Carambolage.Chapitre 01

                  Cette histoire , pas tout à fait véridique, mais en partie seulement , relate des faits, qui se sont passés dans les années soixante dix, du siècle dernier évidemment. Nous avions un peu plus de vingt ans, toute la vie devant nous . Presque cinquante ans ont passées, et c'est toujours gravé dans ma mémoire. Cela reste , et le restera complètement indélébile durant pas mal d'années encore , enfin ! je l'espère. A cette époque nous passions nos vacances dans un camion type Ford deuxième génération , le moteur alimenté en super carburant était poussif à l'extrême, ne développant que soixante dix chevaux au maximum . Mais ! nous étions attachés à cette marque mythique. Nous possédions également un coupé type GT , lui , beaucoup plus virulent. Nous tapions du cent quarante sur les départementales de notre province. Mais ça!! c'était avant!! à l'époque , pas de limitations de vitesse , la route était libre de flicaille adepte de la redevance routière. Et pourtant !! que c'était dangereux ; des pneus de taille 155 nous portaient durant ces longues chevauchées du cheval cabré. Mais revenons à ce Ford modèle transit .Nous l'avions choisi de couleur rouge comme les pompiers, un toit surélevé surmontait la cabine de pilotage , ainsi que le fourgon de remplissage. Je l'avais aménagé à mon gout, l'équipant du minium nécessaire pour les voyages .Le seul défaut de ce type de véhicule , il faut nous resituer dans ces années soixante dix , en fait !! c'était le réservoir d'essence complètement riquiqui , pas plus de trente litres de super possible , avec une consommation de plus de treize litres au cent, il nous fallait refaire le plein tous les deux cent vingt kilomètres environ .Pour vous rassurer , à l'époque , les stations services foisonnaient sur le réseaux routier. De multiples garages , même dans les endroits les plus reculés de cette France perdue , vous servaient à la pompe SVP !! et vous redonnais ce sourire et cette gentillesse partagée. Ce n'était pas le moment de la grande mode des campings car , maintenant nous les rencontrons sur nos routes , de beaux objets , avec autonomie de mille kilomètres, un confort inégalé, un prix subversif également !! Un peu envahissants peut -être ? Les propriétaires , beaucoup de retraités font office de pachas dans leur cabine surdimensionnée. Mais pour nous , il ne s'agissait pas pas tout à fait de ce genre de carrosse rutilant !! Pas de chauffage, pas de toilettes, pas de GPS, mais de l'eau courante avec pompe à pied, l'eau usée dans le coffre arrière, et évidemment un lit très confortable pour notre jeunesse très active. Une mini cuisine complétait cet attirail roulant. Nous passions des W-E merveilleux sur les cotes Bretonnes, seuls au monde , les adeptes de ce type de voyages se comptait dans une journée , sur les doigts de la main . Mais voila!! nous avions la liberté de nous affranchir de l'hôtel pour pas cher !! Nous croisions sur ces routes, des camions aménagés comme le notre, le plus souvent des estafettes , des J5 ,sans oublier le fameux combi Wofwagen, mais celui ci était réservé aux baba cool de l'époque , genre zadiste du plateau du Larzac. Voila pour le décor roulant. Nous avons circulés à peut près seize années , le véhicule vaincu par sa limite d'âge nous a lâché dans la Creuse , en plein mois d'aout , nous l'avons abandonné à un pauvre gars, dans un camping complètement désert. Ce fut un crève cœur de le laisser dans cet endroit perdu , je ne vous cache pas que nous avons pleuré, dans la voiture de prêt .Voila le décor est planté, pour une histoire presque vécue en Autriche , plus précisément dans ces montagnes du Tyrol. Cet année la , nous avions projeté de nous faire une bonne partie de cet Europe de l'Ouest , plus de cinq mille kilomètres seront finalement digérés par ce vaillant moteur. Nous descendions par l'autostrade de Berlin direction Munich .Nous étions à une allure de croisière de cent trente, pas mal!! de farouches BMW et Mercédès nous doublaient à plus de deux cent sur la voie de gauche , c'était hallucinant , nous étions les escargots de la route, mais!! pas mal de moteur explosaient néanmoins. De temps en temps leurs fabuleuses mécaniques rendaient l'Ame , ces dernières à cette époque n'étaient pas celles de maintenant. Nous devions franchir un col , certainement le plus ardu que je n'ai jamais grimpé avec une voiture. j'ai nommé ................le. Grossglockner Hochalpenstrasse (« Haute route alpine du Grossglockner ») est la route avec le plus haut col routier des Alpes en Autriche (2 505 m) reliant les provinces de Salzbourg et de Carinthie. En venant du nord, elle monte en pente régulière depuis Bruck sur le pont de la Salzach jusqu'au col du Hochtor, pour redescendre vers Heiligenblut et la vallée du Möll, toujours en pente assez douce. Le long du trajet de nombreux parkings sont aménagés pour permettre aux touristes de s'arrêter pour admirer le paysage, tels que le massif du Grossglockner et le Pasterze glacier.   et je rajoute des pentes à 22% par endroit..et la cela devient très compliqué!!  à suivre  dans le chapitre 02.

