les vielles Carcasses. Mai 2021. Jean decier...................

00. introduction par l'auteur.

01.Chapitre 01.l'Arrivée aux urgences.

02.Chapitre  02. Les vielles carcasses.

Les vielles Carcasses..introduction de l'auteur.

                         8 jours ....huit .... interminables journées d'absences incroyables , dans cette vie simple , m'ont écarté de cette ligne rouge à ne pas dépasser . Dans les Vielles carcasses , je vais vous détailler ces journées en compagnie de ces restes à couère , l'aboutissement et le résultat , d'une vieillesse qui n'en finit pas de se désagréger pour !  finalement exaler ce dernier  salvateur soupir .Dans cet immeuble aux quatre étages rafistolés de bric et de broc par une armée d'ouvriers en blouses grises  , cet édifice composé  de béton armé , vétuste ,  puant le salpètre ,  genre HLM d'une époque révolue , bon pour une démolition immédiate va , comme un bon samaritain  m'acceuillir pour un rétablissement nécessaire à la reprise de mes activités montagneuses  . Je ne ferais pas l'apologie de cet acte de contrition qu'est la fin de vie , je n'en serais point capable , mais je vais la détailler au travers de ma microscopique aventure.  Comme un véritable monte en l'air , apprenti Arsène Lupin ,  je vais découvrir  cette infortune qu'est :                         "casse ta pipe et barre -toi" en enfer ou chez Saint Pierre de préférence  . Pour le moment ! je n'en dirais pas plus , mes souvenirs , encore d'une fraicheur toute récente me font réellement réfléchir sur cette condition humaine vouée à rester allongée pour la nuit des temps , après le passage dans les grandes carcasses que sont ces corps à bout de souffle , dans ce boulevard des futurs allongés . Chers amis , pendant cette interruption momentanée , vous avez encore très nombreux à me suivre, cela me réchauffe mon cœur de randonneur en panne de sentiers paysagés .J'espère , rapidement reprendre ma cavalcade effrénée sur ces jolies pistes balisées . Bonne lecture .

Les vielles carcasses .//.Chapitre 01//. l'arrivée aux urgences.

