Introduction de l'auteur.

             Cette histoire m'a été conté par mon oncle , érudit notoire , amateur de belles allégories productives , allait me mettre dans la confidence familiale , jamais encore sortie de son chapeau , cette chronologie de faits bien réels et certifiés par cet homme , allait attiser ma curiosité........je vous laisse découvrir la suite... .

Un soir de noel .1959.Chapitre 01.le rassemblement familial.

                          Ma mémoire n'a pas flanchée d'un pouce , je me souviens exactement de la date , le 24 Décembre 1959 .Je venais d'avoir sept ans. Notre famille se trouvait rassemblée pour une petite soirée comme ont les aiment tant .Seul , dans mon coin , ma petite chienne blottie dans mes bras , je faisais des ronds avec ma torpédo miniature , échangée avant les vacances ,  avec un copain de classe , j'en étais satisfait , elle roulait parfaitement , mais ! le coffre et les portières ne s'ouvraient pas encore ,  il avait bien fallu me séparer de ma magnifique Bugatti . A cette époque nous nous satisfassions de peu de chose, une bille , une bagnole rouillée , un sifflet , un lance -pierres , des avions en papier cartonné , une paille à faire des bulles de savon , que sais-encore ? Les trois cousines , plus jeunes que moi , babillaient énormément , elles allaient définitivement casser leurs poupées de chiffons , sortes de baigneurs en plastique horrible , affublées de perruques hideuses , ces dernieres allaient certainement être remplacées dans quelque heures , par de jolies monstres prévus pour durer 365. ou seulement deux  jours. Ma sœur cadette : Juliette , se trouvait enfermée dans sa chambre confortable pour une gamine de treize années confirmée devant l'autel de cette église de province .Elle avait considérablement changée , la frangine . Je l'imaginais en train de se triturer , devant la glace , sa minuscule poitrine , afin de la faire grossir , pour les regards de garçons attentionnés à la faire mousser de bohneur   .Le dernier soustinge , acheté aux  Nouvelles -Galeries , trop grand , la faisait rougir de honte , au pensionnat , il ne sera certainement pas possible de faire le remplissage complet , les railleries de ses copines la feront encore hurler ,elle finira par se jeter sur moi pour une compensation jubilatoire .Planqué derrière sa porte pas fermée , pouffant de rire , je la revoyais encore , jeter cette horrible bagatelle de tissu diforme , dans sa chambre  qui deviendra la mienne beaucoup plus tard . Papa , aux fourneaux comme d'habitude , en véritable chef cuisinier , allait nous faire découvrir une bonne cuisine Française héritée de son père .Maman , sa belle sœur Georgette riaient à gorges déployées , ne laissant aucun doute sur le degré d'incivilités à venir .Oh pas grand -chose en vérité , de bonnes blagues à elles racontant leurs aventures amoureuses disparues. Nous sommes encore loin de l'heure fatidique des douze coups de minuit, mais je suis réellement heureux , cette famille autour de moi , papillonnant se racontant leurs histoires d'adultes , de leur jeunesse déjà lointaine devient l'unique son , la télévision n'étant pas encore installée , nous ne connaissions pas ces speakerines se nommant Jacqueline Caurat entre autre ,  à la mode pour ces bourgeois argentés , pourvus déjà de tout le confort dans leur maison. Nous ! ouvriers étions à la traine de cette société naissante , nos parents trimaient dur ,pour rattraper ces saltimbanques de la finance devenue possessive  .Ils ne les rattraperont jamais , resterons sur le bord de la route de cette nébuleuse dynastie capitalistique . En les écoutant , je ne comprenais pas grand-chose encore des choses de la vie , seulement attiré par mes jouets et mon Bambi en peluche , mon seul ami proche en vérité  et ce durant de longue années  .J'étais un joli petit garçon quelques photos le démontre , pas d'acné juvénile , ma peau était d'une douceur, (c'est ma tante qui le disait!) .Il était de coutume , les jours de de fètes de fin d'années , de se mettre à table vers vingt deux heure ,j'avais encore le temps de soupeser mes futurs cadeaux encore emballés , ma deuxième tante , grand pourvoyeuse de jouets modernes , donc chers , n'était pas encore arrivée. En fait , en secret , je n'attendais qu'elle , mon premier amour de gosse , cette femme que j'aimais tellement . Mon oncle , s'approchait de moi , "j'ai quelque chose à te raconter "mon garçon .Je remarquais quand-même,  les sourires en coin des autre adultes , j'étais innocent de tout , malléable , et , à la merci d'adultes forts . Je détournais ma tète, mon regard irrémédiablement accroché par cet homme aux lunettes rondes cerclées de fer, de mauvaise qualité. Il allait me raconter un truc incroyable , certifié , mais pas juré . Je m'enfonçais  délibérement dans son histoire , dans ses bras........à suivre.......  

Nuit de Noel.Chapitre 02.le bombardement. 1944.

