinq heure à vitesse d'escargots , sur ces rails tordus , nous arrivons à Strasbourg , c'est un endroit sinistre , sombre , entourés de fumées noires , comme dans mauvais film , nous déambulons le long des quais bondés de jeunesses un peu fatiguée , serons vite catalogués et dispatchés pour de futures destinations .Ce n'est plus la même musique , les militaires , casqués , énormes lunettes noires , mitraillette en travers le buste , en uniformes impeccables , aboient littéralement sur nous . Nous sommes obligés de courber l'échine , envahis de crainte , notre jeunesse est en train de s'évaporer , nos yeux ne regardent plus que ce sol , pendant une année il le resteront , la véritable musique de la vie assiociative commence . Sur ce quai noir de jeunes gens , c'est la bousculade vers la sortie , on nous pousse vers des cars militaires de couleur verte , "transport d'enfants" est inscrit le long des vitres fumées . Mais c'est presque la guerre ? ici ! Non ce n'est pas la guerre , mais la toute puissance militaire , remise en selle par ces Américains , depuis la victoire de quarante cinq . La toute grande puissance de notre armée Française , enfin je verrai plus tard l'inexactitude de mes propos d'inculte en matière militaire . Après franchissement de cette frontière , sur ce fleuve énorme , le Rhin ! Je suis enfin dirigé, plutôt catapulqué vers le bus me concernant , direction : la RFA , çà je le savais déjà , mais l'adresse précise nous est donnée à la dernière minute . Direction Kiel de l'autre coté du fleuve , sombre , géant , ensuite après quelques heures de routes Allemandes , le village perdu dans la steppe couverte de champs vides de cultures, mais plutôt recouverts de givre : Stetten AKM. Un bled en pleine foret , dans le länder nommé : Bad Wurtemberg. Ma première surprise , au petit jour , je découvre un pays étincelant , propre, aucune saleté sur les bords de ces routes. Par rapport à notre pays il n'y a pas photos . Nous déposons à plusieurs reprises plusieurs grappes de jeunes gens endormis . Nous continuerons de filer dans cette campagne noire de forêts impénétrables . Tout le monde descend ,enfin ,  nous sommes , brusquement réveillés de notre torpeur par un gradé , genre petit chef minable ,flanqué d'une grosse bedaine à bières . Avec nos sacs et valises direction , à pied , la grand place de la caserne , il est sept heure du matin , un deux décembre. Il fait un froid à pas mettre un bidasse dehors , certainement largement en-dessous de zéro ! Premier ordre , il faut vider nos bagages sur ces pavés de granit . Il faut se déshabiller également . Nus comme des vers , direction les douches , tout ce petit monde au dépoussiérage , presque gazage obligatoire de toutes nos puces et, insectes indésirables pour ces militaires de carrière .Personne ne bronche , nous sommes déjà contaminés par la magie militaire , organisée de main de maitre par ces trouffions engagés pour faire chier . Toute la journée séance de tonte (cheveux , moustaches et barbes passeront au rasoir à tondre les brebis ) , de piqures multiples et diverses traverseront nos muscles sans vergogne , à la queue leu-leu , des palpations saugrenues seront au programme des vicieux de service , des montagnes de poils s'entassent . Dans ce dernier quartier de jour , il nous est adressé la direction à prendre, un immeuble vétuste ,la , nous ferons nos classes ,deux mois à apprendre les joies et la dureté de la formation militaire. 

la vie simple .// chapitre onze le service militaire.

                              Les classes , en jargon militaire , en fait , se trouvaient êtres cet apprentissage forcené , dans un temps réduit , de quantité  non négligeables de civils , genre bouseux arrachés à leurs campagnes , pour ètres formés en véritables et futurs bidasses enrolés par classes d'àge , (pour moi ce fut la 72/12..année/mois ) .En attente de confirmation cabalistique par une hiérarchie ordurière de piètre qualité , ils allaient à leur tour , remplacer les classes en partance vers le retour tant attendu . Pendant deux mois complets , nuits comprises , nous allions apprendre à marcher , à courir , la droite ,la gauche , seront les principaux marqueurs de ces soixante jours d'épreuves , à obéir aux divers ordres lancés , souvent par porte-voie .Assister aux couleurs, sera une obligation majeure , gage de salubrité nationale envers ce pays formidable  pour ses jeunes recrues . Tirer au fusil à un coup , au pistolet mitrailleur , en fait ! à se débrouiller en cas d'attaque par cet ennemi invisible . Mais quel ennemi ? Belligérant nommé d'office , le Russe (URSS de l'époque en pleine guerre froide ) sera notre principale contradiction dans les manuels militaire du savoir faire pour la future  troisième guerre mondiale .Elle sera à toutes les sauces durant mon année de marche forcée vers une gloire inespérée  . le Boche , sortes de zouave antique , étant à l'arrèt forcé depuis la fin des hostilités en 1945 , nous étions chez eux (chez nous ) en occupation territoriale , de ce fait , nos officiers imbus de leurs petites personnes ,donnaient le maximum de puissance à cette France de ronds de cuir à Paris .Obsolète en pouvoir , mais pas en matériel de premier ordre , cette armée de cette RFA  renaissante et toute puissante devenait confraternelle depuis le rapprochement saisonnier entre  notre chefs gouvernementaux . La caserne franco - allemande était en superficie , immense , logeant une multitude de soldatesques modernes , bien équipée coté Germanique . Nous , les Français avions gardé de misérables habits de couleur indéfinnissable de ce ton kaki si affreux à regarder et à repasser , le soir dans la chambré endormie , mon corps rompu de fatigue accumulée . Le monde des poilus à la barbe hirsute avait , néanmoins disparu , resteront définitivement dans les livrets d'instructions , dans ces livres d'histoires terminées , et montrés sur toutes ces placettes de villages dans nos campagnes . Laissant la place à de valeureux hommes vêtus de plastique , astiquant leurs armes diaboliques de modernismes , ils donneront leurs noms , leurs marques indélébiles sur ces armures métalliques de ces engin de morts roulant à toute allure dans ces camps d'entrainements . Des chars , modèle tigres sophistiqués , lourds de plusieurs dizaines de tonnes , coté Allemand , des fusées sur camions à roues ,complètement obsolètes chez nous , accentuait le décalage entre les  deux formations devenues alliées  . j'aurais l'occasion de faire un tour de piste sur un extraordinaire tigre , certainement pas de papier , mais en véritable acier de la Rurh , cet arsenal guerrier m'avait , le temps d'une petite heure , explosé à pleine figure , le décor , dans cette caserne était dantesque , composé de fabuleux outils de mort , les Ruscoffs n'avaient aucune chance en cas de conflit majeur , c'était la ritournelle composée à longueur de journées par nos officiers d'active .Nous ! les trouffions de la dernière portée,  regardions cet arsenal ,complètement ahuris de stupeur . C'était à se demander , qui ! avait gagné la dernière guerre ? .Ces Allemands , eux , de leur coté , c'étaient refait une santé , avaient une armée extraordinaire de fonctionnalités , habillés comme des princes , les petits soldats ressemblaient à nos dirigeants . Nous , simples soldats , étions dirigés par de petits gradés mal instruits , sauf à aboyer incessamment contre nous , issus des guerres d'Indochine et d'Algérie , ils ruminaient leurs défaites subies par de braves gens sans espoirs de conquêtes  . Ils avaient, gagnés dans les Aurès , leurs galons à flinguer les Fellaghas récalcitrants à la mode Marseillaise  . Les trois quart du temps illettrés, sous-fifres insignifiants , ils nous faisait rires à gorges déployées devant leur misérable niveau intellectuel plus bas que le niveau QI réglementaire . De pauvres types en fait , garés comme de vielles casseroles inutilisables dans cette caserne défraichie (coté Français ) .Sur la place d'armes , au centre de cette armada musclée , quand nous étions appelés un par un par notre nom et , matricule , c'était , tragiquement comique ! incapables de nous parler en bon français , c'était du délire , pourvu que le futur conflit n'arrive pas , avec cette bande d'éclopés du ciboulot , aliénés à la mitrailleuse lourde(12.7 ,pour les connaisseurs ) . Je commençais de façon anormale , mes pieds ne pouvaient absolument pas répondre au son de ce clairon , je mélangeais le droit et le gauche , normal je n'avais jamais été encarté à quiconque . Après d'interminables tours de ce circuit poussiéreux , avec mes compagnons , je réussissais , enfin ! à équilibrer mon corps de jeune homme , avec la formidable tempête de jurons et diverses imprécations maladroites , qui s'abattait sur nous , je rentrais de ce rang bien aligné , défilais impeccablement , la tète relevée ,le béret bien ajusté , sur mon front dégarni , ébloui par tant de réussite . Pour les séances de tir , je visais résolument à coté de tout corps constitué , sur l'affiche du voisin tout proche , je détestais ce fusil simple coup , toujours enrayé , affreusement lourd , complètement obsolète de précision . Je préférais le pistolet , attaché à la ceinture en cuir , mais il fallait être au minimum sous -officier , n'étant pas bachelier , je n'avais aucune chance de grimper dans cette hiérarchie .Je garderais des séquelles dans mon oreille droite , devenue sourde après ces bruits diaboliques et intolérables à la fois . L'adjudant chef , sorte d'obèse affreux , malotru en paroles  , affublé d'une moustache fantasque , hurlait les ordres , les contre ordres, finissait par s'étouffer de baves grasse dégoulinant sur sa vareuse pourrie . Nous , les nouvelles recrues , visions les oiseaux , les branches d'arbres autour  de la cible , jamais celle  au centre , un concours de bétises accentuait le désastre de cette armée d'incapables à la gachette pas facile . Quand nous avions épuisées les cartouches réglementaires  , nous revenions à la caserne , nettoyage impitoyable de cet instrument de mort , puis la fameuse revue de paquetage , sorte de plat qui se mange froid , cet adjudant se repaissait de sa connerie de grand malade  . Ces salauds de sous officiers ,accourus en renfort , des gens comme nous , s'en donnaient à cœur joie , pendant des heures interminables , il nous fallait démonter cette démoniaque culasse , la graisser , encore et encore ,la  remonter , après l'avoir astiquée le plus profondément possible , pour le canon , ce fut un terrible supplice , engager mon œil dans ce trou long de plusieurs centimètres n'accentuait  pas une vision déjà bien entamée . Les marches forcées avec sacs remplis de cailloux , dans la neige , nous acclimataient aux futurs efforts d'une improbable guerre à venir dans la steppe Sibérienne (dans le manuel de guerre ) . Deux mois à en baver ! Au bout de ce laborieux exercice je suis affecté enfin ! comme chauffeur d'officier inférieur , un jeune lieutenant de qualité , gentil , fils de bonne famille , sachant parler en bon Français ,il  devint mon interlocuteur attitré durant ces longues randonnées motorisées . Confident lors de ces nuits passées dans les bois , ce dernier avait la plus jolie femme de la caserne , ce type avait gagné ses galons en épousant  la fille du Général de brigade  bardé de pas mal d'étoiles jaunes , sa notoriété  , de ce fait amoureux , était devenue importante dans la caserne . Je passe le permis de conduire en deux langues , je l'ai , en fait , tout le monde accédait à la conduite hasardeuse sur ces engins de malheurs , du premier coup , du plus nul , au meilleur d'entre nous , nous avions l'honneur de conduire ces antiques camions ou tas de ruines roulantes . Je réceptionnais une jeep de la dernière guerre (voir photo de la 440) cette dernière avait fait le débarquement en 44 , et , avait au compteur huit cent cinquante mille kilomètres .Nettoyée au kérosène ,elle était , encore rutilante de jeunesse . Quatre roues motrices , une vitesse de tortue , pas plus de quatre vingt maxi au compteur chiffré en milles , je filais cheveux courts , casque au vent , dans la campagne Allemande , traversant , sans aucune vergogne les champs de blé , à courir après mon lieutenant . Il faut le préciser , notre armée d'occupation s'en donnait à roues libres dans les propriétés de ce lander magnifique patrie des Hohenzollern .Un soir en rentrant au garage je dérapais et , allais au fossé , les quatre fers en l'air . Cela me valut huit jours de prison , avec la crème des détenus de cette caserne .Je n'avais pris que des arrêts à mi temps. Je dormais uniquement dans la cellule collective . Le matin , je reprenais le volant de cette trottinette, avec mon beau lieutenant , dorénavent plus rassuré du tout . La première permission , au bout de quatre mois sera la bienvenue . Soixante douze heure +le voyage A/R , de liberté conditionnelle , me fit le plus grand bien. Je retrouvais les parents , pas ma petite chienne , morte de chagrin , elle ne m'avait pas attendue , j'essuierais quelques larmes . Je repartais , la permission exécutée , aussi vite qu'à l'aller . Au retour arrivèrent les grandes manœuvres à l'est de l'Europe de l'ouest (Grafenvorh) , des nuits entières à attendre mon lieutenant dans les bois . L'hiver , la température descendait jusqu'à moins trente , le soleil disparaissait dès quinze heure ! Quand je reviendrais au bercail , je serais en tee - short tout l'hiver suivant . Les we. de libre , nous allions faire du ski en Autriche , le pays voisin . La fête de la bière à Munich fut un grand moment de divertissement pas forcément à l'eau du robinet , nous utilisions les transports de l'armée , je revenais pratiquement sur un brancard , la bière ayant fait son effet dévastateur , je ne pourrais en raconter beaucoup plus , je ne tenais pas la chopine d'un litre . De beaux et de grands moments dans ma vie de militaire m'attendaient , étant beau gosse ,sans taches de rousseur ni boutons de fièvre , je fus affecté au service de ces grandes fêtes casernâtes , nommé serveur de champagne aux grandes réceptions de nos officiers supérieurs,  le temps de soirées magiques de beauté . Je côtoyais des généraux , maréchaux style ancien empire aux casques à pointes lustrés , des colonels, des lieutenants colonels , enfin la crème de la crème de l'aristocratie militaire . De magnifiques et superbes femmes en robes de soirées extraordinaires ,sortes de toilettes de "comme en emporte le vent" participaient à ces bacchanales , des nuits entières , jusqu'à plus soif , vidaient des milliers de bouteilles , bardées de la banderole cordon rouge . Les militaires allemands dans leurs uniformes magnifiques , supplantaient nos chefs Gaulois . Cela ressemblait aux réceptions des kommandanturs en quarante , comme dans la salle de cinéma avec papa ,cela se terminait par un bal d'une splendeur ,à mes yeux , inégalée . Le faste de cette caste dévoyée  , déployée , donnait la magnificence à tous ces uniformes et toilettes de luxe . J'étais comme dans un rêve ces nuits là , la musique classique accompagnait ces danseurs sublimes de légèreté . Le Nabuquodonosor à deux mains je sabrais , je débouchais , je déversais dans les coupes de christal , servais sans discontinuer durant toute ce fantastique charivari alcoolisé , tous ces gradés devenus tout d'un coup souriant à mon encontre .Je réalisais , néanmoins que nous , petit gars des campagnes  , étions à des années lumières de ces gentlemens en uniforme incroyable  . Au petit matin , je retournais dans mon humble chambrée , retrouver mes camarades bidasses . l'année se termine déjà , que de souvenirs , que de chahuts , que de rires, de bêtises engendrées par cette panoplie de foutus examinateurs en quètes de victoires . Il fallait repartir , vers l'Ouest, quitter ces connards de gradés bas de gamme. J'allais retrouver mes parents , avec un an de plus , des souvenirs pleins la tète .J'en garderais un souvenir impérissable de ces douze mois , je n'ai revu aucun de mes compagnons de route . Ils sont , je pense ,  tous dispersés aux quatre coins de la France . Ce passage obligé , m'avait forgé dans mes convictions de devenir un homme , issu de cette paysannerie , j'allais repartir pour d'autres horizons , je le pensais , mais ce seras une réalité bien différente . La petite phrase de ce petit cadre , un certain jour , allait se concrétiser , je revenais au bercail . Plein de souvenirs ......................