                         C'est jour de foot ce samedi , en téléspectateur attentif , je suis avec impatience les résultats de ce W-E du premier Mai.2021.Comme un acharné ,dans mon canapé trois place ,  quand je ne suis pas sur les sentiers , à débusquer le lapin de garenne , ou la couleuvre , je regarde mes amis les joueurs multimillionnaires , tatoués comme des sauvages de la forèt Amazonienne , tapant , pendant quatre vingt dix minutes  dans ce ballon rond aux allures de super star , essayant , sans trébucher à chaque tacle  glissant ,et  ! malveillant , de le mettre dans la cage aux folles . Nous sommes le premier du mois de Marie , journée d'action des intersyndicales de couleur rouge écarlate , leurs camionnettes seront pendant les manifs caillassées par une foule récalcitrante au moustachu , ce dernier ,  véritable emblème de la Gauloiserie périmée fera profil bas , se cachera enveloppé par ses sbires  genres gros bras de déménageurs  de vielle boutique   . Je ne pourrais regarder la totalité des retransmissions de la journée , sorte de finale avant l'heure de cette phénoménale ligue 1 .J'invoque une fatigue visuelle , ma "celle que j'aime " me rétorque que je fais trop d'écrans , ordi , surtout !! peut-être ? , mais je ne vais pas bien du tout , je connais ce corps  . Je me coucherais tôt , la tète littéralement enfoncée dans l'oreiller en plumes d'oies , sourd au mal qui vas me faire tordre de douleurs toute la nuit , que j'espérais ! que très furtivement .Dimanche , je ne récupère pas , de véritables coliques me défoncent cet intestin que je croyais si protégé .Menus extra souples , eau de la source du village , petits plats sans sels ajoutés , ni trop sucrés , concoctés par ma cuisinière adorée , me rassurent quand-même , ça va passer !! .La nuit d'après ne sera qu'allers et retours sur ces gogues conçus pour évacuer les désagréments du pot d'échappement encombré . L'aube apparaitra et se terminera par une contraction au niveau de la poitrine , me serrant tellement fort que je ne pourrais même plus me redresser . Dans ces régions reculées de notre province , le service médical de proximité , se trouve aux antipodes de nos préoccupations , aucun médecin de disponible de toute façon , la notre , c'est fait la belle , durant un bon mois pour crapahuter sur les sentiers montagnards et ce ! en pleine crise du covids . Hippocrate doit se retourner dans sa tombe ,l'avenir de la petite médecine de proximité est en réel danger de disparition , de plus un W-E assorti de ce premier Mai , n'arrangera pas les choses . Nous finirons , après le passage du laitier , par composer ce "15" salvateur , inscrit pour l'éternité dans notre mémoire sélective .L'ambulance arrivera , après maints détour dans ce village aux ruelles par encore fléchées par ce google de malheur . Les douleurs sont fortes , bas des reins , poitrine , au ventre , le constat , après trente minute sera sans appel , je suis bon pour la civière .Le trajet d'un peu plus de cinquante kilomètres se fait dans la bonne humeur , mes deux conductrices , accompagnatrices émérites , machinistes tout temps et tout chemins , m'informeront sur la trajectoire annoncée . Je serre , littéralement les fesses , non pas à cause des virages , mais de ce ventre récalcitrant qui pourrait exploser à chaque instant  . Pour accélérer et dépasser la horde de touristes en déconfinement , la sirène sera actionnée , m'ouvrant  la route toute entière pour moi .Je suis un véritable bloc de béton attaché et sanglé comme de la vulgaire barbaque vouée à la démolition programmée . Arrivée aux urgence dans cet hôpital de campagne Commingeoise , cette structure nouvellement refaites à neuf ,  cet entrepôt à chaires sanguinolentes reste le meilleur moyen pour se rafistoler muscles et tendons, organes divers , enfin tout le reste de disponible pour une expertise franche et sans failles .Une organisation hors - pair , archi-contrôlée , composée de protocoles bien huilés vont me débarrasser de la crainte de ne pouvoir pas ressortir rapidement .Dans ce genre de réceptacle nous savons quant nous rentrons , mais pour ce qui est de la sortie , il faut bien remettre son âme à Dieu , si vous êtes croyants évidemment , sinon !! l'enfer sera pavé de bonnes intentions , mais trop tard , pour avoir ce ticket modérateur à l'entrée chez Saint -Pierre. Je dirais un au-revoir aux  chamelières  de cette ambulance miraculeuse , je m'enfonce dans les tréfonds de cet hôpital , blanchi à la chaux . Le personnel m'accueille avec bonhomie et joie de vivre , mais est évidemment attentif à mon passé de covids.19.La médecin cheffe , me fera une sorte de conclusion hâtive , me balancera de son air hautain : "j'espère que vous nous déplacez pas pour une simple colique Monsieur !! " j'encaisse , à mon âge je peux !! ce médecin me semble conforme à la norme  , finira par me détecter une infection majeure .L'infirmière qui mes suivra pendant ces quelques heures de surveillance accrues , ne pipera pratiquement aucun mot, me filera sans vergogne un bon coup de coton tige dans le pif , et quelques seringues dans la veine la plus visible , histoire sans paroles entre quatre murs , mes simples remarques resteront lettres mortes , comme si je n'existait pas .  Que du bonheur ; je suis entre de bonnes mains de femmes disponibles un lundi matin . Elle m'annonce ,  à la fin des expertises  balistiques , que je suis bon pour rester un maximum de deux jours ouvrés , je n'avais pas prévu cette rallonge dans cet hôtel à rafistoler les humains !! Je suis arrivé pauvre comme Job ! il ne me reste que mon slip et mes affaires sont  dans un sac impersonnel .Un brancardier , jeune homme sympa viendra prendre livraison de ce patient plus très jeune , mais réellement satisfait de cette mise en bouche .Ce service des urgences est absolument  splendide , tout est neuf , incroyable !! pour cette petite ville de province. Plusieurs minutes de jimkana dans ce labyrinthe romanesque je vais découvrir ma chambre .................à suivre...............

Les vielles carcasses.chapitre deux.//.