Carambolage // Chapitre .02

                         La barrière du péage est franchie , le plein d'essence fait!! nous sommes prêts à affronter cette route sinueuse. Imaginez vous !! un vieux retraité se maintenant ou plutôt s'accrochant à une rampe d'escalier vertigineuse ! et bien , c'est à peu prêt ça! Sauf que la !! pas d'échappatoire, pas d'aide à domicile pour vous pousser . Nous avons si je me souviens bien , payé environ cinquante schillings au préposé du péage, en ce temps la , les monnaies locales étaient encore en usage , l'Euro n'est pas encore né , Dieu merci !!. A chaque passage de frontière il nous fallait changer notre monnaie , éliminer toute la piétaille perdue , pour continuer notre voyage . Bref!! comment disait Pépin nous voila en marche , sinon en route pour le sommet. J'embraye en première , cette dernière extrêmement longue chauffe l'huile du moteur, l'aiguille du manomètre se situe définitivement dans la partie droite du cadran. Quand à l'aiguille de la vitesse !! elle reste désespérément dans la partie gauche du cadran. Ce dernier donne le la pour l'instant, il s'affiche un pénible cinq kilomètres par heure écoulée, c'est peu!! nous sommes presques à l'arrêt, et! ce n'est que le début de la montée. En deuxième, le moteur soupire , l'eau du radiateur ne va pas tarder à bouillir !! c'est fin !! d'avoir pris cette route!! mais c'est trop tard , nous sommes lancés dans cette chevauchée Alpine. Dans ce périple, un peu plus tard, nous rencontrerons en Yougoslavie pareille mésaventure mécanique, ce pays maintenant rayé de la carte, remplacé par des petits pays , heureusement en pays maintenant , nous l'avons découvert pratiquement en friche routière. Il nous est arrivé de franchir des pistes en travaux , traversant des tirs de mines de tous les cotés, les odeurs acres d'explosifs nous accompagneront pendant de nombreux kilomètres ,dans cette montagne du Monténégro. C'était encore une petite aventure de traverser ces pays du bloc de l'est , Tito leur président rassembleur , si je me souviens bien , menait d'une main de fer cet assemblage hétéroclite de régions en conflits permanents. Ce grand homme disparu , nous avons vu le résultat triste et meurtrier de ces terribles guerres .Bon!! pour l'instant nous en sommes encore dans les premières montées. Notre camion Ford comme à son habitude réagit promptement à mes sollicitations sur la boite quatre vitesses manuelles. Un grand spectacle s'offre à notre regard, des glaciers certainement millénaires se profilent dans des combes gigantesques. Nous sommes dans les Alpes Autrichiennes , ces dernières dépassent nettement les trois mille mètres , peut êtres !! les quatre mille , une sensation d'apesanteur nous transporte vers cet océan glacière. Je serais curieux de connaitre l'état des lieux plus de quarante après !! Un escargot traverserait maintenant !! nous pourrions l'éviter!! nous collons comme lui au bitume, n'avançons certainement pas plus rapidement!! c'est dire le pourcentage de cette ascension . Une myriade de voitures nous doublent , les occupants nous adressent des petits signaux amicaux , mentalement je revisite mon dictionnaire Allemand appris au service militaire, et leurs réponds le mieux possible. La cote est interdite , aux camions de fort tonnage, ainsi qu'aux caravanes tractées, c'est évident!! je commence à me dire qu'il aurait peut être fallut prendre la route basse!! C'est un essai , il nous faut essayer ce