Une vie simple.// chapitre.douze .Une étoile dans ma tète.

                        Le voyage du retour , sorte d' épilogue  pour cette  année sabbatique fut la conclusion  pour une  nouvelle , et ,   extraordinaire liberté retrouvée . En sortant de ce bus militaire , à Strasbourg ,  nous , les compagnons d'une année , nous nous sommes quittés , de franches et viriles poignées de mains , allaient définitivement nous séparer , nous renvoyer dans la vie civile , bardés de diplômes inutiles , sauf  ce fameux  petit papier orange concernant  la bonne conduite  à tenir sur les futures chevaux mécaniques .Seul lot de consolation , nous avions ce précieux sauf-conduit pour un pilotage agrée de la future voiture , restais à le faire valider par les autorités consacrées  . Nous avions vécus quelque chose d'indéfinissable entre nous . Des liens se seront édifiés , puis  ! consolidés  , puis dilapidés dans le futur , tout au long de cette année à tourner en rond  . Mais ! chacun , avait hâte de retourner dans son chez soi , retrouver sa copine , promise ou ses amis, ou comme pour moi mes parents . J'avais changé, je n'étais plus ce jeune homme aux cheveux longs ,imberbe , mal terminé  , mal ficelé , il me fallait reprendre du poil de la bête , la saleté  de ce bromure , dispensé dans la gamelle du matin , avait contrecarrer , et  affaibli nos  instincts et désirs sexuels . Les chants encore guerriers , doucement , au sons de marches militaires , ce brouhaha multicolore , enflaient dans cette gare de l'est pour devenir une clameur incroyable de dureté pour nos ames libérées  , ce fut le dernier adieu pour ces type , devenus les paumés de la république , abandonnés par ces militaires  d'une autre guerre , celle d'Algérie  . Pour nous tous , une page se tournait , oh! pas très glorieuse , pas de guerre pourtant promise , pas trop de galons récoltés , premières classes pour certains , devenus de véritables fayots , deuxième classe comme moi , insensible à cette hiérarchie militaire .Je fus à deux doigts de me coltiner du rab , à cause de ce malheureux accident sur la glace , le colonel me feras une faveur en me libérant à la dernière minute , afin de ne pas rater ce car du retour vers la liberté tant attendue .La capitale Bretonne , comme toujours en hiver , m'attendait sous une pluie battante , personne sur le quai , j'étais définitivement un adulte accompli , capable de me débrouiller  tout seul , de remonter à pied ce boulevard devenu bruyant  . je prenais quelques jours de congés , le temps de me refaire une santé , papa me fit de bons plats de résistance , se mit en quatre pour satisfaire mes exigences culinaires , je mangeais comme quatre   .Maman , elle ! continuait ses A/R entre son restaurant et sa maison , rassurée que son  fils soit  de retour au bercail ! Je n'avais pas trop envie de retourner dans cette usine à portes , suite à une annonce dans le quotidien régional , je postulais pour un emploi dans la région Alpes cote d'Azur , au hasard , je m'étais décidé à partir et me séparer de cette étreinte familiale une bonne fois pour toute . Ayant besoin d'ouvriers qualifiés échelon deux , j'étais immédiatement accepté pour fabriquer des meubles déjà  aux  normes Européennes . En attendant , je reprenais le chemin de cette bonne  ville de Bruz , tous les jours de la semaine , premièrement , pour renflouer mon compte en banque , sérieusement mis à mal durant ce séjour pas tout à fait journalistique,  et reprendre cette habitude de travailler, qui ne me quittera plus jamais .Avec l'appui d'un ancien , dans la caserne , je m'étais intéressé à la photo , armé de ce petit canon première génération à auto-focus pas encore moderne , je déclenchais intensément , interceptant la rue , la campagne environnante ,les remparts , la plagette immense de la ville corsaire .Au bout de quelques semaines d'activités , redevenues lucratives , Je m'apprêtais à donner mon congé à mon employeur de la première heure , ce n'était qu'une question d'heures .Quand ! Dans cette usine de fabrication de portes isoplanes , une étoile , loin d'être filante , était née dans ma cafetière , allait atterrir sans prévenir personne , chambouler pour l'éternité mon carafon , pour produire un élixir de bonne qualité , attachement progressif comme un allumette qui ne demandait plus qu'à s'allumer . Une jeune fille , grande , filiforme (comme moi) blonde (comme moi) sublime , cheveux longs interminables sur ses épaules carrées , pataugeait , à vitesse accélérée entre palettes et montagnes de portes en partance dans ces HLM de la planète banlieux  .Je pense quelle avait bien remarqué cette trombine derrière la petite lucarne , je ne le saurais jamais . Mais ! que faisait t'elle ici , parmi ces ouvriers.es à la Zola ? Ces oubliés de l'établissement secondaire dispensant le bac indispensable ! ces estropiés de l'erreur monumentale ? Une bourde  dans le  casting sans doute ? Moi béat ! je la regarderais  de longues minutes ,me fichand éperdument des remarques graveleuses de mes compagnons de travail ,.Au  travers de cette petite lucarne , au verre rayé , de plus en plus souvent , toute la journée finalement , je passerais régulièrement devant , ébloui par tant de fraicheur posée la devant moi comme une offrande ! . Je projetais un éventuel rendez vous peut être ? D'une grande timidité (comme papa) , j'attendrais quelques temps avant de m'élancer vers ce fleuron féminin perchée sur ces palettes vertigineuses .En attendant , j'avais trouvé la miraculeuse solution , pour examiner de plus près , cet écrin dans cet océan de bois rabotés .L'atelier d'affutage étant de l'autre coté , je pourrais traverser cet espace en ayant en permanence cette chevelure blonde à portée de vue , la regarder de tous les cotés, elle vous avouera , qu'elle virevoltait devant ce type habillé de sa cote bleue , bien repassée par maman , pour faire un tour complet sur elle-même , quitte à s'embrouiller définitivement dans les montants de bois .Cette chevelure m'attirait , son visage pur , sans aucune failles , aussi bien-sur ! mais ces cheveux filaient comme le vent d'ouest et, cela me plaisait. Ma mine écarlate , je n'osais toujours pas m'aventurer vers cette nouveauté attractive pour ce corps de jeune homme . Entre temps , il me fallait décider, entre le déménagement dans le sud et l'apprentissage et , de peut-être la vie amoureuse , ici en Breizh . Je négociais âprement avec mes collègues , l'entretien de leurs outils , ciseaux à bois ,gouges , varlopes , fers de rabots , et, cela , plusieurs fois par jour , je me distinguais parmi les meilleurs affuteurs de la boite , pour justement pouvoir circuler en toute liberté autour de ces femmes acharnées de la construction de portes . Incroyables de légèretés, ces filles consommaient une montagne de tasseaux à une allure vertigineuse , cette fille ,blonde , en détournant la tète à tout moment , allait certainement mettre quelques pointes à coté ?.Le remue-ménage avait démarré entre elles . Des moqueries , jalousies fusaient , normal , je ne voyais quelle . Mon cœur au départ au point mort , avait accéléré un peu , il me laissait tranquille quelques temps , finira par battre la chamade , dans ce couloir dangereux , entre portes et machines outils monstrueuses . J'en étais maintenant certain ,son regard était irrémédiablement attiré par ce jeune homme mince , le sourire était invariablement pour moi . le ver se trouvait dans le fruit défendu .Certaines expressions de son visage élégant et sans aucun nuages , ne trompe pas .Je me rappelle de cette trombine miniature perché sur ses chaussures de sécurité , courant après sa collègue (moche) pour rattraper le temps perdu .Son travail , elle pourrait le faire les yeux fermés , j'en était certain . Au bout d'un certain temps, les outils tous rutilants coupant comme des rasoirs , mes déplacements seront devenus suspects. Il me fallait faire le premier pas, insurmontable pour moi .De ce coté la , je n'étais pas véritablement armé , gauche ! comme le bout de bois mal usiné , je retardais  de jour en jour ce moment fatidique, ne savant pas encore nager ,  il me fallait une bouée . Un jour , enfin décidé à casser ce plafond de verre , j'allais rompre cette solitude incroyable , peut-être franchir ce rubicond de l'absurde, encré dans ma tète .Le fameux soir , il fallait bien le préparer , comment faire pour accéder à cette découverte ? Je m'en souviens comme hier , je suis toujours prêt à recommencer avec elle bien sur ....à suivre ............

Chapitre treize.ELLE.