                   Papa !!maman!! nous accourions à toute vitesse, à travers les décombres ,résultat de ces bombardements extraordinaires de cette nuit , tous les trois , Yves, Yvette et moi Marcel  , avions quelque chose à dire , à nos parents , et ce séance tenante.............Et les gamins ! doucement , je vous ordonne de ne pas brusquer votre mère , elle récupère tout juste .En effet ! maman , les cheveux gris recouverts de cendres déposées par les courants d'air , sa  magnifique longue robe poussiéreuse cachant cette future grossesse  bon pour un lavage approfondi , sa tète moribonde , son regard perdu dans une immensité de tristesse , ne faisait plus surface sur cette planète ravagée par nos alliés .Quatre années de souffrance l'avait ravagée moralement et physiquement .Aux ordres de papa , nous allions piaffer d'impatience pour raconter ce que nous avions vu de nos yeux et parlé avec certaines personnes. C'est la bombe de ce matin qui vous mets dans cet état ? Un projectile métallique sorte de cylindre bien lisse , de 250 kilos  d'acier Américain avait atterrit dans notre jardin , sans exploser ? Tous les trois l'avions déjà chevauché , osculté à la loupe , creusé dessous pour en faire un toboggan , à l'aube .Dès le calme revenu , la fureur de notre père , cordonnier de son état , fut sans égal , de gigantesques claques , de coups de pieds au cul et de légères remontrances à sa préférée Yvette , notre sœur , avait définitivement remis de l'ordre dans la maison . Nous étions devant eux ,au garde à vous , prêts à raconter , nos mots s'entrechoquèrent se mélangèrent pour ne plus former qu'un inintelligible brouhaha dans la maison défoncée par l'horreur de ce déferlement de haine . Marcel !! parle !! Maman nous serrait déjà contre elle , nous protégeant des foudres de ce père  excessif , elle avait toujours auprès d'elle ses adorables enfants , avait réussi à les nourrir , à leur sauvegarder un semblant de vie presque normale .Pendant des heures , des jours , des semaines , des mois , elle affronteras les vicissitudes de ce pays occupé sans aucune vergogne par ces boches nourris à la croix gammée , malsain emblème encore de nos jours .Elle refusera les coups d'oeil de cet occupant incroyable de méchanceté .  Nous avons parlé avec l'oncle Désiré..............une seconde gifle faillit m'atterrir dessus , mon frère Yves , être falot , timide , pris enfin la parole , ... OUI papa c'était bien notre oncle Désiré , votre frère disparu à la grande guerre . En un millième de seconde , notre père fut abattu , écrasé de larmes , ne pourras que réfréner ce chagrin revenu d'outre tombe , nous étions abasourdis tous les trois , le Père nourricier , emblème de la puissance familiale craquait définitivement devant nous , mais! il avait la peau dure , la peau qui se sauvera des tranchées , c'est dire la force monumentale dégagée par papa . Continuez ! je vous pris les enfants !!!! Il était en train de nettoyer le monument au morts , celui de la place Gambetta. Sur cette stèle immense , y figuraient des milliers de noms , dont notre oncle , envoyé comme sapeur avec son frère (papa),contrairement à son frère plus chanceux ,  il n'avait pas réussi à s'en sortir, sa tète fut arraché par un boulet de canon de fort calibre envoyé par les casques à pointes  , de son corps écrasé par les monstrueux chars de l'époque lors de l'attaque finale , il ne restera rien que des guenilles innommables composées de boues et de chaires sanguinolentes . MAIS ! nous n'étions pas fou il s'agissait bien de lui en chair et en os , en ce moment précis de notre affirmation positive , maman ne tenait plus qu'à un fil , son corps délabré penchait de plus en plus , comme la maison d'à coté  touchée au coeur , dans ce boucan infernal de nettoyages et de sirènes hurlantes nous nous entendions plus . Alors ! annoncer l'apparition de son beauf -frère fut cet électrochoc salutaire pour elle. Tu ne vas pas croire les gamins ? quand-mème ?  , lui dira notre père , de dépit envers cet époux autoritaire , et autocracrate à ses heures , elle jettera son chiffon à terre ,et , nous diras ...Allons les enfants emmenez moi jusqu'à la placette , nous verrons bien de quoi il retourne . Nous étions quatre , se tenant par la main maman au centre entre nous les deux frères , lui serrant ses petites mains fines et tellement décharnés par quatre années de privation.Yvette , derrière fermait notre marche forcenée . Maman  remis de l'ordre dans sa  longue chevelure , naguère véritable crinière de cheval ,  épousseta sa robe longue , celle de la veille , nous n'avions pas dormis , enlacés tout les cinq dans la cave sombre , avec seule bougie pour se voir , attendant ce moment magique ou tragique de l'explosion finale destinée pour le numéro neuf de notre rue .Un véritable enfer fut ! durant cinq bonnes heures  , le résultat de dégâts considérables sur cette bonne ville Bretonne .Notre maison , par chance fut la seule épargnée dans cette rue , naguère si chatoyante , mais devras être démolie après et reconstruite au frais des Américains .Nous filions au travers les décombres , de tôles tordues , de briques encore fumantes , de multiples corps dégageaient une odeur véritablement malodorante. Maman n'en pouvait plus , tordue de douleur abdominale , certainement le prochain fruit à venir , nous espérions le dernier , se laissera entrainer par ses enfants formidables de jeunesse , gambadant se jetant à corps perdus dans cet épouvantable boucherie humaine , de faméliques chevaux réformés par les services de  l'occupation  broutaient les restes . Traversant le quartier au gré de ruines incroyables de hauteurs ,  les marins pompiers à l'œuvre , leurs dérisoirs tuyaux asséchés en permanence nous demandaient de nous écarter , de rentrer chez nous , sans aucun ménagement nous injuriaient presque. La ville était un tas de ruines fumantes , à feu et à sang ,   ils ne restaient debout que la cheminée géante de l'usine de pates à papier , ainsi que les deux clochers en pierre de taille de l'église Saint Martin  , le curé comptait ses cierges de Pâques pas éteints , seules lumières se dégageant de ce brouillard apocalyptique. La petite famille sans le père autoritaire arrive , la placette est en vue , effectivement des ombres s'activent à nettoyer la stèle , tu vois !! maman il y a du monde autour !! Nous les garçons avons pris maman autour de nos cou,  la soulevant , la faisant respirer , un amour incroyable dans ce terrible moment nous liait définitivement , elle n'en pouvait plus , la place était en ligne de mire , nous arrivions au but .................