moteur, le col du Brenner nous attends après. Direction les Dolomites, les lacs Italiens , ce voyage est en pleine bourre. Pas question d'abandonner en si bon chemin!! Sauf que!!!!! l'embrayage suffoque de chaleur , le disque patine lamentablement après chaque passage de vitesse. Dans l'habitacle , règne une chaleur insupportable , une odeur d'huile chauffée à blanc, les plaquettes virent certainement au rouge nous insupportent considérablement. Je m'imagine même pas de tomber en rade !! Je commence à distinguer ,un peu plus loin , un semblant de ralentissement , je dis bien je!! ma chérie c'est endormie dans son fauteuil confortable. Pour rendre le voyage le plus confortable possible , j'avais changé les sièges par des fauteuils pivotants d'une Talbot modèle Tagora. Ah!! les Talbots !! quelles merveilleuses voitures !! Disparue corps et bien, reprise par PSA je crois , donnait du piment à la conduite automobile. Mais c'est ainsi!! DS à bien repris vie !! peut être que Talbot renaitra un jour ? A trois kilomètres du sommet , un carambolage impliquant plusieurs bolides obstrue la chaussée libre. Les voitures allemandes foncent littéralement dans cet amas de ferraille difforme , pas de 107.7 !! à cet époque, les radios embarquées ,de toute façon , sont minables . Nous sommes garés en créneau sur la gauche de cette quatre voies sinueuse. Pas de triangles de signalisation , encore moins de feux clignotants , nos voitures sont encore dans l'après guerre , construites le plus simplement possible. A part les moteurs survitaminés , la sécurité passe bien après la ronflante mécanique. Il m'est arrivé de faire du stop, pendant mon service militaire en Deuschland de l'ouest , sans ceinture de sécurité, dans les BMW , je paniquait souvent . Ils se sont bien , depuis ; améliorés les cousins germains!! Leurs bagnoles ont fait leur fortune. Mais nous sommes en soixante seize, et leurs carosses sont encore rudimentaires, ils flottent littéralement dans l'air!! Croyez moi!! propriétaire d'une série trois , départ de gamme, dans les années quatre vingt dix, je m'accrochais désespérément au volant les jours de grand vent. Les carosses continuent à s'encastrer à vive allure, nous regardons ce spectacle surnaturel ,ébouriffant . Plusieurs ce sont décrochées de cette autobahn , poussées par leurs congénères obtus , se sont versées dans cet insondable ravin. Des Autrichiens , agrémentés d'Allemands vitupèrent, s'énervent. Pour nous ! rien de grave , pour l'instant, normal à notre allure d'escargots nous ne risquions pas de nous plonger dans les décors. Nous avons tout le temps, notre camionnette est équipée de tous le confort pour soutenir un siège. Bigre!! les occupants sachant pas comment se sortir de cet imbroglio, commencent à déguerpir, nous laissant seuls dans cette amas de ferraille tordue. Il nous est hors de question d'abandonner notre logis roulant ? Nous avons de la nourriture pour trois jours maximum!! de l'eau en abondance!! de l'essence bien sur!! mais à plus de 2200 ml d'altitude même en plein mois d'aout ? Nous ne pouvons pas faire marche arrière , derrière nous une Bentley c'est encastrée dans une Morgan . Ces deux monstres seront de toute façon difficiles à déplacer !! J'ai lorgné sur le petit accessoire surplombant le capot démoli , à la nuit je le démonterais , comme souvenir de nos voyages passés. La nuit tombe, la pluie aussi, nous sommes bloqués dans une décharge de bagnoles abandonnées . à suivre!!