                  Une nouvelle histoire ? me direz vous ? non ! plutôt un chapitre entier dédié à  cette  véritable et unique rencontre , donnant une suite logique à cette histoire simple devenue mes confessions d'une mémoire devenant au fil des lignes , un feuilleton . Pourquoi simple ? me direz vous ? Parce que la vie , normalement ! se doit d'être limpide , comme un ruisseau , qui se jette dans la rivière, qui elle même se déverse dans le fleuve , qui lui !! ne se poseras pas de question , remplira de ses alluvions cet océan rempli de plastiques  . Ainsi ! coule la vie dans mes veines , le plus naturellement possible. Ma "celle que j'aime " m'a demandé de faire court pour la suite de cette histoire simple ! mais !! comment faire court pour cette formidable chevauchée de plus de quarante sept années ? Désolé ma chère et tendre , tu vas lire encore pendant encore quelques temps mes écritures , j'ai tellement de choses à dire  .Tu verseras de nouveau ta larmichette , elle est tellement attendrissante sur ce bonheur partagé , je tournerais la tète , mon regard , de peur de craquer , et ! d'avouer , finalement ce bonheur existant ,c'est ainsi , dans la famille et ce, depuis des générations , tu l'auras  compris et absolument bien assimilé . Ne t'inquiètes pas , derrière cette  face cachée , je cacherais comme d'habitude mes sentiments . Allez !! je me jette à l'eau!. Nous sommes dans le premier tiers de cette décennie soixante dix , plus précisément dans ce mois de décembre mille neuf cent soixante treize. Il fait un froid de canard !! pas pour moi , de retour de ce service militaire aux confins de la République Fédérale , je suis de nouveau réapparu et incorporé , dans ces Marches de Bretagne si chères à mon cœur , breton je suis !! Breton je le resterais car ce n'est pas une tare , loin de la . Je m'étais mis à fumer , logique , les paquets de troupes offerts par cette armée de  revanchards de la guerre d'Algérie ,  nourrissaient notre  cerveau , au tabac de piètre qualité surnommé les Troupes .J'avais repris mon poste dans cette société performante en stratégie en bâtiment . Aucun nuage dans ce programme , sinon vivre encore pas mal de temps chez ces parents conservateurs  .Si !! une étoile, presque  filante sur sa mob motorisée , à la crinière blonde , se profilait peut être à l'horizon , allait peut-être éclaircir et, enfin ,  dévergonder  mon avenir amoureux . Enfin ! au RDV , ce fameux soir  , j'étais fin prêt , mes sens  aux aguets , impatient ,  posté depuis quelques minutes sous ce hangar à vélos .J'attendais pour la première fois de ma vie , cette apparition , mon cœur ne battait pas encore , du moins pas aussi intensément que je l'espérais , juste ce qu'il fallait , du cinquante cinq à la minute . Sa moderne mobylette, magnifique engin de chez Motobécane se trouvait ,attendant sa propriétaire sur ce parking , aucune raison de rater cette jeune fille . C'est l'heure de la sortie , la sonnerie habituelle : un klaxon antédiluvien résonne dans mes oreilles , c'est l'heure de la pose  .Logiquement ! il ne lui faut que quelques secondes pour rejoindre ce hangar minable , elles sont interminables , vais-je faire demi tour ? Déconnecter mes instincts de découvertes potentielles ? Le destin ne tiens qu'à peu de chose finalement , une incertitude , un recul , une tocante mal réglée , un courant d'air  malveillant m'obligeant à déguerpir pour me mettre à l'abri   . C'est ELLE......... je suis épaté par tant de vigueur , gracieuse , épatante et légère , elle se dirige directement vers son deux roues flambant neuf , feint , peut être ? de ne pas me voir !! Royal menthol au bec , le nec le plus ultra en matière de cigarettes , je m'approche doucement , mon pas est réellement incertain , presque frileux , plus que quelques mètres nous séparent ,  les plus difficiles à arpenter  .Elle aurait put démarrer et filer sans crier gare ? reculer définitivelment devant ce type improbable ,  non ! elle prendra son temps , midinette en mal de solitude , de découvertes de ce type inconnu dans sa ville  ? . C'est la première fois que je peux la dévisager d'aussi prêt , les cheveux sont interminables  , blonds , filant jusqu'en bas de son dos bien plat , lui donnent un petit air de princesse , je crois que je ne pouvais que regarder cette frimousse d'une pureté originelle , quelle est belle cette jeunesse , maintenant évaporée , mais encore solidement encrée dans les tréfonds de notre amitié .Le pire moment , pour un timide comme moi , est à venir , comment l'aborder ? la cigarette bien sur , sorte d'invitation au partage .Je lui propose une de mes clopes de marque , elle en a déjà une dans la bouche , raté !! je ne suis  , décidément pas doué pour les filles  .Quelques banalités plus tard , le climat c'est détendu , nous conversons de choses légères , parlons de la pluie et du beau temps , facile ! la Bretagne région bien arrosée est facile à partager , mon palpitant accélère quand même devant cette fine, superbe jeune femme , je me plaisait à regarder les yeux , ils sont neufs , pas de lunettes , donc !! elle peut me détailler sans s'abimer les mirettes , sa bouche , fine comme une lame wilkinson  , légèrerement entrouverte   sur ses lèvres souples bien dessinées , sont presques voluptueuses dans la pénombre de ce soir de décembre  . Nous frissonnons certainement , mais nous résistons à ce froid perçant , la chaleur se trouve dans mon corps , cela me suffit amplement pour l'instant présent .Une sorte de caban de couleur rouge enveloppe ce corps filiforme .Ses jambes sont recouvertes d'un pantalon moulant ,ce dernier rallonge la hauteur de cette fille , les chaussures sont de la dernière mode, j'aurais du m'en méfier !! .Voila pour la tourterelle,  maintenant ! au tour du tourtereau. Elle a , devant elle un gars filiforme (pas comme maintenant !!) , grand , cheveux courts ton châtain , admirablement bien coupés pour l'occasion  ,  des yeux verrons ( pas de la même couleur ils sont toujours présents ces deux la !! ) , un pantalon à pattes d'Elfe ,c'était la mode , nous étions élégants , les futs ne sont pas encore troués , nos nez percés de ces horribles piercings !! notre peau  n'est pas tracée de monstrueux tatouages .   . Notre rencontre pas tout à fait fortuite de ma part , ne peux s'éterniser . Quelle pensée lui traverse la tète dans ce moment précis ?.La découverte d'un collègue de travail uniquement ? Ce n'étais pas gagné , la fine fleur de cette usine à portes n'allait pas se gagner comme çà , il allait me falloir faire encore pas mal d'aller et retour vers cet atelier d'usinage , recevoir les golibets de mes collègues moins fortunés en marivaudage . Je serais sauvé par le sifflet de ce chef de gare , attentif à n'oublier aucun de ses clients voyageurs sur le quai et aux alentours , il sifflera la fin de cette première rencontre , diminuant d'un seul coup ce stress accumulé depuis presque vingt bonnes minutes . J'ai un train à prendre lui dirais-je , ses yeux n'ont pas bougé , sa tète c'est tournée vers cette ligne de chemin de fer, et bien à demain me répondra t'elle .Elle ne m'a même pas demandé mon prénom ! tu n'as pas de voiture ? non ! je prends l'autorail du soir . Pour Elle ! déjà se profile le retour à l'ouvrage . Je ne sais plus comment nous nous sommes quittés , peut être un baiser furtif , sur la joue bien sur !! pas encore volé ? de moi , d'elle ? ou tout simplement un sourire de circonstance ? Cela fait si longtemps dans ma mémoire !! mais cette belle rencontre resteras toujours dans la peau, comme le plus beau moment de ma vie de jeune homme . J'ai à peine le temps de la regarder de près , assise sur sa mob presqu'en amazone , elle regarde peut être ce grand escogriffe pas du tout sur de lui .ELLE , est revêtue d'un catogan de couleur rouge , je crois , ce dernier cache complètement ce corps d'une jeunesse inouïe . Pour l'instant !! je n'ai qu'une seule envie.........la regarder indéfiniment !! dévisager encore et encore ce visage juvénile , pimpante , certainement encore immature de ces choses de la vie , cette âme , sorte d'ange gardien à vie est toujours devant moi .Le sifflet de ce chef de gare , m'exaspère ,le regard malicieux , certainement coquin , il a remarqué ces deux jeunots pas encore formés , il me connait comme client , je prendrais ce tas de ferraille décidément en partance  imminente , le soir toujours à la même heure, ce dernier me ramène dans la citadelle , assiégée par une multitude de gens fourbus . Je décroche difficilement , il me faut partir , courir , peut-être ? transpirer , attraper l'escabelle métallique , autorail en marche , ce n'est pas le moment de trébucher devant elle , j'aurais l'air d'un imbécile .Elle a sourit , j'en suis sur et certain , pas de ce sourire narquois , un vrai de vrai , pétillant comme la bouteille de soda que je vais m'ouvrir ce soir , pour fêter ma rencontre avec elle . Je prends mes jambes à mon cou , manque de buter sur le marchepieds du wagon , faudrait pas que je m'abime le portrait , l'autorail démarre déjà , trop vite à mon gout..........ma rencontre est remontée sur sa monture , à une folle vitesse suit ce train , cheveux au vent, j'adorerai  cet instant magique véritable espoir pour moi  , ce visage calculant au plus prêt sa trajectoire incroyable , courant après ce type, se rattachant à quelque chose d'inédit ?   . Comme elle le feras souvent , lors de retards dans nos rendez- vous presques devenus amoureux , elle filera , à bride abattue le long de cette voie ferrée me faisant , au dépit des dangers encourus , des signes , plutôt des sourires juvéniles qui ne doivent rien au hasard. Derrière la vitre ouverte , en dépits des remontrances de voyageurs présents , je regardais cette flèche filante plein gaz , se jouant de cailloux, de nids de poules .C'est presque dans la poche , je me crie , hurle dans ma tète ....ce stratagème à fonctionné , j'en étais sur et certain . Mon autorail rouge et blanc, file maintenant , trace sa route dans la campagne Bretonne , je suis tellement heureux, euphorique , sur une autre planète !la mienne ,  véritablement conquis par cette demoiselle si fraiche , si belle , pas farouche du tout . C'était la première entrevue véritable , demain , je serais encore la , sous ce porche à vélos rouillés , imperturbable à l'attendre de nouveau, lui conter fleurette de nouveau  .La cigarette ne sera plus nécessaire , pour elle non plus d'ailleurs , nous arrêterons de fumer ce dangereux bout de tabac compressé par ces ignobles cigarettiers pourvoyeurs de cancers  . Je suis rassasié de cette divine rencontre , imagine sa prochaine apparition , le trajet est court , pas comme tous les jours , je suis déjà dans mes songes immédiats , combien de temps avant une relation définitive ? Le futur baiser sur cette bouche fraiche ne demandant qu'à être sur la mienne ? La serrer pour la première fois dans mes bras , sentir ce corps tellement fin , si neuf ! Que de projets dans les prochains jours . Les formidables images de ce soir s'entrechoquent dans ma tète , bousculent mon activité cérébrale , je suis véritablement sur orbite , celle de futurs  flirts endiablés .N'ais -je pas fait d'erreurs ? Je me remémore ces doux instants , non ! je ne crois pas ! Je ne l'ai pas touché , même pas effleuré sauf ! peut-être ce baiser bénin , presque volé sur sa joue pas encore libre de droits . Les gares défilent à une vitesse incroyable ,le conducteur en fait t'il exprès ? , pour évaporer déjà mes souvenirs dans la rudesse des virages pris à vive allure ?(70 à l'heure) ,il ne faudrait pas que je loupe la mienne (la gare) !! J'ai une hâte monumentale de la revoir (la demoiselle) ....d'aller plus loin dans ce rêve tout éveillé ? Dans mon jardin secret , mentalement , j'inscrit perpétuellement cette strophe de ce bonheur unique , dans ma vie de jeune adulte , je vais la garder jalousement , pas comme un trophée, je m'en garderais bien d'étaler au grand jour cette apparition, même pas la raconter aux parents , du moins pour l'instant .Demain, peut-être ? une deuxième rencontre à la même heure ? Cette historiette de gare vas- t'elle devenir une véritable histoire encrée dans cette vie simple ? Mon corps ne pourras pas survivre à un échec , je suis déjà dans mon rêve , celui d'un jeune homme devenu presque heureux , après toutes ces années d'errance et de solitude incroyable , ces moments seront les plus importants de ma vie simple .Sur la banquette raide comme la justice , beaucoup de questions , réponses fusent pour le champion que je suis , il va me falloir annuler ce départ en PACA , c'est sur et déjà acté . Que la journée prochaine va être longue pour le prochain rendez-vous , je piaffe d'impatience ,je ne serais jamais allé au travail de si bonne humeur , avec autant d'entrain . Je l'ai déjà dans la peau , ce n'est pas un coup de foudre , comme certains ont l'habitude de s'en prendre en pleine poire pour finalement exploser en plein vol , mais le commencement d'une histoire qui va durer toute une vie , quarante sept années se sont écoulées depuis , rien n'a filtré de cette rencontre , tous les deux y repensons chacun de son coté, l'extrayant de son jardin secret devenu concret et définitivement partagé à deux. Nous deviendrons des dinosaures de couples acharnés à ne pas se séparer .

Une Vie Simple.// chapitre .14 .Le bar de l'hotel.

                        Définitivement incorporé dans cette vie active et à temps complet , soit 47 heures par semaine  , train , boulot , train , j'avais signé définitivement dans cette entreprise sentant la résine de sapin . Ponctués , tous les soirs , de rendez- vous passionnants de légèretés envolées dans la brise venue de l'Ouest  , les jours se suivaient et se déroulaient comme un roman à l'eau de rose . J'avais comblé une partie de moi-mème et, cela me suffisait pour l'instant . N'empêche-que , vivant une épisodie délicate vis à vis de cette famille concentrationnaire , je snobais de plus en plus fréquemment ce nid familial .la  micro -puce se trouvait , je pense  depuis un certain temps dans l'oreille de ma chouette  et pugnace mère . Comment faire accepter à ma charmante productrice , même ! en étant majeur et surtout vacciné des aléas de la vie , le fait ! d'avoir rencontré une jeune fille , jolie de surcroit , intelligente , aux antipodes de cette méchanceté percutante  qui allait bousculer sa vie de matrone intransigeante en conservatiste . De mon coté , je n' étais pas du tout préparé à justifier mes incartades amoureuses , sortes de petites rencontres légères , pas encore déclarées dans le registre  matrimonial  de cette petite église de mon  quartier , l'enfant de cœur , devenu  le rebelle , entretenait une relation non conforme , il allait voir de quel bois se chauffait sa mère , elle bouillait littéralement , et çà je ne pouvais imaginer  le pire de cette femme devenue une étrangère .Papa dans la confidence , applaudissant en sourdine , mes incartades galantes , qui , elles mèmes  se trouvaient comme un coin , enfoncées dans le cercle patriarcal , le géniteur après avoir envoyé son fiston au service militaire , allait le propulser dans la vie de couple .Il se trompait, je n'avais pas besoin d'eux pour serrer dans mes bras , tout les soirs , cette jeune fille d'une fraicheur fabuleuse , et de surcroit  de bonne famille , nos étreintes passionnées allaient devenir ce socle de granit  pour une vie entière , nous en étions loin d'y penser ,seulement  affairés à nous étreindrent passionnément  . Il était tout à fait hors de question de présenter ma nouvelle amie à cette femme souveraine   , je le supposais encore impossible , comment allait 'elle réagir devant cette jeune fille encore mineure ? .La connaissant , j'appréhendais ce moment fatidique , le plus tard serait-il le mieux ? mais les semaines passaient à une vitesse folle ! Mes aller et retours répétés , hors heures de travail finirent par lui mettre le microprocesseur à l'oreille . Papa ça irait , encore ! il comprendrait , lui même sevré de tendresse depuis des décennies , voyait dans mes flirts un choix extraordinaire de sortir de ce cocon familial . Mais elle ? cette matrone pugnace en amour dégagisme . Bref ! ma majorité étant consommée , je pris la décision , véritablement hasardeuse de la présenter à cette pugnace de mère fouettarde . Mes relations avec cette jolie blonde étant physiquement quand même très avancées , il fallait y aller forcément , à la guerre comme à la guerre , mais modérément , surtout tout en douceur , ne pas la froisser . Nous sommes arrivés ensemble , à pieds , elle nous attendait , le visage des mauvais jours , sur le pas de sa porte  entrouverte. Sa réaction fut terrible , féroce , monstrueuse de méchanceté envers mon amie , un véritable cataclysme allait ébranler les murs , la violence de ses mots , paroles sans aucun amour , dépassaient l'entendement , sa défiance envers "celle que j'aime" , la brutalité verbale excessive de méchanceté nous avait complètement attérrées , enfermés dans un mutisme  total . En fait avec du recul , elle voyait dans cette jeune fille jolie , fraiche , simple, amoureuse de son fils , une magistrale rivale , cette galante   allait rentrer dans son foyer , son cercle familial , certes restreint , allait finir par enlever son fils devenu l'unique rejeton après la défaillance de sa cadette , ses commentaires épouvantables et foudroyants envers cette jeune fille , furent une révélation pour moi .J'allais prendre une  décision , elle serait irrévocable dans mon esprit de jeune homme devenu adulte à part entière . Pour elle ! on lui prenait son garçon (pourtant majeur), ce dernier lui appartenait , sa terrible jalousie dépassait l'entendement .Le monde s'écroulait autour de moi , peur de perdre ma presque chérie , conquise de haute lutte dans ces montagnes de palettes . Il fallait que je dégage au plus vite , pour aller ou ? le plus loin possible de cette mégère nullement apprivoisée . Et elle n'arrêtait pas , en plus ! sa violence dépassait les bornes , il s'agissait pour elle d'une mauvaise fille, une garce en fait , une fille de mauvaise vie , déjà ! elle connaissait certains détails sur elle , allez savoir ou et comment ? Qu'allait elle (ma chérie) penser de cette famille tordue , ma petite blonde bien sage , restera sagement dans le coin de ce couloir étroit , tapissé par cet  oncle vermoulu d'alcool .Outrée par tant de maladresses , elle ne répondra pas , encaissant , sans broncher ,  les reproches et les mensonges inventés de toutes pièces  par une furie en débandade verbale outrancière. Certainement effarouchée par tant de haine déversée , se demandant certainement qui était ce monstre devenu au fil des années obèse , elle s'accrochait à mon bras , le serrant , se demandant quand la fin allait telle  arriver .Elle ne pipait mot , recroquevillée, tellement intimidée par cette dureté soudaine .Les moments de haine  et de fiel déversées  dans un torrent de paroles maladroites , Je la raccompagnais au train du soir , et , je retournais à la maison , c'était décidé ,pour la première fois j'allais prendre , enfin ! en adulte confirmé , mon avenir en main , me déconnecter de cette femme acariâtre. Papa était plutôt embêté , mais maman n'en démordait pas , un violent orage doublé d'un véritable séisme familial éclatait  ce soir la , dans cette maison  verrouillée , je ne vous distillerais pas les détails , ils resteront des secrets de famille , les mots resteront seulement des mots ,  ma frangine n'en sauras rien , sauf que j'allais  partir comme elle , respirer un autre air .Un air de guerre civile se soir la , flottait dans la maison , cela m'était insupportable , je ne pourrais pas rester ici ,supporter ces on-dits malveillants sortis de nulle-parts . Ce fut, véritablement ! une torture mentale , abandonner mes maigres affaires , mes livres , les jouets passe encore , mais cet univers à moi depuis que j'étais tout petit , je souffrais en silence  . Partir presque comme un voleur ! laisser cette vie de petit garçon si gentil , si mignon  , mais ! j'avais compris que la page se tournait définitivement pour moi  . Je fis mes bagages rapidement , le minimum vital pour survivre , pas trop loin , mes souvenirs d'enfance  vite emballés , je claquais , le lendemain matin , une derniere fois cette porte maudite , je regardais ces fleurs(hortensias) que  je n'aimerais plus jamais , celles  de maman , je fuis cette baraque  sans àme , sans emporter de clefs  .Comme ma grande sœur,  il y avait déjà pas mal d'années  , j'abandonnais la lutte pour me ressourcer ailleurs dans les bras de ma chérie .Je suis parti à pieds  , ne laissant qu'un sibyllin message , ne laissant aucun doute sur cette vérité éclatée au grand-jour , l'amour vers ces  parents bizarres  avait disparu  corps et biens comme un navire en pleine mer , ne laissant qu'un vide sidéral  dans ma tète , restaient mes souvenirs agréables ,mais mon coeur était ailleurs dorénavant  .Je ne sais plus si j'avais versé une seule larme ? peut-ètre ? J'étais désagrégé , en  véritable automate je filais ma route , vers ce train  , comme d'habitude , m'affalais  sur l'étroite  banquette  en simili cuir ,   la valise à mes pieds , ma tète embuée de tristesse .  Mais ou allez ? J'avisais un petit hôtel , nommé hôtel de la gare (décidément toujours les trains). A quelques encablures de mon travail , j'y serais pendant quelques temps confortablement installé dans une chambre minuscule mais beaucoup plus calme , attendant avec impatience "celle que j'allais aimer définitivement "'. Cet hôtel à représentants de commerce , faisait restaurant midi et soir , ça tombais bien , moi , aux fourneaux c'était pas terrible. Nous nous retrouvions tous les soirs, en véritables amants passionnés de découvertes mutuelles , dans cette petite chambre de quelques mètres carrés , cela nous suffisait amplement . Pas trop tard le soir , juste le temps de se voir , de se parler , de se connaitre , de se caresser , de découvrir chaque parcelle du corps de l'autre , un véritable bouillonnement était en train d'éclore , je l'espérais tellement . Je découvrais petit à petit cette douce fleur blonde aux yeux subtils , le trésor à peine éclos se découvrait totalement devant moi , j'explorais de fond en comble ce corps si menu , à la poitrine tellement minuscule mais si excitante entre mes lèvres délicates . Petit à petit , mes investigations hasardeuses devenant bien réelles , devenaient pour ELLE la capitulation définitive , s'abandonnera complètement dans mes bras , le flirt devenait fougue , chaleur , déchainement de nos ardeurs ,décuplées par la découverte de l'autre , à fleur de peau , nous étions emportés dans une véritable spirale incroyable de volupté  .Le premier baiser volé , de ce premier rendez-vous était déjà lointain .Nous ne faisions plus qu'un sorte de Roméo et Juliette à l'abri de ces  regards indiscrets , complètement indifférents aux sarcasmes de mes collègues de travail . Nous passerons à l'écart de toutes persécutions familiales des moments formidables d'amour passionnés . Son père , garagiste de son état , personnage important dans le monde des affaires automobiles Citroën ,avait beaucoup de relations. C'était un géant imposant , extrêmement jovial , un sacré bonhomme , un vrai père de famille , tellement différent du fluet Papa que je connaissais .Tous les soirs de la semaine , il se réunissait avec ses copains , au bar de l'hôtel , le zing se trouvait juste en dessous de notre chambre . Sa voix forte, caverneuse , portait jusqu'à nous , ma jolie blonde ,craignait qu'il nous découvre , tremblait véritablement de peur ! Le patron de cette gargote de village , grand copain de ce géant de père , ne vendit jamais la mèche. Il ne la jamais su , je pense . Deux amants en train de se conter fleurette au dessus de lui , sous la couette , dont une de ses filles mineure de surcroit , avec un type inconnu dans la ville  , peut être majeur ?. S'il nous avait découvert ? Nous n'aurions pas put imaginer le chambard dans l'alcôve , le scandale , les deux jeunots cachés et enlacés sous les draps . Il était important quelle arrive avant lui à la maison de famille !. C'était compliqué , il fallait descendre de l'étage incognito, ne pas faire de bruit , passer furtivement derrière ce bar , et, ensuite la filer douce en mobylette . Ensuite, les cheveux au vent, dans la nuit, elle filait à une vitesse prodigieuse. Traversais cette ville joyeuse . C'est comme cela que je me suis définitivement accroché pour cette fille tellement jolie , attirante à souhait , elle allait me combler au delà de toutes mes espérances. Pour résumer ce capharnaüm causé par ma pugnace de mère, mon père viendra un peu plus tard faire  une visite de courtoisie  , en Motobécane bleue , à ma future famille "d'adoption ", un apéro ou deux après , il repartait un peu gaie et , certainement rassuré par quelques degrés d'alcool .Ma chouette de mère l'avait certainement envoyé en expédition préliminaire , mission pour elle incapable à gérer . Elle s'en mordra certainement les doigts après . Pour me reconquérir elle me paya ma voiture, un bolide de sport  de marque Ford , de couleur verte , filant du cent cinquante à l'heure ! J'étais armé pour balader ma nouvelle recrue pour ce cœur en forme et , lui faire découvrir cette France profonde . Pour sceller une paix durable, Je fini , au bout du compte par revenir au bercail , ma soupirante venant de temps en temps également me retrouver dans ma petite chambre , nous passions des après- midi entiers à nous découvrir en toute liberté , et à partager notre bonheur naissant. Notre aventure continuait sous de meilleurs hospices , maman avait définitivement enterré la hache de guerre , nous faisait de bons petits plats le midi .Une paix des braves avait accouché d'une souris  devenue domestiquée . Nous les baladions de temps en temps , dans cette voiture puissante , les mois passaient maintenant, notre futur arrivait à grande vitesse. Nous avions de beaux projets......................  