                                  Après avoir longé ces couloirs sans âmes , croisé d'autres accidentés de la vie , allongés sur les civières  , pris quelques ascenseurs , finalement !  traversé de part en part ce bâtiment refait à neuf , j'arrive dans le véritable endroit de stockage , abritant toutes ces vielles carcasses en attente de raccommodage .Ce quartier est aux antipodes de ces urgences magnifiques , par chance mon matricule va se trouver dans une chambre donnant , non pas sur mer ! mais sur la montagne que j'aime tant . Un sapin , pointu , famélique rempli d'hirondelles de ce  printemps tardif  , me bouche la vue sur ce sommet mystique qu'est le Gar. Trois extraordinaires filles habillées de blanc , font la guerre à une guêpe , rentrée pour me voir et me piquer. Je transpire déjà , je suis sujet à avoir des complications en cas de piqure  injecté par ce volatile . Rassuré définitivement par cette volonté d'en finir avec cette intruse , je serais , contrairement aux urgences , choyé par toutes ces petites mains , dont je ne verrais absolument pas les lèvres et leurs bouches masquées par cet horrible masque type "canard". Leurs sourires me suffiront .Etant négatif , je ne serais pas obligé de porter cet écran protecteur de postillons humides , chargés de covids. Il faut bien reconnaitre , que ! au bout de ces quatorze mois de pandémie , tous ces gens formidables sont toujours présents , capables de surmonter le passé et le pire à venir . Nous sommes lundi , il est quatorze heure , je suis mal en point , réellement affaibli , je ne mange plus , cela vaux mieux pour ma tuyauterie .Je serais branché au bras gauche , jusqu'au soir se ne sera que vérification de ce compte tour désormais en sur-régime , pressions et surpressions finirons pas décrocher . Ce matin , je suis passé au scanner , ce dernier n'a apparemment rien décelé , les poumons de ce non-fumeur sont encore très bien , le cœur aussi, par contre le ventre ...c'est pas ça !! En fin de soirée le médecin de ce bâtiment perché au deuxième étage , me détectera quelque chose dans cet endroit devenu douloureux  , ce type possède un accent indéfinissable , sorte de magnétophone bien réglé , il articule les syllabes comme un automate nourri aux enzymes .J'ai compris qu'il ne viens certainement pas de ma bretagne natale , ni d'ailleurs .Je lui poserais la question , certainement maladroite , mais nécessaire pour moi . J'ai besoin de savoir par qui je suis soigné , il s'agit d'un gentil expatrié du pays du cèdre , naguère nommée la petite Suisse Méditerranéenne. Quelques échanges plus tard , il finira par me dire que mon cas est peut-être sérieux, ce que je ne doute pas .Antibiotiques à outrance , il faut au moins trois jours pour supprimer cette infection , mince !! moi qui comptait repartir sous vingt -quatre heure. Je prends mon mal en patience , la batterie de mon portable est presque vide, zut !! les visites étant interdites , il va me falloir économiser , réduire mes communications , une âme charitable me prêtera la fameuse prise , le lien avec l'extérieur est recousu . Le mardi , rien de spécial , je ne ferais que sommeiller , regardant cette fenêtre entrouverte , m'envoyant ce courant d'air chaud venant du sud .Les prises de sang s'enchainent , finissent par abimer mon avant -bras , ce n'est pas très important. Mercredi , je vais mieux , je vais en début d'après-midi me hasarder dans cet étage silencieux , jeter un coup d'œil sur les voisins , sentir cet air ambiant . Pratiquement personne ...Mon ventre vide depuis dimanche , me fait souffrir par intermittence .Il est prévu , jeudi ou vendredi suivant mon accord , de me mettre une caméra microscopique dans ce pot d'échappement .Je suis dans le couloir désertique , toutes les chambres sont ouvertes , dans chacune une à deux personnes allongées , bien sur , mais dans une souffrance absolue. Les vielles carcasses sont ici !!!!!!!!!!! Une véritable cours des miracles , je chercherai Quasimodo , je tomberais sur une Esméralda sur béquilles disjointes , cherchant désespérément  sa chambre , son amoureux ? je ne le trouverais pas bien-sur ! mais découvrirais la véritable misère des hôpitaux , et encore ! je ne suis pas dans les soins palliatifs ! Je fais deux aller et retour dans ce couloir miséreux rempli de traine - savattes , ressemblant plus à des clochards qu'à des malades .Au bout de ce couloir , j'irais visiter la douche principale, sorte de réceptacle à microbes , plafond défoncé, fuites en tous genres, minuscule endroit pour se laver , cet endroit est incroyablement dérisoire , insupportable à regarder à sentir , le moisi ! ici , est Roi se détache entre les joints de ces murs en décrépitude accentuée. Certaines geôles dans les