Carambolage // chapitre 03

                   IL est vingt deux heure, un froid persistant nous incite à nous plonger dans notre lit couette. Une meute d'ambulances , Polizai, pompiers se trouvent à pied d'œuvre. Ils viennent nous voir, nous sommes les seuls survivants de ce terrible holocauste routier. Pas moyen de dormir, les blessés sont évacués, les morts rangés en file indienne le long du ravin. Nous en compterons plus de trente cinq, sans oublier ceux expédiés dans le précipice Il se mets à neiger, oh! Pas une tempête bien sur!! nous sommes fin aout!! mais quand même assez pour recouvrir cette terrible scène. Nous nous rendormons , la lune céleste apparait dans toute sa splendeur , éclairant le fabuleux glacier en face de nous. Le spectacle est féerique , surnaturel, entièrement en noir et blanc. Les sauveteurs s'activent démesurément, tout ce petit monde d'automobilistes déglingués sera rapatrié dans la vallée au petit matin. Pas question pour le moment de descendre les démantibulés non plus. Il est déjà cinq heure, nous proposons aux secouristes un café grand mère, solide, de quoi les tenir réveillés, il va falloir tenir, les secours évacuatifs ne sont pas attendus avant huit heure trente, et encore si tout vas bien en bas. N'oublions pas que nous sommes dans les années soixante dix!!! Enfin un hélico de l'armée Américaine d'occupation arrive, comme d'habitude trop imposant ,il ne peut que faire des cercles dans le ciel tourmenté. Avec les ricains c'est toujours pareil , leur matos surdimensionné ne peut pas accéder aux petits chantiers Européens. Ma caméra super huit haute fidélité filme sans relâche , que de souvenirs sur la bobine !!! Un bulldozer s'approche, ils ont envisagé de mettre dans le ravin une multitude de voitures, pas de quartiers pour ces tas de ferrailles , vides de leurs occupants , morts ou vivants , ils ne sont plus d'aucune utilité, pas réparables , complètement hors d'usage , il vont pourrir la vie à cette nature magique. A cause de tout ce méli mélo, nous n'avons pas pus dormir plus de trois heures .Pour chauffer l'habitacle, le moteur tourne régulièrement , l'eau commence à geler dans le réservoir, ça craint !! C'est une véritable tempête de neige maintenant, transformée en ouragan la petite dépression devient véritablement active. Nous ne voulons pas abandonner notre camion. Nous quémandons deux jerricans de super pour refaire le plein, les services de secours acceptent bien volontiers. Le jour c'est enfin levé, un spectacle de désolation s'offre à nous, de multiples bosses sur la chaussée disparue , s'ont éparpillées un peu partout. Je m'aventure dans ce concert de casseroles, les portières toutes arrachées, fruit du travail des dés incarcérateurs la nuit dernière pendent lamentablement . Finalement nous n'étions qu'à quelques encablures du sommet, pas de chance , ce terrible carambolage c'est produit peu avant la fin de la pente. Ouf !! une bonne dizaine de dépanneuses , chaines aux roues commencent à déglutir les amas de ferrailles , la vue se dégage , la tempête de flocons agressent mon visage. c'est bientôt notre tour, la voie sera bientôt libre, il faut redémarrer , pour le moteur pas de problème, mais pour le patinage artistique !! peut mieux faire !! Le remorquage s'impose, nous sommes tirés mètre par mètre , nous franchissons après quinze heures de retard ce col mythique, des sauveteurs nous accueillent, nous dorlotent. Nous refaisons le plein avec les nourrices de l'armée, mais la descente s'avère extrêmement compliquée. Un brouillard intense nous empêche de décrypter le moindre virage, ce n'est pas le moment de verser dans l'abime. Ma chérie s'aventure devant , attention ne pas glisser surtout!! ne pas se fendre la gueule !! une dépanneuse se met déjà en travers, je suis le mouvement. Ma chérie remonte dans la cabine de pilotage, pas rassurée du tout, nous descendons doucement, les roues ne répondent plus, nous glissons , nous sommes littéralement en descente non programmée, comment faire ? la pente avoisine les onze pour cent. Plus de onze kilomètres à faire!! Je rétrograde comme me l'a appris le vieux moniteur de l'auto école , que ses cours sont loin. Cet antique bonhomme m'avait bien prévenu, pas de descente en roues libre surtout!! toujours en prise!! Plus facile à dire qu'à faire !! Nous distinguons dans le fond de cette vallée la sortie du péage autoroutier, le brouillard un peu moins dense découvre cet hiver déjà installé. Je m'aventure en troisième, c'est fabuleux!! le verglas c'est transformé en humidité . Nous y sommes presque, les agents de la voirie nous accueillent, nous offrent même un bon de retour gratuit!! je ne pense pas le refaire de toute façon. Notre voyage peut continuer, le beau temps revient, nous croisons des skieurs , la neige sur les sommets va tenir. Direction l'Italie du Nord, ses lacs majeur et mineur, peut être Venise dans le lointain, cette dernière sera pour une autre fois , nous décidons de raccrocher sur la Dalmatie toute proche, ses plages et sa cote escarpée nous attirent. Mais c'est une autre histoire!!!!!!