Une Vie Simple.// chapitre .15. le mariage ................

                   Cette année 1974 fut une année charnière , politique tout d'abord , avec Giscard au manettes de la nation le pays allait se moderniser ,avant de s'écrouler dans les années 80 ouvertes aux  socialistes  ravageurs de richesses  , et , nous deux avec comme seul horizon : le grand bain dans  la vie en couple   .Le petit sauvage itinérant allait s'intégrer dans cette modification de carrière et  , petit à petit le rève allait devenir  réalité . Elle , plus progressivement , je pense , le grand garçon bond et la petite jeune fille aux cheveux d'or ,pendant quelques temps , accorderaient les cordes de ce violon pas encore assemblés  . Avec cette automobile rapide et véritablement sportive pour l'époque , nous partîmes des w-e complets sur les cotes de Bretagne , Normandie . les affaires de camping furent largement utilisées , déployées rapidement pour abriter nos étreintes flamboyantes de naivetés , avec fougues nous croquions la vie à pleins poumons , ainsi va une jeunesses normalement constituée . Il nous fallait peu de chose pour que cette vie soit douce , et ,formidablement agréable  . A cet âge la , sans contrainte , il est simple de vivre d'amour et d'eau fraiche . Notre premier grand projet à deux , furent  les grandes vacances ! nous avions projetés de descendre dans les Pyrénées , et de faire du tourisme, en voiture, bien sur. Nous ne connaissions absolument pas ces randonnées sur ces collines pentues , habitués au pays plats , il nous serait impossible d'arpenter ces pentes  . Bien que , dans le scoutisme j'avais participé pendant de nombreux mois d'été à la revalorisation de ce fameux GR .10.et oui !! nous les bretons peindront ces fameuses balises rouge et blanche pour le pur bonheur de cette nouvelle race de promeneurs que nous appelleront les randonneurs . le voyage ponctué de découvertes extraordinaires , beaucoup de kilomètres accumulés (4000) , de sublimes paysages tellement variés , nous étions loin d'imaginer notre retraite lointaine sur ces contreforts montagneux .En regardant mes notes sorte de carnet de bord de vacances , vielles de plusieurs décennies , je me suis aperçu , qu'en fait ! nous avions dormi pas très loin de notre village actuel , les myrtilles existait déjà du coté de Moustajon , comme quoi !! . Imaginez une personne qui n'a jamais vue de montagnes de sa vie ?. Jour après jour, les surprises s'enchainaient pour elle , je finissais ce travail commencé depuis plusieurs mois , cette fille allait partager ma vie , faite de surprises aléatoires  . Je le conçois ! pour les voyages , j'avais un peu d'avance sur ma protégée , dès mes quinze ans,  je descendais seul sur l'ile de beauté  . Cette voiture , une merveille de chez Ford USA nous transportait avec sa mécanique simple , mais sans failles .Nous la mènerons bien au-delà de ce ce que une auto pouvait faire . Je roulais très vite , beaucoup trop , grisé par la vitesse , je n'étais pas raisonnable , doublais sans vergogne les blaireaux en deux chevaux , accélérais quand on voulait me doubler , klaxonnait beaucoup , enfin je roulais comme un vrai parisien . Les limitations n'étant pas encore appliquées , j'étais un jeune toc toc du volant , un enragé de l'accélérateur , de freinages intempestifs .J'emmenais ma protégée dans mon délire voyagelistique.Dans ce carnet de bord conservé , le bac à Royan, Hendaye , laruns et Bagnières de Luchon , Gavarnie , Pic du Midi de Bigorre par la vielle route à péage de l'époque , et enfin Canet plage , retour par Carcassone , toulouse et enfin Poitiers . Le  mytique col du Tourmalet fermera cette chevauchée sur ces routes sinueuses . Après ces vacances sympathiques et ludiques à la fois , terminées au sommet du pic de midi de bigorre , en voiture SVP !! la route étant  encore accessible en ce temps là . Un grand défit , le premier d'une longue série , pour nous deux , approchait à grand pas. Nous avions décidés de vivre , dans quelques mois , ensemble , et , évidemment de nous unir pour de vrai , chez Monsieur le curé , ce dernier bien décidé à me remettre dans ce droit chemin qu'est la prose biblique  aura fort à faire , de ce coté sensible je serai un peu récalcitrant aux informations données par cet abbé Male . Mais un  tout autre  écueil de forte taille se mettrait , peut-ètre ?  en travers de notre route , cela je le savais depuis le début de notre relation amoureuse dans l'hotel de la gare  . Ma future épouse , étant mineure , il me fallait affronter et demander l'autorisation à ce géant de père.De ses deux mètres , fort de son poids d'athlète , il m'impressionnait au plus haut point . Ce jour tant redouté , j'allais rentrer par la petite porte de cette grande famille . Imaginez une fratrie de six enfants , plus les parents bien sur , alignés en ligne droite , pour étudier, scruter de près ce type à la grosse bagnole , venu d'ailleurs , le citadin allait prendre une de leur sœur , la plus belle . Que de différances avec la mienne (la famille bien sur) , moi tout seul avec mes deux parents déjà vieux dans leurs tètes . L'entrevue fut cordiale , tu prendras bien un pastis ? fut certainement la première phrase décrochée par ce grand bonhomme . Evidemment ,comme un homme terminé ,  j'acceptais de vive voie , quoique tremblotante à l'idée de ne pas répondre à ses attentes . La Maman , formidable et adorable  mère de famille , me plut immédiatement . Elle remplaceras un peu à peu la mienne laissée pour compte un bonne fois pour toute . J'intégrais progressivement ce cercle familial , sorte d'assemblée générale d'enfants tous différents , mais absolument soudés derrière ces parents de qualité . C'était une véritable symbiose  , composée de frères et de sœurs  parlant tous en mème temps . Evidemment  , à cette époque le fait de rouler en carrosse plus ou moins voyant , faisait tiquer sur la teneur du zèbre conduisant ce bolide   , certainement quelques commentaires fuseraient en cachette , mais je fut bien accepté  et ce dès le  début . Globalement , j'incorporais progressivement ce cercle familial  , je prenais ma place chaque dimanche à la table rectangulaire de cette salle à manger , ma future à coté de moi   . Le grand jour , le mariage bien sur , fut projeté en plein hiver le vingt et un décembre soixante quatorze. Huit jours avant le vingt huit , anniversaire néfaste.(voir le calendrier).Un abbé nommé Male (c'est vrai!) , nous prépara de façon virale à cet engagement  pour la vie , ma fiancée y tenait absolument, je le concevais évidemment, nous étions du même bord :catholiques non pratiquants . Ces derniers mois de préparation, nous étions inlassablement pétillants , nos corps bouillonnants, explosifs , toujours impatients de  découvrir l'autre, nous mettaient constamment sur une orbite programmée pour une jouissance merveilleuse  . Je rentrais chaque soir à la maison , après un petit détour par sa chambre , la caressant encore et encore , reculant le plus tard possible notre séparation journalière , nous étions en 74 , ça ne rigolait pas , les relations sexuelles  avant l'union sacrée étant prohibées il ne fallait pas déroger à la règle établie. Je m'y soumettais de bonne grâce , sachant que le moment tant attendu allait arriver en fin d'année .Les beaux parents n'étaient pas dupes , ils savaient déjà que j'avais mordu dans ce fruit défendu et ce depuis pas mal de temps , ils fermeront les yeux  . Voici le grand jour , nous serons quatre à la table de ce curé  pas facile , le  frère  de ma promise , se mariera le même jour avec son amie de jeunesse , feront deux beaux enfants de leur coté  . Le trousseau concocté avec maestria par ma future femme  , était magistralement composé de toutes sortes de fournitures achetées avec un empressement non dissimulé . Elle n'avait rien oubliée , cela promettait un avenir organisé , méthodique et construit pour un avenir serein  .Petit problème à surmonter , mais pas des moindres ,elle avait trouvé un emploi  dans un grand magasin , et, cet engagement pour deux mois avait  déjà commencé  . Pour un peu ! elle ne pouvait pas assister à son mariage , peut -être par procuration ? . Bref son chef de service lui accordera en dernière minute  le congé nécessaire (une journée). ouf ! Nous étions au moins cent convives , trois familles unies autour de longues tables , ce fut une belle journée sous ce froid sec  hivernal . Un soleil  éclatant  nous accompagnera pour la séance photo , une DS 21 nous emporteras comme deux étourdis  entre les différent RDV de cette belle journée à venir  , nous étions les princes de cette petite ville . Pas de pluie ce jour la , c'est rare chez nous .Mariage pluvieux dit mariage heureux , je ne pourrais que contredire ce dicton , après 47 ans de vie  commune , nous sommes toujours soudés et, ce  pour l'éternité, la notre bien sur . Mes parents présents bien sur ! bronchaient peu , certainement impressionnées par tant de monde autour d'eux  ! ils ne pipaient mots , et petit à petit se mélangèrent à la fête générale , buvèrent plus que d'habitude .Mon oncle , ma tante , leurs trois fillettes espiègles étaient présents bien sur , manquait ma Yvette , cette tante disparue si tot  . Pour notre part, nous pouvions boire un peu plus qu'à l'accoutumée , notre futur appartement une pièce , se trouvait de l'autre coté de la rue. Comme dans tous les mariages, les mariés sont les reines et rois de ces tablées majestueuses , pour moi c'était merveilleux d'être au centre de cette assemblé , une journée inoubliable vite consommée mais absolument pas oubliée  . Ma sœur et , son dandy déplumé de la tète , étaient de la fête , je crois bien que c'était la première fois depuis son départ de la maison, quelle revenait au bercail , elle avait littéralement changée , modifié son style de vie , habillée par la haute couture Parisienne , elle rayonnait de splendeur , ce n'était plus la frangine que j'avais écouté durant mon enfance .Elle était devenue une véritable dame de cette haute bourgeoisie Parisienne , un monde nous séparait dorénavent  . Avec du recul , et peut-ètre du regret ,  j'aurais pu donner ma préférence à cette sœur pour être mon témoin . Mais son absence faisait , que je l'avais complètement oubliée . A la fin de cette nuit tapageuse ,riche en émotions diverses , nous décidâmes de ne pas rentrer chez nous , mais de dormir à l'hôtel de la "gare ", dans cette bonne ville de Rennes .Cette nuit fut la plus magique , délicieuse, nos corps mèmes pas exténués se réveillèrent au petit matin en pleine forme , prêts à démarrer cette alliance sans aucun contrat .Nous n'avions rien , nous débutions notre vie à deux presques fauchés , une voiture bien sur ! un solex donné par maman , quelques fripes et casseroles , cadeaux offerts par cet assemblée généreuse composaient notre seule richesse financière, quelque sous sur le compte , nous étions lancés définitivement dans la vie  .La robe de mariée remballée , mon costard fripé(nous avons gardé ces reliques ) , nous repartions pour un dimanche de finitions , retour de fête. Je me rappelle, avoir porté ma douce femme pour franchir la porte de notre appartement, c'est tout, après la vie véritablement à deux allait commencer. A suivre les dures années de labeur amoureux.....................JD.

Une Vie Simple.// chapitre .16. une Famille formidable.