prisons à Dupont Moretti sont certainement plus modernes , c'est dire l'état de cet instrument de réparation de l'humain .Je rentrerais définitivement dans ma chambre , pour ne plus en ressortir sinon pour l'intervention télescopique de ce vendredi matin. Dans la chambre d'à coté , ce n'est que cris terribles de méchanceté envers les soignants, il est insupportable ce type , abjecte envers mes amies infirmières .L'autre soir , voulant certainement découcher ,  il tombera de toute sa masse , resonnera dans la travée , pour éructer un "j'ai Mal" .Deux piquouses plus tard il va nous foutre la paix , dormira jusqu'au matin pour recommencer à gueuler de plus belle. Comme une "vielle carcasse" il a certainement compris dans quel désespoir il se trouve , se rebelle à sa façon , les autres invités ne sont pas mieux , mais beaucoup plus courtois envers ce formidable personnel , qui , à notre écoute jour et nuit , vingt quatre heures sur vingt quatre sont aux petits soins avec nous. Jeudi , jour de la seringue , la derniere  j'espère , je n'ai absolument rien ingurgité depuis dimanche dernier , ce soir j'aurais droit à cette amphore pleine de liquide au gout de citron , mais tellement imbuvable . Dix sept heure , sur la petite tablette se trouve ce liquide que je devrais boire absolument , c'est infecte , par deux verres je consomme sans aucune modération , je suis réellement écœuré par le gout, la suite se fera dans les toilettes , tous les cinq minutes . Il faut bien l'admettre que , pour faire un récurage naturel , cet artifice est miraculeux. Dix neuf heure trente sept , j'ai fini la dernière goutte, j'ai le ventre qui travaille , des gazouillis incroyables m'interpellent. Mon aide-soignante préférée me proposera tout de Got , de me faire une deuxième chope , rien que pour la route . je ne suis pas d'accord , je refuse , elle finira , comme Napoléon par abdiquer en rase campagne pour définitivement me laisser tranquille pour la nuit. Les textos d'encouragement s'enchainent les uns après les autres , me réconfortent .Ma "celle que j'aime" je viens de l'apprendre est aussi malade , de la même bactérie , mais en petite quantité .Pour elle ces deux derniers jours seront un véritable jeu de piste pour trouver le médecin capable de la sauver à son tour. Ce dernier , genre d'incapable étant à la limite au niveau qualité , sorte d'improvisateur loué à la petite semaine par notre médecin de famille , ne fera rien d'autre que de remplir des fiches et cela dans tous les sens . Ma "celle que j'aime" s'en sortira seule , laissant ce fou de l'ordonnance incomplète accomplir ses taches miraculeuses .Vendredi matin , cinq heure quinze , dernière piqure , derniers préparatifs ,passage à la douche , lavage complet , puis bombe artisanale à s'injecter soi-même dans le postérieur . Un dernier adieu à tout ce petit monde , le brancardier de service arrive , je suis habillé d'une redingote de couleur noire , d'un couvre -chef genre bonne femme, j'ai l'air chouette . Pour moi c'est une première , jamais malade , je n'ai jamais franchi ce rubicond de cet antre fantastique. J'attends mon tour , je transpire , et j'ai froid en même temps . On me rassure , je plaisante avec mon brancardier . C'est parti , je rentre dans le block...........on me demande de me tourner sur le coté , on m'infuse un liquide froid presque agréable..............et j'attends dans cette salle que l'on vienne me chercher , plein de brancards chargés de gens stationnent ici , dorment . Je suis bien , je demande si je peux me redresser en attendant mon tour , un type s'avance vers moi , m'interpelle ...Ca va jeune homme ? .Oui j'attends mon tour !!! il va me rétorquer, qu'en fait ! je suis passer dans la" caméra explore le temps" , je suis ébahi!! je n'ai rien vu , absolument rien perçu. je suis en bon état, les grosseurs ne sont pas du tout suspectes , je vais sortir dès aujourd'hui , reprendre ma vie simple mais tellement attractive pour moi .Midi , suis dans ma chambre , je me suis habillé en civil , mes fringues sentent cet odeur indéfinissable, mais je vais partir. Ma chamelière de l'autre jour , surprise de me voir ici , me ramènera chez moi retrouver "celle que j'aime ".je quitte cet hospice pour "vielles carcasses" je suis heureux et un peu triste aussi , mais tellement avide de retrouver ma petite famille et mes amis randonneurs ...bientôt !le hall neuf est désert, papiers en main j'ai définitivement ma feuille de sortie , je chambranle un peu, je suis étourdi par le soleil , je m'affale sur le siège avant de cette cinq cent huit de chez Peugeot .les cinquante kilomètres seront cette fois ci une très courte distance, .Nous approchons de la maison................ELLE M'ATTENDS......................