                  Nous sommes en ce moment précis , ou je suis en train d'écrire ,  le 03 Janvier de cette an 2021 , année , nous l'espérons tous , serait pleine d'espoirs , de reconquêtes de ces  libertés oubliées mais , malheureusement remplies  de craintes  , en effet ! de nouveaux microbes  malfaisants appelés variants , vont envahir et recouvrir  la surface de notre planète , paroles de techniciens de la santé publique , ces derniers vont , je le pense , nous abreuver de mauvaises nouvelles et ce ! jusqu'à cet été . Un espoir quand-même , dans cet univers de tristesse , un vaccin sorti des laboratoires Pfizer va certainement  changer la donne , peut-être une bénédiction pour l'humanité tout entière !! Ma plume automatique avait été  interrompue , à la fin de ce premier confinement arbitraire , mais selon les directives de nos autocrates , nécessaire , momentanément , cette narration de cette vie simple en était restée au point mort  ! J'ai décidé de me remettre à l'ouvrage , il est plus que temps !Je pourrais ! un beau jour , moi aussi  , sombrer également dans la fosse aux disparus de la covids 19. La pandémie progresse de nouveau , activement , je ne suis pas du tout à l'abri d'une problématique infection de ce virus malodorant . Donc !! j'en étais ou ? ah oui !! la consécration de cette union de deux personnes libres de droits , par le mariage obligatoire .Nous allions , mon amie et moi-même, enjamber , le temps de deux signatures ,église et mairie , ce grand fleuve  pas toujours tranquille , qu'est la vie à deux , sorte de serpentin louvoyant aux grés des humeurs de chaque individu normalement constitué . Mais ! je ne vous ai pas encore parlé de cette famille que je pourrais appeler "famille d'accueil ", terme important pour ma conservation psychologique , celle qui m'acceptera sans aucune hésitation , moi l'étranger venu de la ville voisine ,  sorte de citadin au pieds d'argile ,  au volant de mon bolide de couleur verte . Je rentrais dans une sorte de congrégation,  composée de six enfants , presques tous devenus  grands  , à part la petite dernière arrivée sur le tard  . Tout d'abord , une grande sœur ,  véritable cadette de cette troupe  en délire permanent , elle ,  déjà en couple , mère d'une adorable petite fille , me fera penser à ma grande sœur , un peu patronnesse de cette bande de joyeux drilles .Un grand frère , son cadet supérieur , marié le même jour que nous , j'y reviendrais un peu plus loin , un autre frère toujours en études ,une autre sœur un peu plus jeune , déjà amoureuse d'un sportif accompli , et ! enfin une petite dernière pour la route , arrivée quelques années plus tard. Les parents , véritables entrepreneurs de cette vie de château de cartes , chapeautaient cette petite dynastie bien organisée dans cette grande maison , habituée aux courants-d 'air continuels consécutifs aux allez et venues permanents  . Je rentrais , donc ! un beau jour dans cette famille globale , quelques mois après la rencontre de cette  jolie blonde .Ce fut pour moi ... l'apprenti adulte , une grande première , assis pour la première fois autour de cette immense table de cette grandissime famille , connue de toute cette bourgade , je me faisais tout petit , écoutant ce patriarche bien en verve , regardant ces actualités et cette émission de Jacques Martin le dimanche après-midi (le petit rapporteur). Je ne vous ai par parlé de la grand-mère , souvent présente , elle sera une fantastique vielle dame toujours au secours des petits tracas journaliers pour ces cœurs souvent éplorés qui dévorent cette jeunesse en fabrication . J'imagine , tous ces regards interrogateurs , inquisiteurs , au début de mon intronisation , non pas en bourse , mais dans cette assemblée générale , sous les regards suspicieux de ces gamins en fin d'adolescence , presques grands , j'allais m'adapter progressivement . Accompagné , guidé , par "celle que 'j'aime " j'acceptais les règles communes , toutes nouvelles pour moi , quel changement dans cette vie simple  !! .Je passais de simple troupier unique en personnage presque important pour ces jeunes gens , celui qui avait conquis leur soeur , à la barbe de soupirants bien accrochés et bien décidés à l'embarquer pour la vie .Mais , j'étais passé par la , avait peut-ètre fait la différence sans le savoir , elle seule le sait , cela restera son jardin secret,que je garderais bien d'investir.  Parmis cette bande de jeunes  plein d'espoirs , seule, la grande sœur , véritable grande cadette avait déjà trouvée chaussure à son pied , pouponnait son bébé (une fille) , accompagné de son homme , ce dernier personnage important  pour le père orientait souvent ces discours à n'en plus finir sur la condition humaine . J'étais , donc ! le second étranger , perché sur la deuxième marche du podium  dominical .Qui c'est celui là ! à rentrer dans cette smala , j'étais réellement impressionné par toutes ces bouches ouvertes en même temps , mais le grand -bonhomme y mettait le holà très rapidement , le silence revenait immédiatement , il arrivait aussi que les serviettes volent au raz des assiettes remplies de bonne soupe préparée par leur maman . Rien à voir avec mon univers personnel , pour mon matricule , l'habituel  ! c'était plutôt les lourdes baffles qui me tombaient dessus . Avec ma moustache , je n'étais pas véritablement un play -boy , grand timide au début , je ne pipais mots , j'écoutais , "ma celle que j'aime" toujours à mes cotés me donnera les codes pour rentrer définitivement dans sa famille . Tout n'était que vie autour de cette assemblée , communiant ensemble , je participais de plus en plus à ces rendez-vous dominical , ces baignades dans cet étang perdu dans la campagne Bretonne nous rafraichissaient les jours d'été , quelques sorties au bord de la  mer ponctuaient ces W-E ensoleillées. La maman , femme adorable , véritable mère poule au foyer , chapeautait et couvait tout ce petit monde de son regard tellement affectueux ,  protecteur , que je ne résistais pas une seconde à ce regard  tutélair  , elle m'accepta immédiatement , devenait de facto ma deuxième mère , comme très souvent , la belle maman deviendra une véritable amie , celle à qui l'on parle de ses petits soucis .Cette femme n'était absolument pas ma mère, mais je me souviens comme d'hier , de ses traits, de son visage aimant , de ses yeux .Avec empathie , elle remplacera cette mère restée en marge de mes souvenirs , obsolète image de méchancetés . Lestemps ont passés , mais cela restera indélébile dans ma mémoire . Le père , comme je vous l'avais déjà furtivement décrit , était cet homme immense par la taille , dépassant le quintal , imperturbable dans ses décisions magistrales , maitrisait parfaitement toutes ses ouailles , de temps en temps élevait la voie , juste un peu . C'était le patron véritable , comme dans son entreprise maintenant fermée , il travaillait toujours , raccommodeur de machines électroniques à distribuer une marque de soda , il nous ramenait des verres en pyrex que nous collectionneront dans notre petite cuisine . Le couple avait conçu à la queue leu - leu tous leurs enfants , hormis la petite dernière , tous ces ados n'avaient que très peu de différance d'âge. Une année maximum séparait les uns des autres . Amateur de berline allemande , le patriarche roulait , lui et son épouse dans une Mercédès d'un âge canonique , ce moteur poussif sera démonté plusieurs fois , pour , enfin ne plus démarrer , il répara notre deux chevaux également , c'était le bon temps , la capote en toile verra notre labrador "Fantômas " passer en travers pour nous guider au-dessus , que de moments uniques !! La Ford avait presque rendu l'âme, mon deuxième beau-frère la finira . Le grand frère , véritable confident de ma petite amie , avait une place à part dans son cœur , je m'en apercevrais un peu plus tard que sa petite sœur que j'avais conquis de haute lutte , resterait le principal maillon à surtout ne pas rompre . Nous formions bien sur ! déjà ce couple bien assemblé , mais ce très fidèle frère restera pour elle , toute sa vie , ce véritable fil rouge intime , elle ne s'en détachera jamais , dans sa tète , qu'avec d'immenses difficultés . Je me souviens d'un accident dans cette  dangereuse descente , pas très loin de la maison familiale !! le malencontreux conducteur : ce frère tant adoré avait mal négocié ce virage  hasardeux  , sa frangine catastrophée de le savoir , peut être en difficulté , ne parlons pas du pire ? je compris , ce jour la , à son regard déchiré par une véritable peur , qu'il y avait une autre personne très importante dans sa vie , peut-être ?même avant ma petite personne  . Rassurez vous ! un bras dans le plâtre sera les conséquenses et le  résultat de cette glissade non contrôlé , rien de grave , hormis la Renault hors d'usage , cette dernière aura , je pense , sa destinée toute tracée : la casse . Mais le déchirement ultime , j'en garderais un souvenir impérissable , ce fut le départ de son cadet dans la vie active , et ce, à des centaines de kilomètres du cocon familial . Lui ne le sait peut être pas , mais que de tristesse et de chagrin dans ce cœur d'artichaud de sa petite sœur .Encore de nos jours , son sourire éclaire son visage , à chaque nouvelle retrouvaille , un simple coup de fil et son visage s'illumine instantanément .Ha ! elle le chouchoute ce frère !! Une chambre , d'ailleurs lui est réservée , décorée avec gout , d'ailleurs ! il connait bien la route .Si je vous raconte ces moments prodigieux pour elle , c'est que ces instants font partis de ma Vie Simple , celle que vous suivez depuis pas mal de chapitres. En fait !! elle s'était pratiquement mariée à ce grand frère , ce même jour de décembre ensoleillé , deux couples formidables de jeunesse , sont sortis ensembles de cette majestueuse église , bras dessus bras dessous , entourés de tous , nos familles et amis. J'en ai encore , c'est vrai , encore des frissons, ce sont des moments , avec le temps qui passe, qui ne s'oublient pas .Mais voila , la roue tourne , le temps progresse inexorablement , mais ces souvenirs , heureusement , ne s'effritent pas , restent ancrés à défaut d'êtres amarrés dans nos mémoires , ressortent au gré de mes écritures......

Une Vie Simple.// chapitre .17. Les débuts du couple.

                  Nous emménageons , le lendemain , dans ce petit réduit conçu pour célibataire , pour un prix pas trop modique , nos légères finances ne nous permettent pas de voir plus grand , nos logeurs , de véritables Thénardier de la ressource capitalistique , nous octroyaient pas plus de quarante mètres carrés habitables , sans toilettes , ni salle de bains , seulement un lavabo pour vaisselle et ablutions du matin, mème pas certain que nous avions l'eau chaude . Cela nous suffisait amplement , nous allions consommer cette union dans ce minuscule appartement , vivre ici quelques mois , à quelques centaines de mètres du cocoon familial . Grace au crédit aux intérêts mirobolant (22%) l'an ,  nous avions , de ce fait le minimum pour ranger les menus cadeaux et les achats occasionnés par la vie à deux. Nous nous équipons d'une chambre avec chevets personnels , d'une petite cuisine portative recouverte de stratifié , composée de trois tiroirs et de deux portes .La pendule , pour ne pas être en retard au travail , nous sera offerte en cadeau de mariage par ce gentil chef d'entreprise .Une mobylette , elle sera empruntée et définitivement perdue sur le parking de son magasin , un soir de Mars . Pour les commodités indispensables aux soulagements  naturels  , ils nous fallait souvent patienter dans ce lugubre et sombre couloir , en attente d'une hypothétique libération de cet endroit malodorant par ce voisin pas causant du tout . Nous étions heureux , le si peu de confort , suffisaient à notre bonheur récent , nous pourrions nous ébattrent en toute liberté des heures entières , sans aucune contraintes ni artifices en dentelles  , finir de découvrir le corps de l'autre centimètre par centimètres carrés  , apprendre à se caresser mutuellement , en véritable couple devenu déjà unique , nous nous accordions parfaitement , passions des heures enlacés , entremélés définitivement dans ce logis devenu celui du bonheur  .Coté fonctionnalité ; cerise sur le gâteau , je pouvais garer mon carrosse dans un garage tout en bois , brinquebalant de tous cotés , prêt à s'effondrer en cas de choc minime , c'est dire la générosité incroyable de notre couple logeur .Ma chérie , n'avait pas retrouvé de job , suite au contrat d'intérim de fin d'année , elle s'en était allé , laissant ses premières collègues d'une vie quelle allait retrouver ultérieurement . Retrouvant le petit réduit , me préparant de bons petits plats , dont elle avait le secret par sa maman , elle n'attendrait pas longtemps .Son employeur , sorte de grand magasin construit en préfabriqué en périphérie de cette ville devenue importante , allait rappeler à la rescousse cette jolie jeune femme courageuse , obéissante à tout ordre donné  par ses supérieurs , et ce ! pour un contrat à durée déterminé , 6 mois , c'était un bon début , le sérieux dans son premier contrat de travail avait réellement payé, elle avait fait mouche !! . Ne possédant pas encore  son permis , elle utilisera le covoiturage , pendant quelques temps, à la merci de collègues et de leurs horaires compliqués , les heures d'absences seront importantes . Moi , de mon coté , je continuais dans cette société , toujours la même , j'avais accumulé les bons points , j'allais bientôt changer de métier . Au bout de sept mois dans cet appartement vétuste , au parquet disjoint et vermoulu par endroit , nous espérions une habitation à loyer extrêmement modéré, mais réellement moderne , pour continuer de vivre une vie plus intéressante au niveau du confort. Nous espacions les  douches , le grand dépoussiérage à la maison familiale , nous ne pouvions continuer de cette manière , ce chauffage au charbon m'enquiquinait au plus haut point , charger, recharger cette chaudière d'un âge improbable me laissait pas mal de traces noires. Son père , avait beaucoup de relations , désirant que "sa fille" puisse bénéficier d'un logis moderne , il allait faire le maximum auprès d'amis proches , hautement placées , pour nous faire attribuer un logement simple mais ! moderne .Le premier hiver , occupé à rentrer ce charbon dégueulasse dans cette chaudière vétuste , il nous fallait passer à autre chose de plus confortable . La maisonnée quoique petite , était menée de main de maitre par cette femme que j'avais choisie il y à  une année , je nageais dans un bonheur aux ingrédients de nettoyage  interminables , nos misérables meubles se trouvaient lustrés et astiqués en permanence , ça l'est encore de nos jours , ma "celle que j'aime" ne supporte pas le moindre mouton chez elle , ces derniers seront définitivement  installés dans le champ d'à coté,  à brouter l'herbe de ce printemps tardif . Son petit trousseau , accumulé depuis pas mal de mois , était construit avec une sagesse ultime ,  incroyable , je voyais  en elle cette entrepreneuse de force majeure , sans aucune failles  ni  faiblesse , elle accumulera au fil des années une innombrable quantité de draps et de couettes , des housses d'oreillers en pagaille , une armée de gants de toilette , et enfin !! pas mal de chaussures . Nous avions commandé notre première chambre , avec les chevets de chaque coté de ce lit de cent quarante. Le dimanche matin , seule jour à deux , nous nous retrouvions pour une grasse matinée somptueuse de complicités amoureuse , nous avions un peu plus de vingt années au compteur , il nous fallait battre les records , ces derniers sont faits pour être battus , nous nous y sommes employés à corps perdus , des nuits entières comme des morts de faim . Nos finances , à cette époque un peu justes , nous ne sortions que rarement , nous allions plutôt souvent dans cette maison restée familiale . Je circulais à bicyclette complètement hors course , et j'allais conserver ce profil longiligne pendant pas mal de temps .Nous filions des jours heureux, mais je restais quand même , par instant détestable , un peu chafouin, je récoltais peut être ? le résultat de cette enfance pas bien terminée .Je détestais les enfants , dans mon subconscient j'avais déjà acté le fait de ne pas avoir de progéniture, c'est triste ! mais je ne pourrais jamais franchir cet obstacle infranchissable pour moi . Enlacés , souvent nous en parlions furtivement , avions même ! inventés des prénoms possible , une fille , un garçon, Delphine et Richard seraient nos futurs enfants. Nous en resterons la !! je ne supportais pas de voir ces femmes enceintes , rejet catégorique de cet espoir certainement souhaité par ma "celle que j'aimais pourtant ".Peut-être le seul regret de ma vie simple ? je ne sais pas encore, je n'ai pas encore trouvé de réponse à ma question . Maman m'avait détesté ? je haïssais ces sales gosses , pas ceux des autres ! bien sur, mais il m'était impossible de franchir la barrière . Nous étions dans l'apprentissage de la vie de couple, pas toujours évident, nous apprenions à nous connaitre. Souvent! nous étions aux antipodes de nos réactions , mais jamais de gestes déplacés, nous nous respections mutuellement. J'ai mis un certain temp à comprendre et enfin , à réagir devant mon comportement de célibataire endurci à vivre en autarcie . Je finissais par m'adapter jours après jour, ma chérie était d'une composition phénoménale  !Encore maintenant quarante sept années après notre union, elle reste incroyable de compréhension , devant mes fâcheuses incartades mentales , c'est la seule à avoir compris ce fonctionnement bizarre .Elle s'adaptait au fil des mois , continuellement devant mes imprévoyances et déplorables incohérences , l'amour finalement aplanit bien des aspérités .Elle se trouvait rembauchée pour un petit contrat de six mois , nous avions tellement de choses à nous raconter le soir , en face à face devant ce diner toujours prêt , elle se trouvait bien dans ce grand magasin , apprenait la vie associative de se travail en équipe . Le déménagement se profilait à l'horizon , le fameux jour "J" étant venu , j'empruntais la camionnette de l'entreprise. Nous avions pas beaucoup de choses à transporter , quelques meubles en bois reconstitué , un ou deux strapontins, nos trois sacs et deux petites valises certainement en papier cartonné, et c'était tout ! Nous quittions cet appartement , il nous avait bien arrangé , mais nous allions trouver le véritable luxe , sans aucune comparaison possible . Si ma mémoire est inexacte , ma chérie modifiera , nous avions hérité , en tant que petits revenus , d'un fabuleux trois pièces , aux multiples ouvertures , dont deux donnant sur le cimetière de cette ville . Des fleurs toute l'année, la fanfare les jours de commorations du 14 juillet et du 11 novembre en passant par le 8 mai chèr  à mr. Mittérand . Des visiteurs tristes accrochés désespérément derrière leurs corbillards portant les fleurs , reliques et souvenirs en marbre , à longueur de temps , agrémentaient le rituel d'un boulevard des allongés pour l'éternité . Nous n'avions pas du tout le même regard que nous aurions à l'heure actuelle sur cet étrange phénomène qu'est la mort annoncée dans la rubrique funèbre , nous virevoltons dans cette appartement , regarderons sans les voir , ces tombes bien rangées par allées numérotées . Pour un loyer modique , (57 francs) , nous avions beaucoup de place , trois pièces + la cuisine , une cave au sous sol ,enfin un parking privé en bas de l'immeuble , pour ranger la voiture devenue presque une épave . Nous étions la reine et le roi , de cette nouvelle fortune immobilière en location permanente  . La sœur cadette habitait de l'autre coté , dans ce même ensemble foncier , nous feras signe quelques temps , puis partira faire construire sa maison un peu plus loin . De notre coté , sur le palier , habitait la crème de cette ville , sorte de fou furieux , tabassant ses gosses , les pendant dans le vide . Mais tant pis , notre porte palière fermée , nous étions seuls au monde , elle ! se démenant déjà à la mise en place de tout ce qu'il fallait pour un ordre concluant de propreté . De futurs achats se profilaient , à l'horizon , de multiples crédits également au taux véritablement usurier .Je démarrais de bonne heure le matin , elle , plus tard, les horaires des grands magasins sont comme ça ! Et les jours défilaient , inexorablement , un attachement mutuel prenait corps , les petites difficultés de la vie nous rabibochaient rapidement , nous forgeait déjà un attachement certain . Mais je restais un homme difficile à vivre , je le conçois , avec du recul , j'admet que ce ne fut pas toujours simple pour elle . C'est à cette époque que nous avons adopté notre premier chien , j'avais pas fait dans la demi-mesure !! un petit labrador de couleur pas blanche , allait révolutionner notre quotidien et notre entourage  immédiat . Maman m'avait prévenu , il à des pattes énormes !  il seras gros ce chiot. Je passais outre à ses recommandations , deux mois plus tard, nous avions dans l'appart ! un gros toutou se nommant "Fantômas". Coureur invétéré , il s'échappait dans la ville , courir les filles , revenait très tard , sachant retrouver sa gamelle et son lit douillet . Il fut un formidable compagnon de tous les jours presque dix années durant . Les premières vraies vacances en couple , nous sommes allés sur cette ile de beauté , je souhaitais lui faire découvrir cette ile magnifique , ce fut un voyage mirobolant de découvertes pour nous deux . La Ford , toujours d'attaque nous emmenait à des vitesses pas raisonnables de nos jours , mais j'étais ce jeune fou du volant , bravant des risques inconsidérés au risque d'aller au fossé  . Ma chérie en profita pour apprendre à conduire sur ces routes sinueuses tout ce mois de vacances , en véritable virtuose de fille de garagiste elle conduira sans aucun permis durant le mois entier à la barbe de tout ce monde normalent constitué . A la rentrée de septembre , elle ira à l'examen de conduite  au volant du carrosse , reviendras le billet rose en poche , nous avions peur de rien.  Mais c'était une fille de mécano , l'inspecteur l'avait deviné à sa conduite bien ordonnée . A partir de ce jour, elle fut complètement libérée de ces contraintes journalières . Moi je filais en solex 3800 , légué par  maman devenue presque retraitée , ne prenant plus cette bicyclette à moteur . Papa , le seul qui m'avait un peu compris ,nous quitta très peu de temps après , attrapant une saloperie dans son cerveau de cheminot retraité , finira quatre mois plus tard dans le cimetière des "oubliés ". Nous regretterons , mon épouse et moi-mème , beaucoup plus tard de ne pas avoir partagé plus de temps  ,  avec ce bonhomme gentil comme tout .Mais restait maman , elle va récupérer rapidement , voyagera avec sa belle sœur , nous aideras quelques temps dans les moments difficiles . Mais j'étais devenu très distant , ce n'était pas un confinement pour elle,  elle ne verra que très peu souvent son fiston . Je ne regrette rien , malheureusement pour elle et peut-être pour moi ..je n'avais pas oublié ..........  

Chapitre.18. l'aventure immobilière.

              Trois années ont passés , les années Giscard , intrépide commandant de cette France de mon enfance ,  avec ses  fameux avions renifleurs cherchant d'hypnotiques carburants en mer d'Iroise , nous approchions d'une   incertitude internationale  , qui s'appellera la première crise pétrolière planétaire .Les conflits à répétitions dans cette Asie mineure avaient exacerbé les peuples Arabo-musulmans et ,  de ce fait avait déclenché une pénurie de carburant , c'est à partir de ce moment que le cout au litre allait devenir problématique pour nos portefeuilles . Notre président allait , certains  soirs , avec son épouse coincée aux entournures ,mais recouverte de bijoux  offerts  malencontreusement par  Bokassa Premier , souper chez ces gogos de Français moyens , tenter de rafistoler le Bourgeois du prolétaires minable , rien n'y fera , la droite ! chère à De gaulle allait à sa perte définitive et ce pour toujours . Notre couple , bienheureux , confortablement installé , se trouvait être aux antipodes de ces racontars devenant  politico médiatiques . Nous changions de voiture , les crédit à la consommation effrénée en ces temps mirobolant de largesses , allaient nous aider à franchir le pas d'ouvriers à très petit possédants  , méritants enfin la première médaille du travail  . Il faut quand même réaliser que devant la ''petite '' richesse pécunière accumulée , nous devenions , quelques part indésirables dans cette Hlm peuplée de prolétaires habitués aux aides de cet état devenant cet impécunieux notoire occupé à renflouer ces pauvres gens sans emploi garanti .En véritables profiteurs de ces largesses de cet état devenu protecteur , une armée de fainéants allait apparaitre et , ce pour longtemps, pour certains jusqu'à la retraite . Nous commencions à rouler carrosse , élargissant nos achats devenus intéressants de nouveautés , nous étions rentrés dans ce grand bal populaire qu'est devenue cette nouvelle société de consommation effrénée . Le voisin de palier ,  ivrogne notoirement connu des services de police , nous avait pris en grippe , allait devenir le souffre - problèmes sans discontinuer , nous insultant sans arrèt . Son penchant pour le gros rouge bien épais , une agression envers nous était ! dans la réalité future , tout à fait plausible . Ce qui devait arriver arriva , un soir de ribouldingue liquide , il s'attaquera avec sa carabine chargée , à notre porte palière remplie de carton  . Devant le refus de la gendarmerie à intervenir dans ce conflit de voisinage  , nous prendrons notre courage à deux mains , la boite à poivre  grande ouverte , comme seul moyen de défense allait devenir notre arme absolue pour contrecarrer les agissements de ce farfelu , véritable débile mental à la gâchette facile .Vociférant des obscénités incroyables et non acceptables pour nous , ses yeux révulsés , en furie alcoolique ,  il allait tenter l'irréparable . Nous tirer dessus ! .En  un véritable conseil de guerre , notre couple vacillait de peur , inquiets de la tournure des évènement à venir  , il nous fallait réagir rapidement , pas de téléphone , pas d'autres solutions que contre-attaquer. La peur au ventre , doucement mais surement , à son ainsu ,nous allons entrouvrir notre porte trouée d'énormes trous , d'un coup sec , Il n'aura pas le temps de recharger son nuisible engin à un coup , je lui jetais en plein poire ce mélange exclusif , mélange explosif pour ses narines dégueulasses sentant la vinasse à pas chère . Ma chérie ,en véritable cerbère se jouant de tous risques encourus ,  m'accompagnera , me serrant dans ses bras , nous ne faisions , devant l'adversité une seule et même personne , bien décidés à en finir  avec ce rustre .Dans ces moments imprévisibles , je crois que notre amour nous avait définitivement scellés dans une parfait harmonie . Dans ce geste offensif , nous nous arque- bouteront contre cette méchante agressivité , nous gagnerons ce combat , laissant ce pauvre type allongé sur ce palier , pas fatal pour ce type , mais suffisant pour lui asséner un KO par look out !! .la suite nous laissera tremblant de trouille , la porte refermée nous attendions le retour de baton , il n'a pas lieu , il avait compris !!  . Son épouse également ivrogne notoire ,  criera , appelant à l'aide , nous détestera encore plus , d'avoir éliminé son mari .Nous étions littéralement rentrés en guerre contre cet imprévisible malotrus .Le soir même , le beau - père viendra nous chercher , nous repartirons vers ce cercle familial protecteur  , quittant pour la dernière fois notre havre de paix devenu scène de guérilla .Nous apprendrons quelques années plus tard la déchéance prévisible de ce pauvre type alcoolique  invéteré  . Ivre mort , il se noiera dans le ruisseau d'à coté emportant avec lui sa méchanceté , laissant une veuve éplorée et une marmaille pas encore terminée , je l'oublierais très vite. Paix à son âme !! Nous avions , entre temps, dans nos balades du dimanche , longé un lotissement tout neuf dans un petit village à quelques kilomètres de notre ville .Nous roulions carrosse à cette époque , je stoppais machinalement devant cette maison témoin. Les lotisseurs étaient devenus légions dans cette campagne  encore déserte  de lotissements ,  plus pour très  longtemps. Le bitume, le béton allaient remplacer la terre , et ses cultures , foutrent dehors ces paysans bons pour la casse . La campagne changeais , le remembrement terminait son oeuvre de démolition de cette  terre nourricière chère à nos ayeux  .Quelques fermes resteront , des vaches paisseront quelques temps autour de ces lotissements neufs. Mais!! c'était irréversible de nouveautés , le paysan allait disparaitre corps et biens , écrasé par ces fonctionnaires de l'ordre constructif . Nous sommes ,  rentrés , il est tard , presque dix huit heure , un vendeur , "Mr. Lire ", comme la lecture , fait office de représentant immobilier ce jour la , et c'est  son dimanche de garde . La maison témoin nous plait , bien sur , mais comme elle n'est pas à vendre !! reste une seule , au centre de ce village de cinquante jolies cabanes  toutes identiques . Le vendeur  nous accompagnera , à travers ce lotissement entouré de pelouses immaculées , d'ailleurs il se nommait "le Vert Village" !! Nous rentrons dans cette maison , un véritable capharnaüm remplit la pièce principale , normal ! nous rassure le type au complet veston de marque , cette maison sert de stockage pour les entreprises de peintures . Nous nous regardons, même pas le temps de réfléchir , la solution arrive dans nos tètes .Je suis déjà dedans , je visualise notre maigre mobilier , la future tondeuse , la voiture dans la garage  , la future cheminée , la cuisine et les placards  pour ma chérie . Deux cent soixante quinze mille francs de l'époque , c'est , pour nous , véritablement une somme conséquente . Je regarde notre voiture neuve , pas encore payée , bien sur à crédit ! il nous faut vendre cette berline si confortable , retourner dans des vielles bagnoles pourris  . Ou ?  rester encore dans cette immeuble ,certe confortable ! mais  à supporter  tous les jours de la semaine cet  irascible voisin . Le vendeur très sympathique , nous invite à la discussion , il a ferré l'acheteur potentiel , peut- être ? le dernier de la journée . De plus , c'est la dernière nous diras t'il ! C'est le coup de massue , dans notre mental , il sera fatal, à l'entrée est affiché un somptueux texte ....Pour mille francs , devenez propriétaire, et repartez avec les clefs. C'est ce que je gagne dans un mois !! Nous retournons visiter cette maison , faisons le tour au moins trois fois .C'est le summum pour nous , j'ai vingt sept ans, ma chérie deux ans de moins, nous sommes peut être ? mures pour cette première acquisition . Par chance , le chéquier se trouve dans mon sac , je signe , presque sans réfléchir ,  le chèque de caution : un mois de salaire quand-mème c'est beaucoup pour nous , que nenni , nous acceptons le deal  ! .Nous sommes maintenant rentrés dans le vif du sujet , oh! bien sur , il y a cette possibilité , sous huit jours pleins , d'une possible rétractation , de plus , il nous faut l'accord de notre banque , mais le fait est bien la , devant nous, cet amas de bloc cimentés nous attends dorénavant de pied ferme  . Nous quittons Mr. lire , nos neurones planent déjà , dans quelques semaines , nous deviendrons propriétaires de cette bâtisse magnifique . les formalités seront rapidement expédiées , nos revenus suffisent largement pour payer les mensualités , vingt années de labeur seront! néanmoins ,  nécessaires pour honorer  notre  signature ,  la deuxième plus importante depuis notre union à la mairie , un jour de décembre soixante quatorze  . L'inflation galopante de l'époque accélèrera le différenciel mois après mois , nous en sommes convaincus par le vendeur , son oeil malicieux à fait son effet , sur moi et mon épouse . Nous rentrons chez nous, nous sommes presques bouleversés de notre décision , certainement hâtive , mais si conséquente de joies futures , devenir propriétaires si jeunes  il fallait le faire , nous avons sauté cette barrière impossible ,comme beaucoup ! nous allons habiter chez nous , décorer comme nous le désirons nos murs . De plus , notre départ anticipé du logement faisait que cela arrangeait bien nos affaires logistiques .La voiture était revendue , je rachetais  , pour une somme modique , à mon oncle sa  vielle 204. absolument vétuste , un vrai tas de rouille ambulant déjà en panne le premier jour , mais c'était la seule solution , nous étions obligés de mettre tous nos œufs dans ce même panier immobilier  , c'était irréversible de justesse . Toujours avec la même camionnette , nous sommes arrivés un samedi matin , tout auréolés de gloire , dans cette maison tellement grande et confortable. Nous avions un peu plus de mobilier , normal le trois pièces . Il avait fallu le remplir . C'était toujours ça !! Nous avions un jardin , Fantômas notre chien était aux anges , courrait après les poules du fermier  à la ferme désuète en salubrité , nous allions découvrir cet environnement   , un terrain pour courir , de plus , c'était la véritable campagne aux alentours , valonnée nous allions découvrir tous les chemins environnants  . Que de balades à venir . Nos voisins , autour de nous étaient tous des jeunes diplômés de la vie , les enfants criaient dans la rue , notre vie devenait d'une tout autre dimension . Le summum pour ma chérie, c'était d'avoir une fenêtre devant son évier , elle regardait les arbres pousser, ses fleurs fleurir  . Les amis , allez et venir , son homme tondre la nouvelle pelouse . Mais! je l'admet que je m'intéressais très peu à ce jardinage obligatoire , mon épouse accomplissait assez souvent  ces taches qui n'étaient pas pour moi . Quand je repense à ces moments , j'étais d'une froideur extrême , la regardant travailler dehors , après ses taches ménagères. Etais-je fait pour ça ? Oui  ! certainement !! je retombais dans mes travers , négligeant ce qu'il y avait de plus beau avec moi .Pendant quelques temps , le parfait amour avait presque disparu . La bonne fortune démarrait quelques temps après , je n'avais pas gagné au loto , !! je ne joue jamais, mais une véritable modification allait arriver, une promotion arrivait, je sortais de ce métier manuel . On me proposait un poste nettement plus prometteur . Le métier de vendeur débutant m'étant proposé , j'acceptais immédiatement , jetais aux oubliettes mon bleu de travail . Je rattrapais presque ma chérie dans l'ordonnancement de nos entreprises. A force d'abnégation , j'allais réussir dans ce métier, je gagnais nettement mieux ma vie, je rapportais de multiples primes à la maison. Nos deux salaires devenaient intéressants , il était temps de voyager..............

Une Vie Simple.// chapitre .19. nos voyages extraordinaires

    Dans les années quatre vingt , nous , les camionneurs du voyage organisé en toute liberté de circulation , n'étions pas légion sur les routes de France et de Navarre . Je veux parler bien sur , des autocaristes , gentils rouleurs sur macadam de ces départementales bien sinueuses , pas encore mises en trois voies de roulement , véritables meurtrières , preneuses de vies à chaque retraississement .les chemins forestiers oubliés , bords de mer encore libres de droits de stationner nuit et jour , allaient nous satisfairent dans nos pérégrinations et ce en toute liberté d'apprécier cette nouvelle et originale solitude à deux . Les semaines , les mois sous la tente , si confortable soit-elle pour deux amoureux émoustillés de sensations nouvelles , toujours pas rassasiés , nos corps enflammés , embastillés en permanence en redemandaient toujours et encore .La rudesse de ce matelas gonflable posé sur le sol recouvert d'une bâche de protection tout temps , ne suffisait plus à notre désir de découvertes , de conforts supplémentaires , de visites pittoresques dans cette France profonde encore inconnue de citadins voués à habiter dans du béton précontraint . Ils nous fallait , trouver une autre solution de déplacement plus palpitante au regard des surfaces considérables à explorer , à photographier .J'allais au fil du temps collectionner une important batterie de clichés genre diapositives que nous allions découvrir au retour du périple . Sur les routes , nous croisions depuis pas mal de temps des camionnettes plutôt bigarrées , souvent trainant laborieusement de jeunes couples chevelus , à la barbe conséquente pour les hommes , mini-jupe échancrées un maximum pour leurs cocottes dévergondées depuis ce fameux mois de Mai 68 , sorte de Cro-Magnon à l'intelligence artificielle à fleur de peau , ils squattaient les endroits perdus , comme les cimetières .Des camping car genre Pilote ont réveillé le désir de puissance dans ces nouveaux genres de voyageurs , mais le cout prohibitif de ce genre d'instrument allait immédiatement nous couper l'asphalte sous les roues en acier . Le choix se portait rapidement sur une solution réellement plus économique , mais! néanmoins synonyme de libertés recherchées .Nous cherchions le fourgon le plus simple possible , pas trop encombrant , pas trop cher , pratique en maniabilité , et , pas trop moche quand même , nous ne voulions pas ressembler au maçon du coin trimballant son fourretout dégueulasse .Nous ne désirions pas , non plus , ressembler aux couples de tocards , hirsutes , mal rasés , genre baba cool complètement à l'ouest , sorte de génération mal lavée habituée du Larzac ou de Plogoff , dans leurs Combi moyenâgeux , à moteur arrière crachant pas mal de fumées nauséabondes . Notre première auto , une Ford de puissance intéressante , nous avait satisfaits complètement . Donc , pour faire simple ! nous nous sommes tournés vers le concessionnaire Ford le plus proche. Le transit dans sa forme et motorisation actuelle , n'a absolument plus rien à voir avec ceux des années quatre vingt . Tout d'abord la motorisation mazout horrible , ne se faisait que très peu , réservée aux saltimbanques maçonniques du bâtiment , et camelots de marchés portatifs .A cette époque, nous avions donc opté pour une motorisation essence , 90ch , quand même ! installés sous le capot riquiqui , suffirait pour emporter ce futur et jeune équipage avide de voyage mirobolants . En contrepartie , ce dernier demandait à passer tous les deux cent vingt kilomètres à la pompe .Véritable réservoir étriqué , la consommation importante (13 litres au minimum, sans compter les cotes ) , ce fourgon demandait un budget réellement conséquent en carburant de qualité d'indice octane super avec plomb .Peu importe le budget , il nous fallait s'acheter cette casemate sur quatre roues de couleur rouge . Nous avions , pour ne pas vivre le buste plié en deux , choisi le toit réhaussé de couleur blanche , une option certainement importante dans ce budget, mais réellement indispensable , nous étions jeune le dos encore très robuste , mais il ne fallait pas entamer notre capital santé , vivre couché c'est bien!!mais debout c'est encore mieux !!. Dès le premier WE de disponible , je travaillais activement à la construction de cet aménagement intérieur . Des vitres coulissantes furent posées , une réserve d'eau usée branchée (nous la perdrons sur les routes de l'antique Portugal) ,l'indispensable réserve d'eau propre installée(pour la vaisselle et le débarbouillage ) , un mini lit de cent vingt , la largeur nous importait peu , nos corps avides de se retrouver (c'est beau d'être jeune ), ne demandaient qu'un espace restreint pour des étreintes toujours aussi passionnées , une mini cuisine , deux sièges de Matra Tagora récupérés à la casse du village , vissés sur plateau tournant accompagnèrent le petit plus en confort désiré . Dans le coffre au dessous du lit , une réserve pour la nourriture , pas des rations de survie , mais de quoi tenir trois semaines au moins en produits non périssables . Au bout de quelques semaines de sciages et de vissages , nous étions parés pour ce véritable premier départ . A nous la liberté , les grands espaces , la solitude à deux , accompagnés de notre gros chien protecteur , nous partions toutes les fins de semaines , écumions les plages du département voisin , les iles bretonnes (j'en reparlerais plus loin) . Quel bonheur, de vivre cette nouvelle aventure touristique ? A cette époque , pas de problèmes majeurs de sécurité , nous passions nos nuits , bien au chaud , au bord de ces plages paradisiaques de beauté , sur les ports, dans le centre de villages , au beau milieu de villes majestueuses. A part , quelques étourdis passionnés d'alcools tardifs , nous n'étions jamais dérangés . Les rares voyageurs comme nous , en fait ! étaient très peu nombreux, pas comme maintenant , tous collés sur des parkings minables, souvent pas loin de malodorantes déchetteries , ou de pas terribles populations . Nous roulerons pratiquement seize années dans ce camion aménagé , une mise à jour s'imposait ! je le modifierais au gré de nos souhaits . Pendant les grandes vacances , nous partirons dès le vendredi soir, le coffre chargé à bloc , les vélos ficelés à l'arrière , le plein fait et aucun carnet de route préparé à l'avance, nous fermions pour quatre semaines complètes , cette maison formidable de bonheur . Globalement , le but du voyage , nous le connaissions, mais comment y parvenir ? la ! c'était une autre histoire !! l'Europe se dessinait facilement sur la carte Michelin , vaste , parsemée d'autobahns monstrueuses ,de routes secondaires interminables de majesté, elle nous permettait de faire fructifier , d'amplifier notre savoir en géographie . Belgique, hollande , Danemark , Allemagne ouest , Est , Tchécoslovaquie ,Suisse, Autriche, Italie, Yougoslavie, Albanie, Portugal, Espagne , portugal et ses plages aux eaux fraiches Gibraltar ,et, j'en oublie certainement furent nos destinations préférées. Nous étions les rois du bitume , grand consommateurs de ce carburant actuellement tant décrié , oui ! nous avons participés activement à la démolition de cette nature environnante , à notre petite échelle quand même ! . La lunette arrière sur les portes battantes était recouverte de mirobolants autocollants . Notre meilleur souvenir.. fut certainement Berlin au temps du rideau de fer .Check point Charlie fut un moment pathétique , ainsi que l'estrade ou , en tant que maitre de cet Univers , John Fitzgerald Kennedy était monté pour saluer la partie Est. Nous y sommes montés également , gravis ces marches en bois , avons salué ces condamnés de l'ordre étatique , derrière cet hideux rideau de fer (en béton bien sur!). Un peu plus tard, nous regarderons ,effarés , tomber ce monument d'une époque heureusement révolue , reconnaitrons les endroits que nous auront tant arpentés . Un monstre de béton et de ferraille disparaissait , laissant rentrer la jeunesse de l'Est , ces Communistes affiliés à la défunte URSS allaient découvrir , enfin la véritable liberté .Déambuler sur la kufurstendamm , les 4 kms les plus importants à l'époque pour accéder à la porte de Brandebourg , était la sortie principale de tous les habitants de l'Ouest . Nous dormions le long de cette large artère magnifique, complètement en sécurité , de rares badauds passaient , regardaient ces Français .La ville était majestueuse de grandeur, mais encore beaucoup d'immeubles fantasques , à l'abandon , parsemaient l'espace . Les vestiges de cet ordre Nazie tellement barbare de cruauté ,nous rappelaient le décor de cette histoire de puissance de cet axe monstrueux de haine, désormais ! maintenant tombé dans les oubliettes de l'histoire . Comme à Amsterdam se payer le luxe de dormir dans le quartier rouge ! c'était possible!! bien sur !! Nous étions jeunes sans aucun complexe , jamais peur . Réveillés de temps en temps par une mitraillette dans les Balkans naguères unis , nous montrait néanmoins la différance en liberté par rapport à notre pays . L'Allemagne de l'est se traversait assez facilement , visas , passeports valides , il fallait , néanmoins montrer pattes blanches , nous traversions ce pays complètent mis à nu par ce pouvoir étrange . Pas le droit de s'arrêter , de converser avec les autochtones aux petites Trabans minuscules, mais tellement typiques de ce pays rétrograde . Des chars en guises de frontières , nous inquiétaient parfois , nous indiquaient la route de leurs canons métalliques montés sur leurs affuts bien huilés . Les kilomètres défilaient , les paysages somptueux de l'Europe centrale resteront dans nos mémoires de voyageurs pas du tout égarés . Nous avions soifs de voir , de connaitre , de vérifier la carte .Pas de GPS bien sur , que la Michelin au cinq cent millième pour nous indiquer la direction. Comme je l'ai fait remarqué au début de ce chapitre, le budget carburant étant réellement conséquent , cinq mille francs de l'époque suffisait à peine pour boucler ce périple. Pas de carte bancaire, que des espèces, nous revenions avec un stock de monnaies étrangères important. La pire c'était la Lire Italienne , des billets qui ne valaient rien du tout, remplissaient nos poches , pas encore percées. Il était temps de rentrer, nous traversions l'Italie du Nord , Vénétie, Lombardie , enfin la France et ses douaniers mal sapées. Le périple touchait à sa fin, cinq ou six mille kilomètres d'avalés, nous rendaient plus fort pour reprendre le collier .A suivre ..JD.

Une Vie Simple.// chapitre .20. Un nouveau Départ.

             Le travail , en ce début  de septembre avait repris ,comme à l'habitude ,la fabrique à profits allait se faire un peu de blé pour le redistribuer en salaires grâce à la marge dégagée .J'avais commencé à comprendre, disséquer  les rouages de cet assemblage balistique ,pour fabriquer de la richesse , cette dernière, n'en déplaise aux suppôts syndicalistes ,pas du tout dans cette course aux profits, faisait le bonheur de notre chef d'entreprise et , remplissait notre bas de laine. De nombreuses grèves allaient émailler cette décennie de transition , les années socialistes ,mirobolantes de rêves tout éveillés dans la cohorte de comédiens assermentés à la rose, devenue , elle l'espoir de millions de gens désabusé par le roi Giscard  déchu . Cet échafaudage branlant , n'allait absolument pas enrichir la masse populaire qui , restée en bas de l'échelle ,allait continuer à ramer et, peut-être ? finir par se noyer corps et maigres biens ,dans les pattes de cette monstrueuse bande de malappris, tous intéressés par le pouvoir . Les premiers ministres, hommes et femmes ,illustres inconnus incompétents , se succédaient au pas de courses ,rodaient dans les châteaux de la République devenue simple banane à éplucher les soirs d'orages . Ces nouveaux socialistes empilaient des richesses encore jamais vues auparavant , une , passée par la , incognito, nommé par ce président fantoche , ira jusqu'à comparer les fourmis aux japonais travailleurs , c'est dire la bêtise de ces olibrius arrivés accidentellement au pouvoir un soir de 21 avril 1981. Nous ne faisions aucunement ,mon épouse et moi-même de politique , nous allions préférer notre syndicat personnel, celui du bonheur partagé , le célèbre slogan hippie, dans les époques soixante "faite l'amour ,pas la guerre sera notre lève-motive journalier ". Quitte à se faire pas que des amis , nous resterons campés sur nos positions , celle couchée , et celle assise dans notre cabine de pilotage, de ce Ford agréable à conduire par tout les temps . Nous repartions la tète remplie de souvenirs impérissables , nous étions déjà prêts à redémarrer cette camionnette, chauffer la mécanique , mais il nous fallait reconstituer le bas de laine .Ce nouveau job me plaisait , j'apprenais à lire les chiffres , à vendre de la valeur ajoutée. j'accumulais de gargantuesques primes , ce directeur , petit neveu du grand patron , entrepreneur dans les affaires louches , avait un aperçu très aléatoire des finances d'entreprise(pas la sienne), celle des autres .Une déconvenue générale approchait à grands pas , allait littéralement submerger ce bel édifice fait de châteaux de cartes construit à la force de nos petites mains . Elle sera terrible de vérité , la société pour laquelle je travaillais depuis treize bonnes années périclitait doucement mais surement .Les salaires mirobolants octroyés à ses représentants de commerce tellement adulés, couvés ,chouchoutés , nourris à la sauce béarnaise , plongeaient la société dans un véritable gouffre financier , sans fond , sans aucun garde fous , ce directeur allait continuer sans vergogne à dilapider le si peu de richesses . Nous, les petits commis ,à sa solde n'avons vu rien venir , sinon un connard de la Région parisienne , un véritable nettoyeur d'entreprises en difficultés  .Le champagne ,le jour de son arrivée fut sablé, mais ce fut pour détruire progressivement notre petite  boutique  .Sans foi ni loi , le rustre allait culbuter la fourmilière , avec ses poches devenues percées , la lanterne rouge de ce groupe devenu international ne pouvait que libérer de l'espace  . Le paquebot rutilant devenait le Titanic flamboyant , vous connaissez la suite , un petit morceau de glace , et le somptueux édifice coulera corps et bien. Ce n'est pas par le manque de commandes ! mais la négligence et l'incompétence de notre directeur général ayant creusé un déficit monumental. Ce dirigeant de pacotille , arrivé sur terre , une cuillère en argent dans sa bouche de gros bébé , dilapidait à tour de bras les efforts de notre petite communauté . Il était incroyable de légèreté , gentil , inpécunier notoire dans sa famille de vieux bourgeois , et tellement imbus de sa personne intouchable dans cette famille d'industriels de la porte. Le mortifère gestionnaire des causes perdues, arrivait pour bousculer tout ce petit monde , allait peser finalement ,le pour et le contre , et , décida en son âme et conscience , de se débarrasser de quelques soi-disant parasites. Je ne m'inquiétais pas trop , mes résultats en vente à emporter ,sommes tout: excellents, suffisaient largement à embouteiller le travail organisé dans l'atelier. Entre temps, j'étais passé de simple charcutier du bois , à la distribution , je me débrouillais très bien, je gagnais  bien ma vie .Notre train de vie, maison, camion, sorties étaient devenus, de facto le quotidien de cette vie simple. Nous allions partir sereins, en vacances pour ce noël tant attendu , une ou deux personnes me regardaient tristement , je n'ai rien vu venir ! convoqué cinq minutes avant mon départ, pour ce congé bien mérité , après le pot de l'amitié , le vingt trois décembre , il m'annonçait le pire évènement de ma vie !J'étais tout simplement lourdé , comme un malpropre , résolument expulsé de cette famille de travailleurs de l'ombre. Je n'en menais pas large . Le ciel me tombait sur la tète .Comment annoncer à ma petite chérie cette terrible nouvelle ? la veille de ce réveillon ! Il le fallut pourtant , je m'écroulais , je craquais de toute part ,de tous les cotés, j'étais devenu le raté de la famille, les regards des autres, en parfaits égoïstes , avaient disparus, me laissant désormais seul regardant mon ombre sur ce mur que j'allais quitter une bonne fois pour toute . Impuissant devant tant de cruauté de la part de ce dirigeant imprévoyant ,il me fallut réagir, et vite, la santé pécunière en dépendait et ,bien sur la solidité de notre couple . Quelque part ! la puce à l'oreille aurait du fonctionner ! quelques jours plus tôt, j'avais convoyé sa grosse berline Renault type R30 six cylindres , chez le concessionnaire de Nantes, il ne pouvait plus la payer ! Le prochain départ ! en fait ! c'était pour moi . Il me rassura sur mes indemnités mirobolantes octroyées , trois mois de salaires plus la prime obligatoire en cas de départ anticipé , cette largesse financière ne remplaçait pas ce désordre maintenant dans ma tète. Aurait-il les moyens de me payer ? Imaginez accomplir ce funeste et dernier voyage entre le bureau et cette maison neuve , décorée de ce sapin de noël, les cadeaux à son pied . Ce fut véritablement terrible , j'ai dans ma vie simple , connu deux fois ces départs obligatoires, celui la , et ! il y a huit bonnes années , le départ à la retraite , mais c'est une autre histoire, dans quelques chapitres nous y viendrons forcément, il me faudra bien clôturer cette histoire simple .Je n'étais plus moi-même , je réfléchissais , de ce fait ! nous avions un bon petit pécule de départ , bien sur. les chiffres positifs s'affichaient sur ce compte en banque . Mais les frais et dépenses continuaient à courir , tous les jours de la semaine , pour s'afficher peut-être en négatif bien avant le 31 . Dès le surlendemain , je donnais ce coup de fil qui allait définitivement changer ma vie professionnelle. J'avais comme client dans mes affaires antérieures, une grosse entreprise genre négoce,(voir l'écriture : LA FIRME), Sans perdre de temps j'appelais , je tombais sur ce client , acheteur sympathique et à la fois dynamique . Il cherchait quelqu'un , métreur de formation , connaissant les rouages de ce métier particulier , capable de relancer la mécanique dans son carnet de commandes . Je prenais donc ce RDV dès le lundi de la reprise en Janvier . J'étais leur homme , licencié , déjà embauché ! ce sale type, démolisseur d'entreprise m'avait finalement rendu une fière chandelle . Je rentrais dans la firme , occupant un petit bureau , commençait à défricher les possibilités de commercer et , ce en bonne intelligence. Ayant déjà un carnet d'adresses bien fourni , j'emmenais dans mes bagages de nouveaux clients .La vie allait continuer , durant plus de trente trois années dans cette firme. Mon épouse , de son coté , collectionnait les appréciations positives de ses employeurs, multipliant les accessions aux échelons supérieurs. De multiples déplacement dans la capitale allait la projeter tout en haut de cette échelle .Elle , de son coté creusait son sillon personnel, se fiant à son instinct , travaillant d'arrache-pied pour accéder au graal supérieur .Tout allait bien de nouveau , pas encore d'enfants programmés , même pas en promotion , nous vivions notre célibat de couple , parfaitement huilé , dans la bonne direction . Les voyages continuaient , notre cher camion nous redonnait cette joie permanente d'être continuellement amoureux .Ce couple ,au fil du temps , devenait fusionnel , maintenant capable d'envisager les pires difficultés de la vie , mais cerise sur le gâteau aucun nuages à l'horizon, si ce n'est que mon caractère de cochon altèrera de temps en temps cette association  devenue lucrative , mais ! n'arrivera jamais  à lézarder l'édifice , certainement , grâce en grande partie à cette femme . Nous avions vécus un moment alambiqué, j'avais surmonté l'obstacle , j'étais pas peu fier, mais je ne le montrais pas . Je collectionnais de nouveaux collègues, découvrais le vrai commerce , pas celui de proximité de simplistes boutiquiers , que j'avais toujours connu. Plus tard, quand je serais un peu plus haut dans la hiérarchie , mon ancien patron me soumettra sa candidature .Ce fut le monde à l'envers. Son monde , le sien finissait par trébucher, c'était à son tour de partager le quotidien de ces chômeurs . Aucune idée de vengeance de ma part; mais mon silence en avait dit beaucoup plus sur mon rejet de ce type absolument imprévisible. Cerise sur le gâteau, en tant qu'acheteur je serais amené à négocier de futurs achats avec cette maison mère , je ne privais pas de les assommer de demandes de ristournes mirobolantes , presque à les asphyxier purement et simplement . En visite dans cette usine , je prenais un plaisir incommensurable à vouvoyer ces anciens petits chefs devenus de piètres négociateurs. L'entreprise coulait , cela ce voyait dans leurs visages fermés , de multiples actionnaires plus voraces encore , dépeçaient ce qu'il en restait, s'empiffraient avec les beaux restes  . Elle fermera , deviendras plus tard un parking abandonné aux herbes folles, triste destinée ,pour une magnifique entreprise qui employait presque 250 personnes  .Quand nous passons dans ce secteur , très rarement bien sur , je me rappelle  cette jeune fille aux cheveux longs, sur sa mobylette blanche, filant le quarante cinq à l'heure, se jouant de tous les obstacles pour retrouver et, serrer dans ses bras  son amoureux , un pincement me prend à chaque fois les tripes . Elle est toujours la ! à mes cotés quelques décennies plus tard. Voila ! je vais clôturer cette séquence , un peu rébarbative mais tellement importante pour mon futur statut social. 

Une vie simple.//.Chapitre 21..adieu maman

            La vie continue , dans la force endiablée de nos quarante ans , de belles années se profilent devant nous . Pour Maman , l'âge avance , inexorablement poussée vers la sortie , elle vieillit , doucement ,mais toujours pas de rides sur son visage ,dorénavant seule dans le crépuscule de ses artères délabrées ,nous irons la voir de temps en temps , nous ne parlerons jamais de mon enfance , et pourtant !! . Elle ne nous parlera aucunement d'éventuellement d'être grand-mère, elle avait bien compris que, dans ma tète , il me serait impossible de serrer dans mes bras un petit bout de chou , si mignon soit-il . Adepte de sornettes religieuses , sorties tout droit du confessionnal, seul endroit pour elle pour expier ses méchancetés , elle ira tout droit , non pas en enfer , mais elle le pense certainement , au paradis promis de longue date par le curé de l'église d'à coté. Je le crois aussi , se sera amplement mérité , vus toutes ses prières à la Sainte Vierge de lourdes et de Lisieux réunis . C'est arrivé un jour de décembre , n'importe lequel , au moment des accords de Camp David, cela n'a plus véritablement d'importance , impardonnable je ne me souviens même pas de l'année , c'est dire la vétusté installée dans ma mémoire ! Hospitalisée pour une bénigne infection généralement passagère , elle y laissera en, à peine vingt quatre heures d'hôpital , sa vielle peau pas cutanée du tout , elle franchira les deux pieds en avant ce moderne observatoire des maladies terminales . Entre deux piqures aléatoires , peut être pas tout à fait normalisées , certainement pas au bon endroit , elle ne me diras même pas adieu , décidément , seule devant Saint Pierre elle terminait en beauté son passage sur terre évitant mon regard interrogateur sur elle .je me souviens que la veille , nous nous sommes regardés , moi lui chatouillant ses pieds, elle comme à son habitude me reprochant presque d'ètre venu la voir . Sans aucune autre explication , nous récupérerons ses affaires personnelles , maigre butin , de cette personne âgée devenue dépouille inerte ,visage fermé définitivement , les paupières closes ,recommandant son âme à dieu. Tout ses petites affaires de vielle personne , tenant dans son minuscule sac de voyage , sera désormais sous ma protection . Je serais véritablement franc dans mes pensées , je ne me souviens pas , avoir versé une seule larme , la frangine non plus , trop occupée avec son oiseau déplumé , à inspecter la petite maison , dorénavant abandonnée aux vautours que nous sommes forcément . Nous les attendrons , pas mal de temps derrière ce cercueil désormais clôturé à jamais par de bons tirefonds métalliques , pas en or massif quand même ! pressés de la mettre sous le granit breton ,nous nous dirigerons vers ce cimetière de l'est de la ville , enfouir à jamais ce corps que j'avais détesté dans ma tendre enfance .mes paroles sans aucun regrets sont terrible de méchanceté , mais cette femme récoltait dans le néant perpétuel , ce quelle avait semé dans le préambule de ma vie . Les formalités effectuées , j'en garderais les clefs (de la maison bien sur , pas du caveau familial ) , la frangine n'ayant rien découvert d'intéressant à ses yeux , me feras entièrement confiance pour la garde de ces bien dorénavant disponibles . Et ! elle auras tort , la vielle dame avait , comme beaucoup de vieux de cette époque , caché certaines choses dans sa vétuste boutique .Ne croyant absolument pas aux sirènes de colporteurs de richesses astronomiques, elle avait caché quelques coupures . Nous avions finalement , décidés d'un commun accord, ma sœur et moi , de donner tout ce désuet mobilier à notre minuscule famille , je ne garderais que quelques photos et bricoles , que je ferais disparaitre plus tard .Nous nous sommes attaqués tout d'abord à la vaisselle , ma chérie en véritable amatrice d'assiettes et de casseroles ,tenait et voulait absolument passer ces vétustes couverts et consorts , sous le jet purificateur et nettoyeur de ce gif ammoniacal , pour effacer tous les éventuels microbes et, surtout augmenter notre vaisselle déjà abondante .Les hommes cultivent les bouteilles de vins , les femmes de quoi remplir les meubles , chacun son job. Un véritable trésor apparaissait alors , entre chaque assiette, une multitude de billets de banque , se décollaient au contact de l'eau chaude . En guise de séchage , un fil à linge bien à propos fut mis à contribution pour un comptage non plus approximatif , mais le plus juste possible . Ma sœur , repartie dans la capitale , n'en saura jamais rien , j'espère ! que si un jour elle lit ces lignes , elle me pardonneras , de toute façon ! il y a prescription .En parfait voleur, je n'ai rien partagé , nous avons gardé la multitude de coupures en parfait état de conservation. Ma frangine , de son coté , a pourtant cherché ce trésor hypothétique , ne l'a pas trouvé .Tant pis pour elle. A moi la fortune ? non, pas vraiment , il ne faut quand même ! ne pas exagérer , quelques milliers de francs , pas plus se trouvaient dans ces piles d'assiettes. Il est peut être ? même pas certain que la propriétaire de ces lieux ne connaissait plus cette cachette secrète improbable . Nous l'emploierons à bon escient , un voyage fut programmé dans le sud de la France , huit jours à l'hôtel ,aux frais de maman , allaient nous changer de notre camion aménagé. Après d'âpres discussions notariales , la maison fut vendue , à prix raisonnable , un petit pécule nous sera donné. La sépulture familiale sera fleurie tous les ans , Toussaint oblige , puis à notre retraite dans le sud , sera abandonnée progressivement , le monument en forme de croix , certainement livré aux corneilles , sera visité un temps par ma tante, puis laissé à la moisissures hivernale, abandonné de tous . Ce que je raconte , dans ce chapitre impitoyable de rudesse , peut sembler d'une sévérité abominable , énigmatique peut -être ? , difficile à entendre pour le commun des mortels ? Je n'ai , sur mes réactions aucune compassion , la vérité éclatait au grand jour. Incroyablement indigeste, je subissais de facto , le contre coup de cette petite enfance avec cette mère tyrannique , cela s'est encré dans ma mémoire , à mon corps défendant indestructible dans le temps . Dans quelques années , la concession mortifère arrivera à échéance des cinquante années de location ! de temps en temps j'y pense , mais ! que faire ? Laisser les restes atterrir dans la fosse commune, réceptacle ossuaire de ces pèlerins oubliés pour la nuit des temps ? Continuer à occuper l'espace dans cette allée bordée d'arbres centenaires ? Garder encore ces souvenirs de naguère ? , mes mémoires apparaitront au détour d'une allée ombragée ? je ne sais pas , je ne sais plus !Comment départager , rafistoler mes souvenirs enfouis dans le plus profond de moi -même. Comment réhabiliter ces deux personnages dans ma mémoire ? Peut être jamais ! Aucune progéniture derrière nous , le résultat de cette enfance cabossée ,que de souvenirs perdus pour l'éternité ! Je vais fermer cette parenthèse de ma vie , essayer de ne pas oublier ces deux êtres qui m'ont quand même ! donné la vie , donné à manger , habillé, chaussé , presque embrassé , appris à me débrouiller seul . Allez jean ! un dernier effort...............maintenant , il est temps de tourner définitivement cette page remplie de rancœurs , Il me faut, désormais me concentrer et analyser mes sentiments disparates . Que c'est difficile ! L'impossible rétractation se profile dans mon cœur , pas uniquement fait de pierre ! Mes chers parents , je vous ai aimé à ma façon, pas forcément la meilleure qui soit , mais j'aurais toujours une petite pensée ,si petite soit 'elle pour vous , à jamais. L'honneur est sauf , je ne peux retenir cette larme . Celle ci sera unique , pas de gaspillage surtout ! coule sur ma joue , creuse , doucement son sillon , rapidement évacuée , s'évapore complètement , je suis incorrigible . à suivre ...................JD..